Evénement

Assurance climatique: La Mamda duplique son expérience en Afrique

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4896 Le 11/11/2016 | Partager
La multirisque climatique céréaliculture et légumineuse en PPP en 2011
Le produit a permis de doubler en 5 ans le taux de pénétration de l’assurance agricole
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Suivant la zone où se situe la parcelle assurée, la superficie et la nature de récolte assurée, les montants varient. Un agriculteur en zone Bour favorable ayant souscrit sa parcelle de 3 hectares de blé tendre au niveau de garantie de 1.450 DH/ha, se retrouve par exemple avec un capital assuré de 4.350 DH pour une cotisation de 78 DH

 

Le Maroc compte 1,5 million d’agriculteurs. Le secteur agricole représente 40% des emplois. Évident alors que ses performances s’inscrivent dans les priorités du pays. D’autant que les risques climatiques continuent de s’aggraver impactant sévèrement le monde rural. Réduire la vulnérabilité des agriculteurs est donc l’objectif. Face aux sécheresses que connaît le pays, le ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime et la Mutuelle agricole marocaine d’assurances (Mamda) ont instauré en 1994 un système de garantie pour protéger la production céréalière, qui représente + de 40% d’exposition toutes filières confondues et 70% de la surface agricole utile. Mais après plus d’une décennie de recul, il a été constaté que les principaux souscripteurs à ce programme étaient des grands agriculteurs et que seuls 100.000 ha en moyenne par an ont été garantis sur un objectif de 300.000 ha. La garantie de l’Etat contre la sécheresse a donc cédé la place à de véritables produits d’assurances, comme la «multirisque climatique céréaliculture et légumineuse» en 2011 dont l'objectif était de couvrir 1.000.000 ha quatre ans plus tard. Ce produit d’assurance a été un succès puisque, dès la première année, la couverture s’est étendue à 326.000 ha pour 19.000 agriculteurs. La campagne 2015-2016 ayant abouti à 1.078.000 ha couverts pour 52.000 agriculteurs. Une stratégie qui a permis de doubler le taux de pénétration de l’assurance agricole au Maroc en l’espace de 5 ans. Afin de développer au mieux ses produits, la Mamda a mis en place le système d’information Géosys par imagerie satellite, qui offre une vision globale du territoire marocain avec gestion automatisée des indemnisations. Du côté de la souscription, la connexion à distance permet de toucher les régions les plus reculées.
L’assurance climatique étant un gros consommateur de réassurance, le modèle de couverture des risques agricoles marocains a été dupliqué par le biais de l’entité Mamda, créée en 2015, pour développer une assurance climatique spécifique aux cultures et risques de plusieurs pays africains. Car ici aussi, le secteur constitue la principale activité dans la plupart des pays et le principal employeur des populations (jusqu’à 60%). L’expérience ivoirienne étant déjà sur les rails, des conventions de coopération pour la mise en place et le développement de l’assurance agricole ont été signées en octobre dernier avec le Rwanda et la Tanzanie.

 

 

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