Economie

Forum Afrique Développement: Le continent face à ses défis

Par Safall FALL | Edition N°:4983 Le 17/03/2017 | Partager
Croissance en berne, commerce mondial au ralenti, marchés internationaux instables… Les incertitudes
L’Afrique tient à son attractivité: 3,6% de croissance prévue pour 2017
Accélérer les investissements du privé et mieux partager les dividendes de la croissance pour rester dans la course
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Mohamed El Kettani, PDG d’AWB: «L’urbanisation et la démographie africaines sont un atout majeur. En 2034, la population active africaine atteindra 1,1 milliard de personnes, supérieure à celle de la Chine ou de l’Inde» (Ph. Jarfi)

«Dans un environnement d’incertitudes, l’Afrique maintient le cap». En avançant ces propos, ce 16 mars, en séance inaugurale du Forum Afrique Développement (FIAD), organisé par AWB, Mohamed El Kettani, PDG, résume toute la portée de cette 5e édition. Le continent est à la croisée des chemins: une croissance mondiale atone (3,4% en 2017 et 3,6% en 2018), un commerce mondial en mode remontée de pente (+3,8% en 2017 et 4,1% en 2018, selon le FMI) et des prix des matières premières extrêmement instables. Un cocktail imprévisible, alors que l’on sait que le continent n’a plus droit à l’erreur: chaque point de croissance compte.

Et surtout que l’on sait que «dans moins de 30 ans, la population du continent devrait doubler, et qu’un Africain sur 2 sera urbain». Et c’est justement ce qu’a tenu à rappeler Roch Marc Christian Kaboré, président du Burkina Faso et invité d’honneur de ce FIAD. Ces projections rallongent la liste des défis. Pour le continent, il ne s’agit plus seulement de faire croître son PIB. Cette croissance devra désormais porter un caractère durable et inclusif. «La pauvreté reste un grand défi à relever», lance le chef d’Etat burkinabé. Il faut savoir en effet que le continent continue d’abriter les économies les moins prospères au monde, malgré une croissance de 3,6% prévue en 2017. Pour relever ces défis, «les politiques économiques doivent satisfaire les besoins de nos populations et prendre des décisions courageuses», martèle le chef d’Etat burkinabé. Mais pas seulement!

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Le privé doit aussi mettre la main à la pâte à travers des investissements créateurs de richesses et d’emplois. Et quoi de mieux que l’industrialisation pour relever ce défi? «La part du secteur industriel dans le PIB africain atteint à peine 10%. L’Afrique ne crée pas et ne transforme pas encore assez de valeur», déplore Miriem Bensalah-Chaqroun, présidente de la CGEM.  La patronne des patrons insiste en rappelant que, chaque année, sur le continent, ce sont 12 millions de jeunes africains qui arrivent sur le marché du travail. Ce sont aussi 187 millions de personnes supplémentaires qui vivront dans les villes africaines sur les 10 prochaines années. Autant de  pressions socio-économiques qui hantent les politiques publiques.

 Mais peu importe. Mohamed El Kettani préfère «transformer ces challenges en opportunités». C’est la seule façon pour que le privé trouve son rôle dans la résolution de ces problématiques.  «L’urbanisation et la démographie africaines sont un atout majeur. En 2034, la population active africaine atteindra 1,1 milliard de personnes, supérieure à celle de la Chine ou de l’Inde», précise le patron du groupe bancaire marocain, à dimension désormais panafricaine. S’y ajoute une consommation des ménages et des entreprises qui  pourrait enregistrer une croissance importante sur les prochaines années. «Pour accélérer le rythme, de lourds investissements sont nécessaires et le privé ne peut pas financer tout seul des projets à profitabilité à long-terme», rajoute, pour sa part, Miriem Bensalah. La présidente de la GGEM mise plutôt sur le partenariat public/privé, des politiques publiques claires, ainsi que des environnements politiques et des affaires stables. Ce sont là les conditions sine qua non pour soutenir l’effort et la dynamique de  croissance du continent.

L’Economiste du Faso, l’aventure africaine

Le Groupe Eco-Médias, qui édite L’Economiste et Assabah, se développe à l’international depuis 2013. Il y a 4 ans, Eco-Médias était le 1er groupe de presse marocain qui a osé l’aventure africaine.
 La première étape de cette stratégie de développement en Afrique a démarré au Burkina Faso, à travers le lancement de l’hebdomadaire L’Economiste du Faso. «Le Burkina Faso apparaît comme le pays qui présente le plus d’opportunités de développement à l’échelle africaine», avait précisé  le PDG du groupe, Abdelmounaïm Dilami, lors du lancement du journal à Ouagadougou. Le Burkina a un régime politique relativement stable et une économie en pleine croissance. D’autant plus que les médias dans ce pays sont au début d’un processus de modernisation auquel L’Economiste peut beaucoup apporter. Le groupe Eco-Médias a deux autres projets de développement en cours dans la région.

L’édition de la maturité

Avec 6.000 opérateurs de 36 pays, pour près de 13.000 réunions d’affaires générées depuis la 1re édition, le Forum Afrique Développement atteint sa vitesse de croisière. En termes de retombées, les organisateurs parlent de nombreuses «opportunités d’échanges et d’investissements». «L’évènement est devenu incontournable dans l’agenda des opérateurs économiques et décideurs politiques engagés en Afrique», tient à préciser Mohamed El Kettani, PDG d’Attijariwafa bank. L’édition de cette année rassemble 1.500 opérateurs économiques venus de 25 pays du continent.

 

 

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