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Monétique: Comment le CMI compte stimuler le marché

Par Safall FALL | Edition N°:4948 Le 27/01/2017 | Partager
Déjà en moyenne 400 millions de DH de transactions vignette via la plateforme CMI
Contactless, mPOS, mobile money… les projets en préparation
10 millions de cartes n’ont jamais servi, sur un total de 12 millions en circulation
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Le fort rapport au cash et l’importance de l’informel et du noir sont autant de facteurs qui freinent l’élan du paiement électronique
(Ph. L’Economiste)

A quelques jours de la fin de la période prescrite, mavignette.ma et les autres canaux passant par la plateforme du Centre monétique interbancaire (CMI) font le job. Ils totalisent déjà près de 400.000 transactions pour un montant moyen de 1.060 DH. 72% des opérations en ligne se sont faites via la plateforme mavignette.ma du CMI. « On avait compté 2 milliards de DH l’année dernière, tous canaux confondus, mais ce chiffre devrait monter parce que le parc s’est agrandi, les flux ont augmenté et les canaux GAB et le e-banking donnent de bons chiffres», explique Mikael Naciri.

En attendant, l’opérateur tente diversifier ses outils pour accompagner l’évolution poussive de la démonétisation au Maroc et éventuellement se préparer à l’arrivée de nouveaux entrants. Chez les porteurs, 12,8 millions de cartes monétiques sont en circulation, dont 2,1 millions réellement actifs. «Ce qui correspond à 10 millions de cartes qui n’ont pas encore franchi le pas du paiement», déplore le patron du CMI.
Le caractère «cash oriented» de la société de consommation marocaine, couplé à diverses appréhensions liées à la sécurité ou la confidentialité des données bancaires, freinent cet élan. Ce qui est valable pour les usagers l’est aussi pour les commerçants clients de CMI. «Nous avons aujourd’hui un parc de près de 38.500 terminaux de paiement électronique (TPE) sur le terrain, dont 26.000 actifs. Nous récupérons en moyenne 1.500 TPE par an, après six mois d’inactivité et une relance à trois mois, sur les 5.000 affiliés», explique Naciri. Ce qui correspond à un reliquat de 3.500 TPE opérationnels par an. Les commissions appliquées seraient-elles dissuasives? 

38.500 TPE en circulation

«On est beaucoup plus bas que le reste du monde», défend Naciri. En fait, elles varient de  0,25% chez les stations-service, 0,9% pour les commerces de proximité, 0,7% pour la grande distribution, 1,5% chez les officines et le médical et 2,5% pour le prêt-à-porter, la restauration, le luxe… ainsi que tous les business à fortes marges. «Cette baisse des commissions n’a cependant pas eu l’effet escompté sur l’acceptation», nuance le management du CMI.
 Face à ces blocages, le CMI explore de nouvelles pistes, les unes plus accessibles que les autres. C’est le cas du «mPOS», par exemple, une solution d’encaissement qui vise directement la cible des commerçants de proximité. L’outil ne nécessite aucun terminal de paiement et ne requiert, pour le commerçant, qu’un smarphone pour fonctionner. Mais là aussi, ce n’est pas gagné d’avance. «Nous avons noté une résistance chez les porteurs qui veulent absolument recevoir un ticket, qui, d’ailleurs, ne fait pas foi en cas de contestation», poursuit le manager. L’organisme s’apprête aussi à se positionner sur le paiement mobile. Une application est déjà en phase de test.

Le «contactless» (sans contact) prend aussi timidement ses marques. Près de 1.500 transactions ont été  opérées par ce mode de paiement sur ses neuf premiers mois de lancement, avec un parc de 100.000 cartes en circulation actuellement. «Les banques vont en émettre davantage au fur et à mesure», anticipe Naciri.

Maroc Telecommerce chez CMI: Ce qui change...

Alors que le marché accueille un nouvel opérateur, le CMI rehausse ses ambitions suite à l’absorption de Maroc Telecommerce. Cette opération a plusieurs objectifs. Il s’agit d’abord de simplifier la vie aux commerçants. Le cœur de métier de MTC étant le paiement en ligne, les e-commerçants devaient prendre contact avec MTC pour l’intégration technique et avec le CMI pour le traitement de leurs transactions. «Aujourd’hui, ils disposent d’un seul point d’entrée pour traiter l’ensemble de leurs canaux», explique Mikael Naciri. Les commissions ont été fusionnées. L’organisme a aussi procédé à une mutualisation des plateformes technologiques des deux entités dans un but d’optimisation et d’économie d’échelle liées à l’utilisation de l’énergie, de l’espace physique et de stockage de la data. A terme, le CMI compte, du coup, verrouiller son positionnement multi-canal… Et éventuellement le marché.

 

Pour rappel, la monétique en 2016 pèse pour quelque 40 millions de transactions pour 26 milliards de DH (+14%), soit près de 2,5% du PIB. Ce n’est pas satisfaisant sachant que pour être dans les standards des pays équivalents à niveaux de développement et de maturité des infrastructures comparables, on devrait doubler ce chiffre. L’Afrique du Sud est notre marché modèle en la matière. Les cartes domestiques: +24,5% sur le nombre de transactions et 18,5% sur la valeur. Les cartes marocaines ont tiré le marché en 2016. Elles progressent deux fois plus vite. La baisse des arrivées touristiques a pesé sur les cartes étrangères: elles n’ont fait que 8 milliards de DH sur le global.

 

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