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Dossier Spécial

Les économies évoluent en rangs dispersés

Par Franck FAGNON | Edition N°:4968 Le 24/02/2017 | Partager
Le ralentissement de l'activité cache d'importantes disparités
Au moins quatre pays parmi les 10 champions de la croissance au monde
Un atout de taille: 1,2 milliard d'habitants d'ici 2025
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La consommation privée serait porteuse dans ces 15 pays d'ici 2025 selon les analyses de Coface. Les biens alimentaires concentrent 46% des dépenses des ménages dans ce club. Le logement et le transport constituent les autres principaux postes de dépenses

 

La baisse du PIB au Nigéria et le ralentissement en Afrique du Sud pèsent sur la croissance des économies subsahariennes. L'activité ne progresserait que de 1,6% en 2016 selon les estimations du FMI, avant d'accélérer en 2017 (2,8%) et 2018 (3,7%). Cette cadence est nettement inférieure aux niveaux enregistrés précédemment. Ceci dit, le score global de la croissance africaine cache d'importantes disparités. Des économies comme la Côte d'Ivoire, l'Ethiopie, le Rwanda ou encore la Tanzanie enregistrent des progressions sans commune mesure. Au moins quatre nations africaines figurent parmi les dix meilleurs élèves de la croissance au monde. Le dynamisme de ces pays s'explique aussi par un effet rattrapage. 

La baisse du cours du pétrole et d'autres matières premières a freiné l'activité dans plusieurs pays et surtout révélé la faible diversification des économies. Les pays exportateurs de matières premières sont les plus touchés par la chute des cours, mais aussi par le ralentissement chinois. Une bonne partie des exportations africaines prennent la route de la Chine. Pour des pays comme le Nigéria, l'Angola ou encore la République démocratique du Congo (RDC), c'est une double peine. L'effondrement des prix des matières premières et du pétrole et la dépendance de la Chine auraient coûté 4,8 et 3,5 points de croissance à l'Angola et à la RDC en 2016, selon les estimations de Coface. 

La croissance se maintient, mais la pauvreté ne recule pas

L'assureur crédit Coface a identifié une quinzaine de pays dans lesquels la consommation privée sera porteuse d'ici une dizaine d'années. Evidemment, les pays les plus peuplés du continent notamment le Nigéria ou encore l'Ethiopie y figurent. Mais le dividende démographique ne règle pas tout. Il faut aussi des économies diversifiées avec une croissance inclusive. La combinaison des critères démographiques et économiques aboutit à une liste dominée par les pays d'Afrique de l'Est et australe. Dans la partie Ouest du continent, le Nigéria mais aussi la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Ghana émergent. Pour les analystes de Coface, les secteurs du commerce de détail et des technologies de l'information et de la communication seraient les plus prometteurs. Les biens alimentaires concentrent 46% des dépenses des ménages dans ce club de 15 pays. Ce poste est plus élevé dans les pays les moins riches. Le logement et le transport constituent les autres principaux postes de dépenses.  

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Derrière le ralentissement de la croissance subsaharienne, il y a des économies qui enregistrent des progressions fulgurantes. Mais l'atonie de l'activité en Afrique du Sud et la décroissance au Nigéria pèsent 

Moteur traditionnel de la croissance, la consommation des ménages a souffert des difficultés budgétaires d'un certain nombre d'Etats et d'une inflation démesurée. Les dépenses des ménages représentent en moyenne 2/3 du PIB avec des niveaux proches de 80% dans certaines économies comme le Cameroun par exemple. Le contexte de baisse des revenus, lié à la chute des matières premières et au recul de la demande chinoise, pourrait favoriser une accélération de la diversification des économies. L'un des atouts de cette région est sa population. Elle devrait abriter 1,2 milliard d'habitants d'ici 2025 contre moins d'1 milliard actuellement. Une vingtaine de pays subsahariens compteront plus de 20 millions d'habitants d'ici 2025 dont au moins la moitié habiteront dans les villes, des endroits qui favorisent la consommation. 

Le risque de change s'exacerbe

Comme de nombreuses devises, plusieurs monnaies africaines n'ont pas résisté à la vigueur du dollar. Les dépréciations sont significatives pour le kwanza de l'Angola par exemple. La chute du prix du pétrole et d'autres matières premières ont aggravé le déficit courant de plusieurs pays. Le choc a entraîné une baisse sensible des réserves de change, ce qui accentue la pression. Au-delà des risques politiques, sécuritaires, les problématiques de change sont un facteur non négligeable. Les variations des monnaies peuvent être bénéfiques comme elles peuvent être dévastatrices pour les investissements.

 

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