Politique

Un colloque pour tacler le radicalisme

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4950 Le 31/01/2017 | Partager
Une initiative de Faouzi Skali pour contrer l’extrémisme
Des experts internationaux conviés du 17 au 19 février à Fès

Original. Fès, un des terreaux de l’extrémisme, abrite du 17 au 19 février prochains, un colloque sur «Les nouveaux territoires de l’identité: la fabrication du radicalisme». Cette première édition est organisée par le Centre international de dialogue et de recherche sur les identités subjectives et sociales (Idriss), présidé par Faouzi Skali et Charles Melman(1).

«L’originalité de ce colloque tient précisément dans cette relation établie entre la question des identités et l’affirmation grandissante des extrémismes, populistes ou religieux», indique Skali, initiateur de l’événement. Pour lui, «la question identitaire occupe le débat public et devient, particulièrement en période électoraliste, un sujet politique majeur qui se prête à de nombreuses surenchères et instrumentalisations». Et cette question traverse différentes cultures, qu’elles soient d’Orient ou d’Occident. Un colloque qui intéresse aussi des institutions qui participeront activement à son élaboration comme l’UEMF, l’Institut français de Fès, la Fondation «trois cultures», l’Association lacanienne internationale (ALI), et l’Ecole pratique des hautes études en psychologies (EPhEP).

Trois jours durant, des experts marocains et étrangers débattront de l’identité, ce socle commun, sans cesse menacé de fracture par des formes exacerbées et antagonistes d’idéologies identitaires. Nombre de personnalités ont confirmé leur participation à cette rencontre. Y figurent notamment André Azoulay, Conseiller du Roi, Ahmad Abbadi, secrétaire général de la Ligue mohammadienne des oulamas du Maroc, Assia Alaoui, ambassadrice itinérante du Roi et politologue, Mostapha Bousmina, président de l’Université euro-méditerranéenne de Fès, Bariza Khiari, sénatrice de Paris, et François-Xavier Tillette, consul général de France. «Pour ce colloque, nous avons voulu nous intéresser en particulier aux idéologies identitaires liées au fait religieux et nous avons voulu aussi que cette approche soit transdisciplinaire», explique le président du Centre Idriss.

Et d’ajouter: «la montée des idéologies extrémistes liées aux religions et en l’occurrence à l’Islam ne peut s’analyser d’une façon univoque. Des facteurs politiques (ou géopolitiques), psychologiques, sociologiques, théologiques ou spirituels s’y mêlent d’une façon complexe qu’il nous appartient de rendre intelligible». Il n’y a qu’ainsi que l’on peut déjouer les pièges de ces nouveaux enfermements identitaires et éviter de proposer des solutions tronquées. Le but de cette réflexion est pratique

. Comment pourrait-on comprendre et déconstruire ce phénomène, qui fait partie d’une histoire certes fantasmée mais récente, et participer à «guérir» nos jeunes et nos sociétés d’une tentation d’extrémisme dont les coûts et les conséquences sont incommensurables? Il s’agit là, rien de moins, que de contribuer à la compréhension et la mise en pratique de solutions qui préservent les conditions d’un vivre-ensemble, d’une paix et d’une confiance, sans lesquelles aucune communauté de destins n’est possible. «C’est aussi une façon de mieux comprendre et déconstruire les discours -et donc l’influence- de tous ces hérauts apocalyptiques de guerres tribalistes ou identitaires, idéologues ou populistes, qui font florès aujourd’hui», conclut Skali.

Programme

Le 1er colloque sur les «nouveaux territoires de l’identité» se déroulera au siège de la préfecture Batha. Son programme prévoit des conférences thématiques traitant «Radicalisation et fracture sociale», «théologie et spiritualité musulmanes face à la radicalisation», «religion et politique», «une radicalisation à la portée de tous», «clinique de la radicalisation: comment en sortir?», et «clinique de la radicalisation: comment la contrer? Perspectives cliniques, politiques et spirituelles». Elles seront animées par Mohamed Metalsi, doyen de la faculté euro-méditerranéenne des sciences humaines et sociales de Fès, Marc Darmon, psychiatre, psychanalyste, et président de l’ALI, Courtney Erwin, avocate et islamologue, Anne Cathelineau, ingénieur d’études à l’Université, arabisante, Ahmad Abbadi, théologien, secrétaire général de la Ligue mohammadienne des Oulamas du Maroc, et Driss Fassi Fihri, docteur en théologie et vice président de l’Université Al Qarawiyyîn.

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(1) Charles Melman est un éminent psychiatre et ancien président de l’Association lacanienne de Paris et Faouzi Skali anthropologue et président du Festival de Fès de la culture soufie.

 

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