Entreprises

Atlanta résiste à la baisse des taux obligataires

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:4986 Le 22/03/2017 | Partager
Des indicateurs de résultat en croissance à deux chiffres
L’assureur a payé 60 millions de dirhams de redressement fiscal

A l’image du secteur, la compagnie reste sur un exercice 2016 euphorique marqué par une progression à deux chiffres de la plupart de ses indicateurs d’activité. Le chiffre d’affaires à 1,939 milliard de dirhams, est en hausse de 10,2%. Si la branche non-vie est dominante dans la structure des primes avec près de 87,5 dirhams sur 100 émis (87,5%), la branche vie et capitalisation connaît une spectaculaire croissance de 14,5%. Le management estime à 6% la part de marché de la compagnie sur cette branche à fin 2016  (cette évaluation n’intègre pas l’impact de l’entrée de Taamine Chaabi).

Les charges de sinistralité ont augmenté de 21%, une hausse impactée par la survenance d’un gros sinistre maritime d’un montant de 130 millions de dirhams, totalement couvert en réassurances. Après retraitement, la hausse des charges de sinistralité est ramenée à un peu plus de 10%. Le rapport sinistres/primes, un ratio surveillé comme de l’huile sur le feu par les assureurs car de son évolution dépend la profitabilité de la compagnie, s’est amélioré de 0,8%. Au final, le résultat technique d’Atlanta s’est élevé à 185 millions de dirhams (+21,8%).

Le résultat financier s’établit à 212 millions de dirhams. Il enregistre une hausse de 15% malgré a poursuite de la baisse des taux obligataires. La chute des taux sur le marché obligataire a contraint les assureurs à revoir leur politique de placements, en la rendant plus dynamique et en se positionnant sur des maturités courtes. Atlanta a provisionné en totalité ses participations dans Samir, soit 380 millions de dirhams.

Le résultat net à 161 millions de dirhams, progresse de 23,2%. Il aurait été encore bien plus important sans le rappel d’impôts de 60 millions de dirhams que la compagnie a supporté au terme d’un contrôle fiscal conclu par une transaction avec le fisc. A l’origine, la divergence de doctrine en matière de provisionnement édictée par le régulateur et les règles fiscales. Il y a aussi la réintégration de l’écart  des délais de paiement de primes par rapport aux délais réglementaires assimilé aux libéralités par l’administration. Ce problème se pose également pour le secteur bancaire qui applique les règles de provisionnement de créances bien différentes de ce que dit la doctrine fiscale.

La circulaire du régulateur qui a changé les modalités de recouvrement des primes a été structurante pour tout le marché, analyse Jalal Benchekroun, directeur général d’Atlanta. Ce big-bang intervenu le 1er avril 2016 n’a pas seulement bousculé les mentalités dans le secteur, il a aussi permis d’assainir la situation dans la branche automobile. Traduit dans les comptes, cela a induit une baisse de 4 points du taux d’impayés des primes chez l’assureur. Atlanta a amorcé son internationalisation en créant une filiale en Côte d’Ivoire après y avoir obtenu l’agrément en octobre 2016. Cette filiale opérera dans la branche non-vie. A terme, l’ambition est de devenir un acteur de référence sur ce marché, assure le PDG, Mohamed Hassan Bensalah.

Données consolidées Atlanta/Sanad

Chiffre d’affaires: 3,690 milliards de DH
Dont - assurance non-vie: 3,151 milliards de DH
- assurance vie: 539 millions de DH
Résultat net: 154 millions de DH
Placements: 11,204 milliards de DH
558 salariés, 311 agents exclusifs.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc