Entreprises

LafargeHolcim : Le champion national se déploie en Afrique

Par Ali ABJIOU | Edition N°:4905 Le 25/11/2016 | Partager
Déjà 4 participations au Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire et Guinée
Prospection en Afrique subsaharienne, marché aux besoins énormes d’infrastructure et logement
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Pour Marcel Cobuz, directeur général de Lafarge, la fusion entre les deux cimentiers a permis la naissance d’un champion national, 3e capialisation de la Bourse de Casablanca (Ph. Adam)

- L’Economiste: Lafarge et Holcim viennent de finaliser leur fusion. Quels ont été les objectifs au niveau du Maroc?  
- Marcel Cobuz:
La fusion au Maroc répond aux besoins exprimés par les actionnaires de fusionner les deux sociétés Lafarge ciments et Holcim Maroc en créant la 3e capitalisation boursière de Casablanca avec plus de 5,3 milliards de DH. Nous avons mis en place un champion national qui accompagne le développement du pays et qui représente un réservoir de bonnes pratiques pour le secteur des matériaux de construction et pour l’Afrique.
 - Comment se concrétisera cette fusion sur le terrain?  
- Cette fusion ouvre des opportunités pour innover notre business modèle, avec un pari sur trois voies de développement. D’abord apporter une réponse à la professionnalisation croissante du secteur de la construction en nous axant sur le «retail» de matériaux de construction. Nous avons aujourd’hui plus de 300 points de vente, Mawadis et Batipro (issus de la fusion des réseaux des deux entités précédentes). Et nous venons de lancer une centrale d’achat en référençant plus de 300 autres matériaux de construction de «second œuvre» ce qui va offrir une palette plus large pour nos clients. Ensuite, cap sur un business modèle beaucoup plus vert. Avec nos trois plateformes à El Gara, Bouskoura et Tanger, nous pouvons déjà traiter plus de 100.000 tonnes de déchets industriels qui sont utilisés comme alternative à l’importation de combustible fossile. Toujours dans la même veine, l’énergie éolienne alimente déjà notre usine de Tétouan à 90%. Dans deux ans, nous prévoyons alimenter à 70% en énergie éolienne les unités LafargeHolcim.
Le troisième pari de LH Maroc est de tirer le secteur vers le haut dans le développement durable et la santé sécurité, notamment sur la route, car nous faisons plus de 40 millions de km avec nos camions. Et aussi en termes de bonnes pratiques sur l’excellence industrielle et l’excellence transactionnelle.
 - Et l’Afrique? Quelle envergure sur le continent après cette fusion?  
- Le groupe LafargeHolcim et le fonds panafricain d’investissement SNI ont décidé de former un partenariat LH Afrique pour prendre des positions sur les différents secteurs de ciment dans une dizaine de pays. Depuis son annonce au premier semestre de cette année, le joint-venture a déjà pris quatre participations au Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire et Guinée. Le groupe a aussi lancé bon nombre de travaux de prospection en Afrique subsaharienne, marché très intéressant avec des besoins d’infrastructure et de logement énormes. Nous y sommes d’ailleurs déjà présents via nos exportations de clinker avec plus d’un million de tonnes/an. Le fait d’avoir un périmètre industriel fort au Maroc, qui est un véritable centre d’excellence et d’expertise avec des compétences éprouvées, en fait une base solide pour accueillir à des jeunes diplômés pour se former au Maroc mais aussi pour expatrier des talents marocains afin de s’épanouir dans ces pays.
Propos recueillis par Ali ABJIOU

 

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