International

Alep: Massacre des civils dans l’indifférence

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4916 Le 14/12/2016 | Partager
Les règles humanitaires élémentaires sont piétinées
La victoire militaire du régime ne règlera pas le conflit

Le régime syrien était, hier mardi, sur le point de remporter une victoire en reprenant la totalité d'Alep, la deuxième ville du pays. Mais les ravages des combats préoccupent fortement l'ONU, dont le secrétaire général sortant Ban Ki-moon, s'est alarmé d'informations faisant état «d'atrocités contre un grand nombre de civils».
La reprise totale d'Alep va permettre au régime de Bachar al-Assad de contrôler les cinq plus grandes villes de Syrie, avec Homs, Hama, Damas et Lattaquié. Pour autant, cela ne signifie pas que le conflit est réglé.
Le Comité international de la Croix-rouge (CICR) a appelé toutes les parties à épargner les vies humaines à Alep. Cette forte inquiétude est partagée par Ban Ki-moon. «Les Nations unies soulignent l'obligation pour toutes les parties sur le terrain de protéger les civils en se conformant aux règles humanitaires internationales», selon son porte-parole, Stéphane Dujarric. Juste après avoir prêté serment, le prochain patron des Nations unies Antonio Guterres a affirmé que l'ONU devait se réformer en profondeur pour faire face aux crises dont la guerre en Syrie. Les réformes doivent concerner trois domaines: «maintien de la paix, aide au développement durable et gestion». La situation en Syrie sera abordée par les dirigeants européens qui se retrouvent ce jeudi à Bruxelles. Les personnes vivant dans des pays en proie à un conflit pensent que les lois de la guerre étaient importantes. C’est ce qui ressort de l'enquête «Les voix de la guerre» où plus de 17.000 personnes de 16 pays(1) ont été interrogées entre juin et septembre 2016 sur une série de thèmes liés à la guerre (https://www.icrc.org). L’étude a été menée par WIN/Gallup International et ses partenaires dans chacun des pays concernés. Plus de deux tiers des personnes vivant dans ces pays, ainsi que celles vivant en Suisse et dans les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, estiment qu'il est important d'imposer des limites à la manière de conduire les hostilités. Près de la moitié des sondés vivant dans des pays touchés par un conflit armé pensent que les Conventions de Genève permettent de limiter les horreurs de la guerre.
L'étude révèle aussi un certain fatalisme de plus en plus de gens considérant les pertes civiles comme une conséquence inévitable de la guerre. Un décalage entre le positionnement de l'opinion publique et la pratique des États et des groupes armés a été constaté. Ainsi, les violations des lois de la guerre (telles que les attaques contre les civils, les travailleurs humanitaires et les hôpitaux) persistent, alors que les résultats de l'enquête montrent que la majorité de la population sait que ces pratiques sont inacceptables et que les civils comme les personnels de santé et les structures médicales doivent être protégés.

Violation du droit de la guerre

Le fait de priver une personne malade ou blessée de soins médicaux dans une situation de conflit armé est une violation du droit de la guerre. Toutes les parties à un conflit doivent garder à l’esprit que leur comportement, notamment la manière dont elles traitent les civils mais aussi les combattants blessés de l’autre camp, est important et qu’il peut avoir un impact sur la capacité des communautés à se relever une fois le conflit terminé.

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(1)    Les résultats de l’enquête sont ventilés comme suit: les 5 pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, France, Russie, Royaume-Uni et Etats-Unis) et la Suisse. Les pays touchés par un conflit armé: Afghanistan, Colombie, Irak, Israël, Nigéria, Palestine, Soudan du Sud, Syrie, Ukraine et Yémen.

 

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