Finances-Banques

L’offensive du groupe dans la digitalisation

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:4993 Le 31/03/2017 | Partager
Restructuration drastique de la filiale kenyane
Technologie, système d’information: 800 millions de DH investis en 4 ans
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Brahim Benjelloun-Touimi, administrateur-directeur général du groupe BMCE Bank of Africa: «Le Kenya donne des leçons au monde en matière de paiement mobile» (Ph. L'Economiste)

- L'Economiste: Quels sont les ajustements attendus de la transposition de la norme IFRS 9 relative au provisionnement des créances?
- Brahim Benjelloun-Touimi:
L’application de ce référentiel induira un chamboulement de toute l’approche de provisionnement. Il s’agit d’une question très importante pour l’avenir car au-delà des aspects techniques et comptables, il y a surtout des aspects de provisionnement sur des risques-pays. Je pense qu’avant d’imaginer l’impact, il faut que la communauté bancaire africaine, des entités comme la nôtre, des banques régionales et internationales puissions sensibiliser les autorités réglementaires sur le fait que nous avons besoin d’une phase transitoire pour pouvoir continuer l’œuvre de développement à laquelle nous contribuons. Quant à l’incidence de l’application de ce référentiel, nous aurons à procéder aux simulations nécessaires. Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment.
- Où en sont les discussions sur la convergence des règles de provisionnement bancaires et fiscales?
- C’est un chantier que la profession mène au sein du GPBM dans une commission pilotée par le président de CIH Bank. Je dois vous avouer qu’il y a une intelligence dans ces discussions sur cette problématique d’harmonisation. Je suis persuadé qu’elles déboucheront sur une solution définitive.

- Votre filiale au Kenya doit faire face à une tempête réglementaire...
- Tout le secteur bancaire y a pâti d’une décision prise au plus haut niveau de l’Etat. Il s’agit d’un effet ciseau résultant entre, d’un côté, la limitation des taux débiteurs et, de l’autre, le plafonnement des taux créditeurs. Résultat, certains établissements qui dépendaient du marché interbancaire ou qui n’avaient pas un réseau assez développé pour amortir ce genre de choc, ont dû fermer. Ils ont dû faire face à une fuite de la clientèle vers des banques qui lui apparaissaient plus solides à l’égard. Nous avons traversé cette période de turbulence, le groupe BMCE Bank of Africa a accompagné sa filiale. Nous avons mis en place un plan de restructuration discuté avec la Banque centrale du Kenya. L’environnement de ce marché est très spécifique. Ce pays donne des leçons au monde en matière de paiement mobile. Il y a sans doute des adaptations à faire entre la présence physique et virtuelle de la banque. Nous sommes optimistes pour l’avenir et le potentiel économique de ce pays et de toute l’Afrique subsaharienne.

- Votre groupe donne l’impression d’être un peu à la traîne en matière de digitalisation des services et des process…
- Je dirais plutôt que nous sommes à la traîne dans la communication sur la digitalisation. J’aurais souhaité que vous écoutiez davantage les équipes qui s’occupent de l’Agence directe et celles qui ont attaqué le segment des MRE. Je suis prêt à vous organiser une rencontre avec ces équipes pour vous donner tous les détails de ce que nous avons réalisé. Je vais vous dire par ailleurs pourquoi nous ne pouvons pas être en retard sur cette question de digitalisation. Nous sommes en partenariat industriel avec le groupe CMCIC qui, croyez-moi, a des choses à raconter dans ce domaine. Nous avons d’ailleurs adopté des produits de développement informatique de ce partenaire. Notre système Agence à cet effet nous donne entière satisfaction. Très probablement, beaucoup de facteurs qui contribuent à la croissance de nos parts de marché procèdent d’une connaissance fine de notre clientèle. C’est une vision à 360 degrés du client. C’est cela qui explique la forte progression de ressources et des crédits durant l’exercice 2016.
Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

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