Dossier Spécial

L’Amérique redevient l’épicentre de la croissance

Par Franck FAGNON | Edition N°:4909 Le 01/12/2016 | Partager
L’assureur crédit Euler Hermes prévoit 2,8% en 2017 sur le plan mondial[scald=9232:sdl_editor_representation]
+2,1% aux Etats-Unis; le Brésil et la Russie sortiraient de récession
amerique_croissances_009.jpg

La sortie de récession du Brésil et de la Russie va renforcer à hauteur de 60% la contribution des pays émergents à la croissance mondiale. Dans les économies développées, la politique budgétaire de la future administration Trump devrait stimuler l’investissement et la consommation aux Etats-Unis qui verraient leur PIB augmenter de 2,1% contre 1,5% en 2016. L’activité resterait stable en Europe

Passée la «surprise» de l’élection de Donald Trump à la présidentielle américaine, l’arrivée du républicain à la tête de la première économie du monde semble plutôt favorable à la croissance mondiale. Les premières projections pour 2017 laissent entrevoir un regain de l’activité sous l’impulsion américaine. La croissance mondiale s’établirait à 2,8% contre 2,4% en 2016, anticipe Euler Hermes. L’assureur crédit présente en avant-première ce jeudi 1er décembre, à Casablanca, ses perspectives économiques mondiales. Partenaire de l’événement, L’Economiste livre à ses lecteurs les détails de ces prévisions.
L’activité progresserait de 2,1% aux Etats-Unis. L’OCDE, qui a dévoilé ses prévisions lundi dernier, est un peu plus optimiste puisqu’elle prévoit une hausse de 2,3% du PIB américain et une amélioration de 3,3% de l’économie mondiale.
La relance américaine sera principalement alimentée par la politique budgétaire prévue par la future administration Trump. Elle prévoit 1.000 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures et autant de réduction d’impôts sur 10 ans. Ce qui stimulerait l’investissement et la consommation. Le regain de la demande aux Etats-Unis va recréer de l’inflation et créer les conditions d’une remontée des taux de la Réserve fédérale. Les marchés anticipent une première hausse des taux en décembre et plusieurs manipulations en 2017.
La reprise de l’économie US profitera à ses voisins et aux autres régions du monde ne serait-ce qu’à travers l’augmentation de la demande américaine. Ceci devrait aussi contribuer à stimuler le commerce mondial qui sort de deux années très difficiles. Bien qu’inférieure à la moyenne d’avant la crise, la croissance du commerce mondial serait de 5,7% en 2017, bien plus dynamique que les quatre années précédentes.
En dehors du rôle de locomotive que reprend les Etats-Unis, la Chine, elle, voit sa croissance continuer à faiblir, quoiqu’à un rythme moins important que les dernières années. En pleine mutation, la Chine croîtrait de 6,4% en 2017. Le gouvernement chinois s’appuie à la fois sur une politique monétaire prudemment conciliante et le levier des dépenses (Etat et entreprises publiques) pour soutenir l’activité. L’Inde, l’autre géant asiatique, va voir sa croissance accélérer à 7,5% (+0,2 point). Au-delà de la robustesse de l’activité en Inde, la

amerique_croissances_2_009.jpg

La reprise de la demande aux Etats-Unis et l’amélioration de la conjoncture au Brésil et en Russie devraient stimuler le commerce mondial. Bien qu’inférieure à la moyenne d’avant la crise, la croissance du commerce mondial en 2017 serait bien plus dynamique que les quatre années précédentes

bonne nouvelle pour le groupe des émergents provient du Brésil et de la Russie qui retrouveraient le chemin de la croissance après trois années très difficiles. Avec la sortie de récession de ces pays, la contribution des économies émergentes à la croissance mondiale va se renforcer de 3 points à 60%.    
En Europe, les nouvelles ne sont pas très excitantes, en même temps, la situation ne se dégrade pas, excepté au Royaume-Uni pour qui la croissance devrait diminuer de 1,3 point par rapport à 2016 à 0,7% en 2017. Dans la zone euro, principal partenaire économique du Maroc, la croissance se limitera à 1,6%, au même niveau qu’en 2016, avec des situations variées selon les pays. De toutes petites améliorations sont prévues en France, en Italie et en Hollande. En revanche, le rythme devrait légèrement baisser (-0,1 point) en Allemagne et diminuer de 0,8 point en Espagne. Malgré l’impulsion de la Banque centrale européenne (BCE), les effets sur la croissance sont pour l’instant plus que limités. Mario Draghi, président de la BCE, réclame des réformes dans les pays de la zone pour relancer l’investissement et in fine la croissance. Par ailleurs, le Brexit, dont toutes les conséquences ne sont pas encore appréhendées, pourrait retarder la reprise européenne.
La conjoncture dans les autres régions du monde va donner lieu à une accélération de la croissance en Afrique à 2,2% contre 1,3% en 2016. Toutefois ce rythme est loin des niveaux enregistrés sur la dernière décennie. La baisse des prix des matières premières et la faible diversification de nombre d’économies africaines pèsent sur la croissance. Le rebond de l’économie mondiale ne profitera pas à tout le monde. Les défaillances d’entreprises vont augmenter de 2% après 1% en 2016 selon les prévisions d’Euler Hermes. Le sinistre va toucher la plupart des économies, surtout les marchés émergents et paradoxalement les Etats-Unis.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc