Economie

Campagne agricole: «La bonne» année se confirme

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4989 Le 27/03/2017 | Partager
78 millions de quintaux de céréales, première prévision chiffrée
Un niveau assurant un taux de croissance de 4,3%
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Les cours du blé tendre se sont établis à 181 dollars la tonne en février 2017, en hausse de 15% depuis septembre 2016. Ceci, en raison d’une forte demande. Mais le disponible reste important et les perspectives de récolte prometteuses. Les prix mondiaux du sucre brut sont restés stables à 447 dollars la tonne en février. Ils  marquent toutefois une hausse de 53% depuis le creux de février 2016

La campagne agricole s’oriente vers un nouveau record. Après les dernières pluies de ce mois de mars, professionnels et officiels s’accordent sur ce constat. Et une première prévision chiffrée de la production a même été avancée. Pas moins de 78 millions de quintaux, prédit la Banque centrale. Ce qui a amené l’Institut d’émission à revoir à la hausse son estimation de la croissance du PIB en 2017 à 4,3%. Un taux voisin de celui du FMI (4,4%) mais reste plus élevé par rapport à la prévision de la Banque mondiale (4%). Et pour cause!

Jusqu’à présent, la pluie a été aussi abondante que bien répartie dans le temps et l’espace. A fin février 2017, le cumul pluviométrique s’est établi à 287 mm, en hausse de 7% par rapport à la normale (264 mm) et de 136% en comparaison avec la campagne 2015-2016. Ce qui a permis de porter la réserve des barrages à usage agricole à 7,32 milliards de m3, soit un taux de remplissage de 54%. Il n’empêche que les pluies du mois d’avril restent déterminantes, selon les professionnels. Les superficies semées en céréales d’automne dépassent les 5 millions d’hectares,  soit 99% du programme de l’actuelle campagne agricole (44% en blé tendre, 35% en orge et 21% en blé dur). Avec à la clé un approvisionnement suffisant en intrants agricoles. D’après les dernières données du ministère de l’Agriculture, 2 millions de quintaux de semences sélectionnées ont été mis sur le marché dont près de 1,7 million vendus. «Ce qui est en phase avec les besoins», estime un gros agriculteur de la zone des Doukkala.

Par céréales, le blé tendre représente les ¾ des semences sélectionnées mises sur le marché tandis que le blé dur en détient 18% et l’orge 7%.
Pour ce qui est des engrais, le programme de l’actuelle campagne porte sur plus de 500.000 tonnes. Un volume relativement en retrait par rapport aux années précédentes. Ces engrais, notamment de fond et ceux phosphatés sont cédés à des prix bonifiés. La subvention accordée aux engrais de fond est estimée à 330 millions de DH.  En ce qui concerne le financement de la campagne agricole, les crédits à  décaisser devraient atteindre 5,5 milliards de DH. Déjà à fin janvier dernier, ils s’élevaient à 1,5 milliard de DH.

ultures d’automne  s’élèvent à près de 5,9 millions d’hectares dont 11% en irrigué, dominés par les céréales (87%), les fourrages (9%) et les légumineuses (4%). En ce qui concerne les plantes sucrières, la superficie semée en betterave à sucre est d’environ 54.500 hectares, sur un programme de 56.000 ha.
Le cheptel n’est pas en reste. L’état des parcours est jugé satisfaisant. Sans oublier les bonnes perspectives offertes à la production des fourrages. Un constat déjà mis en relief en janvier 2017 par le Centre royal de télédétection spatiale. Selon ce centre, l’état du couvert végétal se présentait en situation «bonne à moyenne dans la majorité des régions agricoles du Maroc avec un profil nettement en dessus d’une année moyenne et de la campagne précédente».

Seul bémol, les cultures d’exportation ont été affectées par les précipitations et le froid hivernal. Pour ce qui est des agrumes, de gros dégâts ont été enregistrés, notamment pour la clémentine qui représente l’essentiel de l’export des petits fruits. Quant aux primeurs, le ralentissement de la croissance des productions de tomates et légumes divers a fait reculer leurs exportations d’environ 6%. Mais la situation sera rattrapée dans les semaines qui viennent, assurent les professionnels.

Sucre: Objectif 14 tonnes/hectare 

Après deux campagnes sucrières record, l’interprofession compte pérenniser la performance, en misant sur la recherche & développement dont le cadre de partenariat  a été mis en place depuis 2012. Les résultats atteints restent encourageants. De 7 tonnes à l’hectare en 2006, le rendement du sucre est passé à 12 tonnes l’année dernière. Cette performance a permis d’atteindre un taux de couverture de la consommation locale de plus de 50% au titre de la campagne 2015/16 avec une production record du sucre blanc de 607.000 tonnes. En s’appuyant sur la R&D la filière sucrière vise à consolider les acquis et ambitionne d’améliorer davantage ses performances et d’atteindre, à court terme, un rendement de sucre à l’hectare de 14 tonnes/ha. Seulement, un maillon faible de la chaîne de valeur tient à la protection des plantes, notamment la betterave à sucre. D’où la recommandation de l’interprofession de «constituer un groupe de travail sur la protection de la betterave à sucre en partenariat avec les organismes de recherche nationaux et internationaux pour renforcer les travaux de recherche sur ces aspects et pour échanger et partager les expériences en matière des stratégies de préventions».

 

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