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Régions

Musée Sijilmassa: Un hommage au patrimoine du Draa et du Tafilalet

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4993 Le 31/03/2017 | Partager
Ce panthéon redonne vie aux civilisations qui se sont succédées dans ces régions
Le patrimoine humain, la musique, l’artisanat et la culture au premier plan
Un atout culturel stratégique pour booster le potentiel touristique de la région
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Le musée Sijilmassa représente la nouvelle philosophie des musées régionaux qui mettent en avant le patrimoine local avec toute sa diversité  (Ph. SB)

La région du Draa Tafilalet regorge d’un patrimoine culturel et humain unique, qui tire ses origines de l’histoire ancestrale de Sijilmassa, la cité carrefour et l’ancien point de passage entre l’Afrique subsaharienne et le nord du Maroc vers l’Europe et le Moyen-Orient. Cette valeur historique d’une rare diversité est aujourd’hui mise en valeur par le musée Sijilmassa, édifié dans la ville d’Errachidia. Le musée, créé en 2012, est accueilli au sein du Centre Tarik Ibn Zyad pour les études et la recherche à Errachidia. Il a été conçu et imaginé comme une vitrine qui aspire à refléter la richesse humaine du territoire du grand Draa et des oasis du Tafilalet.

«Le musée Sijilmassa représente la nouvelle génération des musées du Maroc et a pour mission de mettre en avant la particularité de la région et redonner de la valeur à chaque aspect de cette mixité culturelle et humaine dont regorge la région du grand Draa et du Tafilalet», rappelle Mustapha Tilioua, président du centre Tarik Ibn Zyad pour les études et la recherche à Errachidia.

Le choix d’Errachidia pour abriter le musée régional vise à positionner la ville, chef-lieu de la nouvelle région, en tant que destination culturelle de premier plan. C’est ainsi que plus de 70% de la collection du musée Sijilmassa provient du musée Dar Al Fida à Rissani, à une centaine de km d’Errachidia. Le musée Sijilmassa est ainsi un passage incontournable pour connaître l’histoire de la région et une valeur ajoutée à son développement économique et touristique. D’autant plus qu’il côtoie le centre de recherches Tarik Ibn Ziad ainsi que les universités de la ville, le musée est une destination privilégiée pour les étudiants et les élèves de la région pour redécouvrir leur histoire et leur patrimoine. 

La cité historique dépoussiérée

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A travers les costumes, les outils et objets divers, les pavillons à thème du musée retracent la diversité ethnique du Draa Tafilalet, tout en permettant aux visiteurs de s’enquérir de l’histoire de la cité du Sijilmassa  (Ph. SB)

Sijilmassa, la cité et le carrefour des caravanes de commerce, se déploya pendant plus de 12 siècles (753-1818) et a connu un essor économique et politique prestigieux. Sa renommée mondiale en fit un lieu de mixité de plusieurs cultures, africaine, saharienne, et venant de l’Atlas et du Moyen-Orient, qui donna naissance au fil du temps à une cité métropole d’une grande diversité ethnique. Jusqu’à ce qu’elle soit détruite en 1818 par les tribus de la confédération Ait Atta, la cité abrita des trésors inestimables, tant sur le plan matériel qu’humain. Ainsi, on retrouve dans le musée plusieurs pavillons mettant en exergue la richesse de cette région.

Un pavillon qui représente le patrimoine architectural oasien, accueille le visiteur à l’entrée avec des photographies illustrant ksours, murailles et vestiges d’anciens palais du Tafilalet et du Draa. Un autre pavillon retrace l’histoire de la dynastie alaouite du Maroc dont la cité de Moulay Ali Chrif en est le berceau, à travers des photographies des rois qui se sont succédés. Le patrimoine artisanale (poterie, tapisserie, menuiserie), les outils de la vie quotidienne du peuple oasien, ainsi qu’un ensemble de vestiges récupérés d’anciens ksours ornent aussi une bonne partie du musée.

 

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Un pavillon est dédié aux costumes traditionnels et apparats de plusieurs tribus connues et caractéristiques de cette partie du Maroc, comme les Ait Atta, les Ait Hdiddou ou les Ait Marghad. Le patrimoine touareg est également représenté via une multitude d’outils de la vie quotidienne, d’armes et d’objets décoratifs en cuir et de tapisserie aux motifs caractéristiques de ce peuple qui a sillonné le désert. La communauté juive du Draa, qui a été présente pendant plusieurs siècles et ayant laissé une forte empreinte sur la culture locale, dispose d’un pavillon spécial. Tapisserie, artisanat, orfèvrerie et photos datant du dernier siècle illustrent parfaitement cette présence.

La musique dans le Draa Tafilalet, principalement représentée par l’art Gnaoua et la musique Beldi, dispose en outre d’un espace qui montre plusieurs types d’instruments musicaux ainsi que des photos d’artistes illustres qui ont marqué l’art musical de la région.
Rendre visite à ce lieu est un réel saut dans le temps et un hommage aux civilisations qui se sont succédées dans les oasis du Tafilalet et du Draa dont une partie s’y est installée. Il s’agit surtout de maintenir la connexion entre la vie contemporaine et l’histoire de toute la région.

Donations précieuses pour la bibliothèque du centre Tarik Ibn Zyad

Le centre Tarik Ibn Zyad pour les études et la recherche d’Errachidia, créé en 2005, dispose d’une bibliothèque d’une grande valeur, puisque constituée essentiellement de donations de bibliothèques privées et d’archives rares appartenant à des écrivains et à des chercheurs illustres nationaux et internationaux. On y retrouve par exemple les ouvrages du grand spécialiste des Touaregs Edmond Bernus, qui, à sa mort a fait don de la totalité de sa bibliothèque personnelle au centre. Plus de 20.000 ouvrages uniques au niveau national sont ainsi mis à la disposition des chercheurs.

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De notre correspondante,
Sabrina BELHOUARI

 

 

 

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