Economie

Campagne agricole: Nouveau record en vue

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4961 Le 15/02/2017 | Partager
Plus de 70 millions de quintaux de céréales en ligne de mire
Les prévisions de croissance du PIB confortées
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Au total, la réserve des barrages à usage agricole se situe à près de 7 milliards de mètres cubes. Les grands ouvrages comme Al Massira, Al Wahda et Bin El Ouidane dont la retenue de certains dépasse les 2 milliards de m3 affichent un taux de remplissage variant entre 45 et 54%

Les prémices d’une bonne, voire d’une très bonne campagne agricole, se précisent. C’est l’impression qui prévaut parmi les officiels et professionnels. La pluviométrie a été abondante. Le cumul des précipitations s’établit actuellement à 258 mm, soit un excèdent de 185% par rapport à une campagne normale. Sans oublier les chutes de neige qui ont concerné de nombreuses régions. Aussi, l’hypothèse d’une production céréalière de 70 millions de quintaux, retenue par le gouvernement sortant, devrait être largement dépassée.

Ceci, même si les semis ont été limités à 4 millions d’hectares au lieu de 5 à 5,5 millions généralement emblavés. Surtout que les itinéraires techniques conjugués à l’usage d’intrants ont été nettement améliorés. Semences sélectionnées, engrais adaptés aux sols, mécanisation des labeurs et entretien des cultures, sont désormais des ingrédients qui assurent de hauts rendements. (Voir encadré ci-contre). Ce qui conforte les différentes prévisions de croissance du PIB comprise  entre 4,2 et 4,5%.     

Pour le moment, la situation évolue favorablement dans plusieurs régions à fort potentiel céréalier. La région de Casablanca-Settat, qui concentre 25% des superficies semées, se porte bien. La saison qui devrait être d’une excellente cuvée  prend forme dans cette région aussi bien pour les céréales que les cultures industrielles. Les maraîchages se développent également de manière satisfaisante. De même, les prix des composants de l’aliment de bétail n’ont pas enregistré de hausse significative. Et le même constat est dressé pour la région du Tadla-Azilal où les programmes céréalier et sucrier ont été pleinement réalisés. Pour ces deux régions, il n’est pas exclu de rééditer les records de production de sucre réalisés la campagne précédente.  

Au 14 février, la réserve des barrages affiche un niveau en retrait de 6 points de pourcentage par rapport à la même période de 2016. Elle se situe à 8,3 milliards de m3, soit 54,6% de la capacité théorique des barrages. Le déficit s’explique par le fait que la campagne 2015-2016 avait bénéficié d’un bon niveau de remplissage des barrages grâce à la pluviométrie record enregistrée en 2014-2015. Quasiment le même taux de remplissage est relevé pour ce qui est des ouvrages à usage agricole. Leur réserve se situe à près de 7 milliards de m3. Mais la situation est promise à l’amélioration compte tenu de l’importance des chutes de neige qui constituent déjà un bon réservoir d’eau pour la période de soudure, voire pour les deux prochaines saisons agricoles.

 Selon le ministère de l’Agriculture, toutes les régions ont été bien arrosées et présentent un excédent pluviométrique en comparaison avec une année normale. Reste que la pluviométrie soit au rendez-vous lors du mois de mars et début avril. Ces pluies sont en effet déterminantes aussi bien pour les cultures d’automne que celles du printemps, s’accordent les professionnels.    
Fait marquant, les ventes de semences sélectionnées ont porté sur un volume important, est-il indiqué. Les distributeurs ayant mis sur le marché 1,9 million de quintaux. Les engrais de fond et ceux phosphatés sont également disponibles en grande quantité et à des prix bonifiés. La subvention accordée aux engrais de fond est estimée à 330 millions de DH.  En ce qui concerne le financement de la campagne agricole, les crédits décaissés depuis son démarrage s’élèvent à 1,5 milliard de DH et devraient totaliser 5,5 milliards à la fin de la saison. De plus, le programme d’assurance continue de bénéficier d’une forte adhésion des agriculteurs. Pour l’actuelle campagne, plus de 1 million d’hectares sont déjà couverts.

Hors céréaliculture, les pluies vont également profiter aux autres filières, notamment le maraîchage de plein champ, les cultures industrielles et  l’arboriculture fruitière. Sans oublier les pâturages dont le développement devrait soulager la trésorerie des éleveurs en ayant moins recours à l’aliment de bétail.
Pour le moment, l’état de l’arboriculture fruitière est jugé bon dans l’ensemble des régions de production. A commencer par l’agrumiculture qui devrait réaliser cette année une production record de 2,36 millions de tonnes, révèle le ministère de l’Agriculture.

Hausse des rendements

Sur la période 2000-2015, les rendements des céréales ont augmenté d’une manière significative. Celui du blé dur est passé de 13 quintaux/ha (moyenne 2000-2007) à 17,7 (moyenne 2008-2015), alors que le blé tendre a gagné presque 5 quintaux à l’hectare et l’orge 4,2 quintaux. Ces performances s’expliquent par l’utilisation rationnelle des intrants, notamment les semences sélectionnées, les engrais et la mécanisation des travaux, note une récente étude du ministère de l’Agriculture.
Sur la même période, la superficie moyenne semée par les trois principales céréales (blé dur, blé tendre, orge) a varié entre  4,5 et 5,3 millions d’hectares. Ces céréales sont pratiquées dans les différentes zones agro-climatiques du pays en assolement avec d’autres cultures annuelles comme les légumineuses, les plantes sucrières et les fourrages.
Par espèces, l’occupation des sols a augmenté de 220.000 ha en faveur du blé tendre entre la période 2000-2007 et 2008-2015. C’est probablement l’effet de la garantie du prix de vente. Alors que les superficies dédiées au  blé dur et à l’orge ont respectivement reculé de 189 et 66.000 ha. En revanche, le mode de conduite de ces cultures n’a pas connu de changement majeur. Les céréales sont toujours cultivées dans les zones bour à hauteur de 90%. Avec une légère tendance à la baisse de l’irrigué. Sur les 7 dernières années, une réduction de 53.000 ha ayant été constatée.

 

 

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