Chronique

Le retour du Maroc à l’Union africaine: Une éclatante victoire

Par Jawad KERDOUDI | Edition N°:4954 Le 06/02/2017 | Partager

Jawad Kerdoudi est président de l’Imri (Institut marocain des relations internationales) (Ph. JK) 

mohammed_vi_ua.jpg

Dans son discours du 31 janvier 2017 au Sommet d’Addis Abeba, le Roi Mohammed VI a rappelé l’importance des relations bilatérales entre le Maroc et l’Afrique. Il a insisté sur la coopération Sud-Sud et réaffirmé la détermination du Maroc à partager son expertise avec tous les pays africains, et leur apporter toute l’aide nécessaire pour leur développement économique et social dans le cadre d’une approche gagnant-gagnant (MAP)

Le 30 janvier 2017 est une date historique qui marque le retour du Maroc à l’Union africaine. Deux autres dates sont importantes dans les relations du Royaume avec l’Union africaine. La première est le 4 janvier 1961 où Feu le Roi Mohammed V ouvrait la Conférence de Casablanca qui devait être le prélude de la création de l’Organisation de l’Unité africaine. Ont assisté à cette Conférence les pères fondateurs de l’OUA: Kwame Nkrumah du Ghana, Modibo Keita du Mali, Ahmed Sekou Touré de Guinée-Conakry, Jamal Abdel Nasser d’Egypte, Ferhat Abbas du GPRA et Abdelkader El Allam de Libye. La deuxième date plus triste est la décision de Feu le Roi Hassan II en 1984 de quitter l’OUA après l’admission illégale de la pseudo «Rasd» au sein de l’Organisation africaine. 
Malgré son départ de l’OUA, les relations bilatérales entre le Maroc et les pays africains ont continué à se développer. Mais il faut reconnaître que ce n’est que depuis l’accession du Roi Mohammed VI au Trône, en 1999, qu’une véritable politique africaine a été mise en œuvre. Elle a consisté en une quarantaine de déplacements Royaux dans la plupart des pays africains de l’Ouest, du Centre, et de l’Est. La coopération du Maroc avec les pays africains a revêtu plusieurs formes: assistance technique, échanges commerciaux et investissements. Elle a concerné également le changement climatique et le volet sécuritaire.

C’est fort du succès de cette coopération que le Roi Mohammed VI s’est adressé au Sommet africain de Kigali en juillet 2016 pour exprimer l’intention du Maroc de regagner l’Union africaine. Déjà à cette date, 28 pays africains ont salué le retour du Maroc et ont «réclamé la suspension des activités de la Rasd» au sein de l’Union africaine. Suite au Sommet de Kigali, une vaste campagne diplomatique marocaine a été déclenchée vis-à-vis de pays africains pour obtenir leur soutien au retour du Maroc à l’Union africaine. 
Les adversaires de notre intégrité territoriale, notamment l’Algérie et l’Afrique du Sud, n’ont eu de cesse de s’opposer au retour du Maroc au sein de l’Union africaine, avec le relais de Dlamini Zuma, présidente de la Commission africaine. C’est ainsi que lors du Sommet de l’Union africaine à Addis Abeba, qui a commencé ses travaux le 30 janvier 2017, ils ont tenté de retarder l’admission du Maroc en invoquant de faux arguments juridiques. La présence du Roi Mohammed VI à Addis Abeba et le travail en coulisses des diplomates marocains ont eu raison de toutes les manœuvres des opposants au Maroc. Il faut souligner également la clairvoyance du nouveau président de l’Union africaine, Alpha Condé, qui a permis de passer au vote. Trente neuf pays africains ont entériné le retour du Maroc, alors qu’il n’en fallait que vingt huit. 

Maintenant que le Maroc est officiellement membre de l’Union africaine, il va pouvoir défendre ses intérêts, et notamment la question du Sahara. La stratégie marocaine au sein de l’Union africaine consistera à obtenir le maximum de soutiens au Plan d’autonomie présenté par le Maroc en 2007 à l’Organisation des Nations unies. Rappelons que ce plan accorde une large autonomie aux provinces sahariennes sous souveraineté marocaine. Le second objectif à moyen et long terme est l’obtention de la suspension ou l’exclusion de la Rasd de l’Union africaine. Pour parvenir à cette décision, le Maroc devra obtenir le soutien des 2/3 des membres de l’Union africaine afin d’apporter une modification aux statuts. Le Maroc pourra aussi grâce à son retour à l’Union africaine développer ses intérêts économiques, et les élargir à d’autres pays africains anglophones. 
En conclusion, le retour du Maroc à l’Union africaine est non seulement une éclatante victoire pour notre pays, mais également pour l’Afrique dans son ensemble. Mais cette victoire n’est pas une fin en soi et n’est qu’un début d’une nouvelle page dans les relations entre le Maroc et son continent naturel.

Approche gagnant-gagnant

L’Union africaine de son côté va bénéficier de la contribution financière du Maroc en tant que cinquième économie de l’Afrique. Le Maroc pourra aussi apporter son expertise tant pour la réforme du fonctionnement de l’Union africaine que pour le développement économique global de l’Afrique. Dans son discours du 31 janvier 2017 au Sommet d’Addis Abeba, le Roi Mohammed VI a rappelé l’importance des relations bilatérales entre le Maroc et l’Afrique. Il a insisté sur la coopération Sud-Sud et réaffirmé la détermination du Maroc à partager son expertise avec tous les pays africains, et leur apporter toute l’aide nécessaire pour leur développement économique et social dans le cadre d’une approche gagnant-gagnant. Le Souverain a achevé son discours en indiquant que le Maroc a choisi la voie de la solidarité, de la paix et de l’union. 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc