Dossier Spécial

Le Maroc premier de la classe sur le continent

Par Franck FAGNON | Edition N°:4909 Le 01/12/2016 | Partager
Il décroche la meilleure note avec son B1
1,8 milliard d'euros de nouveaux débouchés à l'export en 2017
L'agroalimentaire, le textile et la chimie vont capter 70% de la demande additionnelle
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La demande additionnelle en provenance de l’Afrique de l’Ouest devrait être multipliée par quatre en un an. Mais il faudra encore du temps pour que la stratégie africaine donne des résultats plus significatifs. En attendant, l’Europe générerait 70% des nouvelles opportunités à l’export en 2017

Trois pays parmi lesquels le Maroc présentent un risque faible en Afrique. Le Royaume est crédité de la meilleure note (B1) dans ce club restreint. «Le Maroc présente plusieurs atouts structurels qui éloignent tout risque à court terme. Le déficit extérieur est résiduel, l’inflation est contenue, les réserves de changes sont largement suffisantes et le déficit public est progressivement ramené dans les clous, d’où la meilleure des notations pour le court terme», justifie Ludovic Subran, économiste en chef d'Euler Hermes. Sur le moyen terme, «le risque n'est pas très élevé mais c’est qualitativement un peu moins bon, notamment à cause de l’environnement des affaires, des délais de paiement ou encore de la résolution des litiges commerciaux», relève Subran. En outre, la faiblesse de la croissance, malgré l'effort d'investissement, constitue une source de risque. Elle n'est pas suffisante pour résorber le chômage notamment des jeunes qui est très élevé. Leur mécontentement pourrait se traduire par des tensions sociales.
En dépit de la diversification économique, la croissance est encore très sensible à la volatilité du PIB agricole. Cela dit, les différents plans sectoriels mis en place ces dernières années commencent à donner les premiers résultats qui devraient s'accélérer les prochaines années. Grâce aux métiers mondiaux, l'export est en train de renforcer sa contribution à la croissance. Cela dit, l'automobile, l'aéronautique, les phosphates sont les principales locomotives. Les exportations de l'OCP sont plus créatrices de valeurs que celles de l'automobile ou encore l'aéronautique. Il faudrait une montée en gamme de l'industrie marocaine dans ces branches particulièrement. Pour l'instant, le mouvement est lent. «Les exportations marocaines sont dynamiques, mais peinent à générer de la valeur», relève Ludovic Subran. Par ailleurs, la réduction de la dépendance des économies européennes est lente. Il faudra patienter encore quelques années pour que la stratégie africaine du Maroc donne des résultats plus solides. En attendant, l'Europe devrait concentrer 70% des nouveaux débouchés  à l'export pour le Maroc en 2017. Euler Hermes évalue les nouvelles opportunités (dans l'ensemble des régions du monde)  à 1,8 milliard d'euros, l'équivalent de 15,3 milliards de DH. Elles seraient 3 fois plus importantes qu'en 2016. A elles seules, l'Espagne et la France pèsent 57% de la demande additionnelle soit plus de 1 milliard d'euros.  L'Afrique du Nord figure en 6e position avec 68 millions d'euros et l'Afrique de l'Ouest en 9e position avec 54 millions d'euros (multiplié par 4). L'année prochaine, l'agroalimentaire, le textile et la chimie principalement vont capter 70% de la demande extérieure additionnelle adressée au Maroc.

                                                                         

La météo se détériore dans les services informatiques

Une année à l’autre, la conjoncture sectorielle ne s’est pas améliorée. Elle s’est même détériorée dans les services informatiques et les produits chimiques. Sur la vingtaine de secteurs passés sous revue par Euler Hermes, le risque est jugé moyen dans treize d’entre eux dont l’énergie, les médicaments, les transports, les pièces de voiture ou encore les équipements ménagers. Dans la construction, le métal et le textile, la situation est plus compliquée. La crise du marché immobilier a exacerbé le risque dans le secteur de la construction. La disparition des entreprises y est importante et les délais de paiement se sont significativement allongés. Dans l’immobilier en particulier, «il faudra surveiller le retournement de prix», avertit l’assureur crédit. Les prix des biens anciens ont augmenté de 1,6% au troisième trimestre 2016 après des baisses les deux périodes précédentes, selon l’indice des prix des actifs immobiliers de Bank Al-Maghrib. A l’image de l’industrie dans le monde, le textile connaît des difficultés. Et la faible innovation accentue le problème au Maroc. Il faut espérer que la concrétisation des projets des écosystèmes textile redonne un nouvel élan au secteur. Ailleurs, notamment dans l’automobile, l’agriculture et la vente au détail, la météo est dégagée. Le risque est jugé faible dans ces secteurs.

 

 

 

 

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