Culture

Jazzablanca: «Il faut créer une réelle industrie culturelle»

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:4998 Le 07/04/2017 | Partager
Coup d’envoi de la 12e édition samedi
LP et Pink Martini en concert ce week-end
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Moulay Ahmed Alami, directeur du Jazzablanca: «Cette édition de Jazzablanca Festival va encore plus loin dans l’exploration des styles musicaux qui n’ont jamais été présentés auparavant» (Ph. Jazzablanca)

La ville blanche s’apprête à nouveau à  vibrer aux rythmes du jazz et musiques du monde pour la 12e édition du Jazzablanca. L’évènement musical casablancais le plus attendu des mélomanes accueillera du 8 au 16 avril une pléiade de concerts sur les scènes de l’Hippodrome ainsi que sur la scène gratuite, Place des Nations unies. Bien que le festival ait connu des moments difficiles, l’intérêt de certains sponsors et la passion de son directeur Moulay Ahmed Alami ont permis de le maintenir pour le plus grand plaisir du public toujours au rendez-vous.

- L’Economiste: Jazzablanca est un festival qui a souvent été à l’agonie. Comment avez-vous réussi à le maintenir?
- Moulay Ahmed Alami:
Chaque année, la question est posée: allons-nous ou pas renouveler l’aventure. Mais l'enthousiasme du public et les retombées positives nous poussent à continuer et à augmenter d'année en année nos services et prestations au public. Toujours plus de musique, plus d'ambition. Nous avons des sponsors qui croient en nous. A part quelques rares exceptions, tous nos partenaires sont fidèles depuis 4 ans et viennent à nouveaux accompagner cette belle expérience.

- Alors à l’origine c’était un festival de musique jazz, or les artistes présents sont souvent issus d’autres univers. Pourquoi ce choix?
- Je pense qu'il y a deux facteurs qui ont joué dans ce changement d'orientation. En 2012, lorsque j'ai racheté la marque Jazzablanca, le festival allait s'arrêter. Il fallait lui redonner un nouveau souffle. Ensuite, il y a deux personnalités et deux regards différents entre l'ancien organisateur Hakim Lahlou et moi-même. J'aime un jazz plus métissé à d'autres styles, plus accessible tel que Jamie Cullum, Pink Martini... je suis passionné de musiques du monde et de différents artistes arabes tels quel Dhafer Youssef, Anouar Brahem, Ibrahim Maalouf et bien d'autres qui ont foulé les différentes scènes du festival... Et je suis aussi de la génération électro. Nous sommes donc aujourd'hui plus ancrés dans le présent!   
 
- En parlant de diversité des genres musicaux, pouvez-vous nous en dire plus sur les concerts de cette 12e édition?
- Pour cette édition, nous proposons trois scènes à l'Hippodrome Casa-Anfa pour plus de cinq concerts par soir, et une scène gratuite à la Place des Nations unies avec deux concerts par soir. Cette édition de Jazzablanca Festival va encore plus loin dans l’exploration des styles musicaux qui n’ont jamais été présentés auparavant. Il s’agit de la musique électro, avec trois styles complètement différents, le concert de AaRON sur la scène Anfa. Ce duo propose une électro pop inspirée et rythmée, Habibi Funk, DJ allemand programmé à la scène du Village, qui puise dans l’électro chaâbi et propose des rythmes très festifs, et enfin l’artiste tunisien, Ghoula, programmé à la scène BMCI, et qui propose une électro arabe ensorcelante.
 
- Le festival prend de l’ampleur d’année en année. Comment voyez-vous son avenir?
- Je pense qu'il n'y a pas un festival national qui ne galère pas. Il faut vraiment que l'on change de modèle. Les enjeux sont nationaux et ne concernent pas seulement Jazzablanca.
 Il faut qu'on arrive à créer une réelle industrie culturelle au Maroc. C'est 5 à 10% du PIB que la culture pourrait engendrer par les externalités positives de la culture en termes de retombées touristiques, d'image, d'emploi au niveau national. Il faut se battre pour créer une fédération des industries culturelles et aller négocier avec l'ensemble du gouvernement pour un plan Maroc Culture 2030 avec de fortes ambitions.

- Les aficionados du jazz pur peuvent-ils espérer des concerts plus pointus...
- Bien sûr! Et puis entre les Casa Live Sessions et Jazzablanca Festival, nous le proposons chaque année. Pour cette édition, nous accueillons le talentueux Christian Scott, digne héritier du jazz, issu de la Nouvelle-Orléans et qui offrira un beau brassage musical.
Propos recueillis par
Aïda BOUAZZA

 

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