Economie

Places financières: CFC veut consolider son leadership africain

Par Franck FAGNON | Edition N°:4983 Le 17/03/2017 | Partager
Des discussions avancées avec de nouvelles majors
En cours de finalisation, la feuille de route de la Bourse permettrait de gagner en attractivité
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CFC pilote un groupe de travail consacré au développement Afrique de la Bourse de Casablanca. L'objectif est d’opérationnaliser la cotation des titres africains à la Bourse de Casablanca et de permettre aux investisseurs internationaux d’accéder aux titres africains via les sociétés de Bourse marocaines moyennant un «sponsored access service», confie Saïd Ibrahimi, directeur général de Casablanca Finance City (Ph. Privée)

- L'Economiste: Sept ans après sa création, Casablanca Finance City est 30e au classement GFCI. Comment voyez-vous l'avenir?
- Saïd Ibrahimi:
Je pense qu’il faut d’emblée rappeler une chose: notre présence au sein du classement est récente. Casablanca Finance City a en effet rejoint l’index du Global Financial Center Index (GFCI) en mars 2014 et notre centre financier occupait alors la 62e position. Du chemin a été parcouru depuis: nous nous situons actuellement au 30e rang mondial, 2e dans la région Mena - après Dubaï - et surtout, nous occupons la position de leader sur le continent africain. Il faut souligner qu’au-delà de l’attractivité et la compétitivité de notre place financière, l’indice GFCI souligne également le potentiel de notre hub économique et financier. Notre objectif en ce qui concerne le GFCI est de consolider notre position en tant que 1re place africaine, qui nous donne un avantage stratégique en termes de visibilité.

- Sur quelles candidatures travaillez-vous?
- Par principe, nous ne révélons pas le nom des prospects ou des entreprises avec lesquelles nous sommes en contact, car il y a, comme vous le savez, une forte compétition entre les places pour les attirer, notamment lorsqu’il s’agit de sièges régionaux. Ce que je peux vous dire, c’est que nous avons un creuset intéressant de multinationales opérant dans des secteurs diversifiés, comme les infrastructures, l’énergie, le secteur IT, et bien sûr le secteur financier, dont des leaders mondiaux dans leur domaine, avec lesquels nous sommes en discussion. Il y a également de nouveaux marchés qui s’intéressent de près à Casablanca Finance City et au Maroc comme porte d’entrée vers l’Afrique, notamment l’Asie. Nous communiquerons prochainement sur les nouveaux entrants de notre écosystème.  

- La Bourse constitue l'un des points faibles de l'offre de CFC. Quel est le contenu de la feuille de route que prépare le conseil d'administration?
- Tous les indicateurs de la Bourse de Casablanca ont enregistré de bonnes performances à fin décembre 2016. Le Masi a enregistré une performance annuelle de 30% et le FTSE de 44,4% soit la 2e plus forte hausse des Bourses de la zone Mena et des Bourses émergentes. La capitalisation a enregistré une hausse de +27,4% et le volume annuel a enregistré une progression de +8,8%.
S’agissant de la feuille de route de la Bourse de Casablanca, il faut rappeler que dans le cahier des charges signé avec l’Etat dans le cadre de la démutualisation ainsi que dans la documentation juridique signée entre les nouveaux actionnaires, ces derniers s’engagent sur un objectif commun de mise en place d’une Bourse régionale dotée d’une infrastructure de marché intégrée et ayant pour mission notamment l’accompagnement du positionnement de CFC en  tant que hub financier sur la scène régionale et internationale.
A cet égard, CFC dirige trois groupes de travail sur les neuf créés par le conseil d’administration pour l’élaboration de la feuille de route 2017-2020. Nous pilotons notamment celui dévolu au «développement Afrique de la Bourse de Casablanca» qui a pour objectif d’opérationnaliser la cotation des titres africains à la Bourse de Casablanca et de permettre aux investisseurs internationaux d’accéder aux titres africains via les sociétés de Bourse marocaines moyennant un «sponsored access service». Cette feuille de route sera adoptée lors d’un prochain conseil d’administration. Les autres axes portent sur le développement de nouveaux produits et services, la liquidité, le corpus réglementaire (y compris les aspects change et fiscalité), la formation; la communication stratégique, la tarification, les ETF, ou encore les produits de taux.

- Que vous ont promis vos interlocuteurs à propos d'un réaménagement de la taxation des dividendes des entreprises CFC?
- Les textes fiscaux actuellement en vigueur ne prévoient pas de dispositions spécifiques applicables à l’activité des holdings CFC. Selon nous, le point le plus significatif qui doit faire l’objet d’une modification afin d’assurer une meilleure attractivité de l’offre «Holding CFC» à l’international est celui relatif à la taxation des dividendes distribués par les sociétés holding CFC aux sociétés non résidentes. Nous proposons donc l’exonération de la retenue à la source au titre des dividendes versés aux non-résidents comme c’est le cas pour les holdings offshore installés à la place financière offshore de Tanger. Cette différence significative de régime fiscal entre la place financière offshore de Tanger et CFC crée un arbitrage fiscal qui nous est défavorable.
Propos recueillis par Franck FAGNON

                                                                         

Tout un écosystème tourné vers le continent

CFC cible les multinationales afin de les convaincre à ériger leur base régionale à Casablanca. Environ 70% des entreprises labellisées depuis les débuts de CFC ont été de nouvelles créations d’entreprises portant pour la majorité des projets ambitieux pour l’Afrique.
Pour évaluer le poids des activités africaines des entreprises labellisées CFC, il faut prendre en compte plusieurs indicateurs, à la fois qualitatifs et quantitatifs. D’abord l’étendue géographique de leurs activités dans le continent: à fin 2015, les activités africaines des entreprises CFC couvraient 48 pays sur le continent. Elles représentaient en moyenne 40% du chiffre d’affaires global généré par l’écosystème de la place financière.

Un autre chiffre émanant de l’Office des changes évalue la proportion des investissements des entreprises CFC en Afrique en 2015: celles-ci représentaient en effet 38% de l’investissement direct total du Maroc sur le continent. Avec l’élargissement de l’écosystème CFC en 2016 et la montée en charge de ses activités en Afrique, ces chiffres seront révisés à la hausse très prochainement.
J’aimerais aussi préciser qu’en termes d’investissement, nous avons introduit en 2014 dans le cadre légal relatif au statut CFC la catégorie des sociétés holdings et nous avons commencé à accueillir les premières holdings mi-2015. Aujourd’hui, nous comptons une dizaine de holdings avec une vocation d’investissement panafricaine. Ce sont pour la plupart des structures nouvellement créées pour servir de plateforme d’investissement de leurs groupes en Afrique.

Plusieurs de ces holdings sont adossées à des grands groupes nationaux et internationaux et ont déjà annoncé des projets d’investissement colossaux en Afrique qui vont se concrétiser dans les prochaines années. Je cite l’exemple d’OCP Africa qui est en cours de création de 14 filiales dans le continent et a signé une convention en Ethiopie en novembre 2016 portant sur un projet d’un montant global de 3,7 milliards de dollars. Il y a aussi des projets d’investissement de taille très importante qui sont déjà en cours de développement, en particulier les projets de centrales hydroélectriques développées par Platinum Power en Côte d’Ivoire ou au Cameroun pour un montant d’investissement global avoisinant les 1,6 milliard de dollars.

 

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