Tribune

Pour un commerce plus diversifié et inclusif

Par Arancha GONZALEZZahra MAAFIRI | Edition N°:4905 Le 25/11/2016 | Partager
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La situation économique du Maroc fait beaucoup d’envieux: des taux de croissance solides, une réduction constante de la pauvreté ainsi qu’une intégration continue dans l’économie mondiale. Des réformes efficaces ont favorisé l’entrepreneuriat. Le pays est une destination attractive pour les investisseurs étrangers, et ses entreprises poursuivent leur expansion à l’échelle internationale, principalement en Afrique. Et pourtant, de nombreux enjeux persistent: le chômage reste obstinément élevé, essentiellement parmi la jeunesse urbaine. Comme dans beaucoup de régions du monde, les inégalités de revenus et d’opportunités se creusent.
Le commerce peut aider le Maroc à stimuler sa croissance en tirant parti d’un potentiel d’exportation inexploité. La participation des petites et moyennes entreprises au commerce sera déterminante pour traduire l’accroissement des exportations en une progression généralisée de l’emploi et des revenus. Ces entreprises représentent déjà la moitié des emplois du Royaume, et emploient la plupart des jeunes et des femmes. Si plus de PME peuvent se connecter aux chaînes de valeur internationales, cela générera davantage d’emplois – mieux rémunérés – dont les bénéfices seraient mieux répartis sur l’ensemble de la société.
Un commerce plus diversifié et plus inclusif est à l’agenda de la Conférence mondiale des organisations de promotion du commerce et de l’investissement qui se tient à Marrakech cette semaine. Coorganisée par le Centre du commerce international (ITC) et Maroc Export,  l’édition 2016 offre une plateforme idéale pour explorer comment optimiser le commerce au bénéfice de tous. Servant de pont entre les entreprises et le gouvernement, les agences de promotion du commerce et de l’investissement peuvent aider les décideurs à identifier les nouveaux secteurs que les entreprises tenteront de pénétrer. Elles peuvent également accompagner les entreprises dans la conquête des nouveaux marchés.
Chaque dollar investi dans les institutions d’appui au commerce génère près de 100 dollars en exportations et près de 400 en produit intérieur brut.  Le réseautage, le partage des bonnes pratiques et l’identification des opportunités commerciales, en particulier pour les PME, seront donc à l’ordre du jour.  
L’édition 2016 du rapport Perspective de la compétitivité des PME du CCI fait référence aux types de réformes ciblées pouvant rendre les PME marocaines plus compétitives sur les marchés internationaux, et en particulier sur leur capacité à se conformer aux normes et standards internationaux. Les normes et standards – publics ou privés – assurent la qualité, durabilité, sécurité des produits et services. Elles permettent de protéger le consommateur, le travailleur et la planète. Ils sont donc devenus incontournables pour permettre aux entreprises de s’insérer dans des chaînes de valeur.
Toutefois, le fardeau réglementaire associé aux normes et réglementations peut impliquer des coûts substantiels, lourds à porter pour les PME des pays en développement. Etre certifié pour une simple norme peut parfois coûter des milliers de dollars à une société. Une hausse de 10% du poids des procédures normatives et réglementaires  réduit la valeur des exportations d’1,6% pour les grandes entreprises, et de 3,2%, autrement dit, deux fois plus  pour les petites entreprises.

L’atout de la conformité aux normes

Les gouvernements, en collaboration avec les institutions d’appui au commerce et à l’investissement, peuvent et devraient aider les PME à répondre aux normes existantes. Ils pourraient, par exemple, faciliter l’accès des entreprises aux informations sur les normes ainsi qu’à la technologie requise pour mettre en œuvre leurs exigences. Ils pourraient, par ailleurs, investir dans les infrastructures techniques qui diminueraient les coûts associés à l’évaluation de la conformité et à la certification.
Lorsque les sociétés seront en mesure de se conformer aux normes reconnues mondialement, les portes de plusieurs marchés étrangers s’ouvriront en même temps. Cela va contribuer à développer leur marque, tout en optimisant la crédibilité de leur marché. Au Maroc, cependant, seuls 6% des petites sociétés détiennent des certificats de qualité reconnus à l’échelle internationale, contre 50% des grandes entreprises.
Pour réduire l’écart de compétitivité, les directeurs des PME marocaines devront tirer parti des perspectives inhérentes aux normes et réglementations. Parallèlement, les décideurs et les institutions d’appui au commerce et à l’investissement pourront comprendre et réduire le poids que ces mesures imposent aux PME. En renforçant les capacités commerciales des PME, le retour sur de tels investissements consisterait en un phénomène insaisissable et très prisé: la croissance inclusive. Voilà le menu pour la rencontre mondiale des organisations de promotion du commerce et de l’investissement à Marrakech cette semaine.

 

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