Economie

Le «poison blanc» subventionné à 3,4 milliards de DH!

Par Jihad RIZK | Edition N°:4887 Le 31/10/2016 | Partager
Le montant consacré par l’Etat au soutien du prix du sucre
Chaque Marocain consomme en moyenne 34 kg par an
Décrié pour son rôle dans le diabète, le sucre se retrouve au banc des accusés

Le 14 novembre a été décrété journée mondiale du diabète par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Avec 415 millions de personnes atteintes dans le monde, cette pathologie chronique est un véritable problème de santé publique. Au Maroc, les estimations les plus fiables établissent la prévalence du diabète à 7,7% de la population en 2015, soit près de 2,5 millions de personnes dont 690.000 qui s’ignorent (non diagnostiquées).
Le diabète résulte d’un trouble de l’assimilation de l’utilisation et du stockage des glucides. Il se traduit par un excès de sucre dans le sang appelé hyperglycémie. Un diabète est avéré lorsque la glycémie à jeun est supérieure ou égale à 1,26 g/l, à deux reprises ou égale ou supérieure à 2 g/l à n’importe quel moment de la journée. Pourtant le sucre qualifié aussi de «poison blanc» par les milieux médicaux, continue d’être généreusement subventionné par les pouvoirs publics au Maroc. En 2015, l’Etat a déboursé 3,4 milliards de dirhams pour soutenir le prix du sucre blanc. Au même moment, partout en Europe, les autorités sanitaires et les organismes d’assurance maladie multiplient des campagnes de sensibilisation et de mise en garde sur les dégâts du «poison blanc» sur la santé. Plusieurs pays, encouragés d’ailleurs par l’OMS, ont institué une taxe spéciale sur les sodas afin de décourager la consommation du sucre accusé d’être à l’origine de l’obésité chez les jeunes, ce qui les expose aux maladies chroniques. A l’exception de la mesure ciblant les industries agroalimentaires, aucun gouvernement n’a osé s’attaquer à la décompensation du sucre malgré la prévalence du diabète et son coût financier sur les organismes d’assurance maladie. Le tout, au nom des équilibres sociaux dans le monde rural. En moyenne, chaque Marocain consomme l’équivalent de 34 kg de sucre blanc par an, considéré comme l’un des records mondiaux! Le «poison blanc» est présent partout: dans l’alimentation, les boissons (thé, café, sodas, etc), les pâtisseries, etc. Conjugué à la sédentarité, le sucre omniprésent dans les habitudes alimentaires de la population est à l’origine de l’expansion du diabète. Cela explique d’ailleurs que le Maroc soit l’un des pays prioritaires de grands laboratoires pharmaceutiques qui produisent de l’insuline.

Le  diabète se porte bien, pas les diabétiques

Le diabète de type 1 est celui que l’on appelle insulino-dépendant. Il survient brutalement lorsque le pancréas ne fabrique plus suffisamment d’insuline. Sa manifestation soudaine, chez les populations souvent jeunes, se traduit par des crises symptomatiques: soif intense, urines abondantes et fréquentes, amaigrissement rapide, etc. Le diabète de type 2 est la forme la plus répandue. Il touche plus de 90% des patients. Le diabète de type 2 résulte de la mauvaise utilisation de l’insuline par les cellules de l’organisme. Il apparaît généralement chez des personnes âgées de plus de quarante ans. Il n’existe pas une cause précise mais un ensemble de facteurs: génétique (l’antécédent familial est tout à fait prépondérant), facteurs environnementaux (alimentation déséquilibrée, manque d’activité physique). Sournois et indolore, le diabète de type 2 est une maladie évolutive qui peut passer longtemps inaperçue. Selon certaines estimations, il s’écoule, en moyenne, 5 à 10 ans entre l’apparition des premières hyperglycémies et le diagnostic. C’est celui qui se développe à une vitesse vertigineuse au Maroc. Si l’hygiène de vie est en cause, le poison blanc y est pour beaucoup.

 

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