Economie

Accord agricole: Bruxelles sommée d’assumer

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4955 Le 07/02/2017 | Partager
Elle doit assurer le cadre d’application du protocole
A défaut, le Maroc optera pour d’autres choix

Rabat sort de ses gonds. Elle somme l’Union européenne «d’assurer le cadre nécessaire pour l’application des dispositions de l’accord agricole dans les meilleures conditions». Le message adressé, à cet effet, aux instances de Bruxelles est on ne peut plus clair: le dernier pourvoi de la Cour européenne de justice ne doit pas entacher les relations actuelles et futures entre le Royaume et l’UE.  
«Le Maroc et l’Union européenne sont liés par un accord agricole dont l’application est effective sur le territoire national.

Ceci,  malgré un épisode judiciaire qui a, en toute logique, confirmé le protocole entre les deux parties», souligne le communiqué publié lundi par le ministère de l’Agriculture. Il  doit s’appliquer conformément à l’esprit qui a présidé à sa négociation et sa conclusion. A charge donc pour l’UE d’en assurer les meilleures conditions.  
La Commission et le Conseil européens sont ainsi appelés à clarifier leur position par un discours cohérent avec les décisions que ces instances ont elles-mêmes portées et adoptées.
Toute entrave à l’application de cet accord est une atteinte directe à des milliers d’emplois d’un côté comme de l’autre dans des secteurs extrêmement sensibles. Sans oublier le risque de reprise des flux migratoires que le Maroc a réussi à gérer et à contenir.
Or, comment tolérer les actes visant à dresser des obstacles devant l’accès des produits marocains aux marchés de l’UE? «Des agissements que Bruxelles devrait sanctionner et traiter avec la plus grande fermeté», souligne le communiqué du ministère. Car, de telles nuisances mettent en péril un édifice de coopération construit sur de nombreuses années ne laissant de choix au Maroc que de s’en détourner au profit d’une accélération de partenariats initiés dans des pays et régions diverses, notamment la Russie, la Chine, l’Inde, le Japon, les pays du Golfe ainsi qu’auprès de nos voisins africains.
Surtout que le Royaume a engagé une politique volontariste dans le secteur agricole. Une approche soutenue à coup de plusieurs milliards de DH sous forme d’investissements marocains et étrangers. L’objectif est  d’assurer la sécurité alimentaire du pays, mais aussi la stabilité des populations rurales. Le même objectif est partagé avec le continent africain dont le Maroc soutient l’essor d’une agriculture performante à travers l’assistance technique et l’accès aux engrais. L’absence d’un engagement franc de la part de l’UE imposera au Maroc un choix décisif où il sera question de préserver un partenariat économique patiemment entretenu ou de s’en défaire sans retour pour se focaliser sur la construction de nouvelles relations et circuits commerciaux.

Le choix politique   

L’arrêté de la Cour européenne de justice reproche au Conseil européen, au moment de la conclusion de l’accord agricole en 2012, de n’avoir pas observé le principe du «Sahara à part». Ce faisant, la Cour se maintient dans une position de droit international, tout en ne fermant pas la porte aux prochains accords. 
Dans son arrêté, elle explique que ces derniers peuvent être conclus à condition que le territoire «en sus» soit ajouté d’une façon distincte. Pour Rabat, il s’agit d’une problématique intercommunautaire qu’il s’agit de trancher au plus haut niveau politique. Car, il est évident que le Royaume n’acceptera jamais d’être mutilé de son Sahara, ou de le mettre dans une case à part. Le Sahara est une partie intégrante de sa souveraineté. Les ministres de l’UE se trouvent devant un choix politique pour à la fois rester en phase avec la décision de leur justice et préserver leurs relations avec le précieux partenaire qu’est le Maroc. 

 

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