Evénement

Le stress «Trump» gagne le Sommet de Marrakech!

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4895 Le 10/11/2016 | Partager
La société civile monte au créneau et s’alarme
L’élection du nouveau président américain risque de peser sur l’accord de Paris
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Au lendemain de l’élection de Trump, en pleurs, les jeunes de la coalition américaine Sustain US ont organisé un sit-in de protestation en pleine zone bleue pour exprimer leurs inquiétudes face à une justice climatique menacée (Ph. Bziouat)

Gueule de bois généralisée pour les militants du climat.  Au troisième jour du Sommet de Marrakech,  l’élection de Donald Trump a largement occupé les esprits. A tel point qu’à chaque conférence de presse, la même question revenait sur toutes les lèvres: Qu’adviendra-t-il des engagements de Paris qui viennent d’entrer en vigueur grâce notamment à l’impulsion américaine sous le règne d’Obama? Les Nations unies, les responsables politiques marocains et français restent plutôt positifs. «On ne revient pas sur des accords ratifiés même si on s’appelle Donald Trump», tentent-ils de rassurer. Les prochains jours nous le diront. Dans la zone bleue,  les ONG, elles, s’inquiètent. La coalition américaine Sustain US a organisé un sit-in de protestation. Ses membres  de divers horizons (américains, canadiens, mexicains, new-zélandais et vietnamiens) ont pris la parole pour exprimer leurs inquiétudes face à une justice climatique du coup sévèrement menacée. Car avec un tel sceptique sur la question environnementale à la tête de l’une des puissances économiques du monde, les engagements américains sur les financements, les mesures de limitation du réchauffement climatique ou la question des énergies fossiles risquent d’être fortement compromis. «Il va falloir se mobiliser pour réaliser concrètement ce qui a été conclu à Paris», insiste de son côté  Driss El Yazami, président du pôle  Société civile au sein du comité de pilotage de la COP22. «La société civile doit poursuivre son travail et continuer de faire le plaidoyer pour la mise en œuvre des actions», ajoute-t-il. En effet, contenir le réchauffement planétaire à 2 °C implique de réduire de 40 à 70% les émissions de GES d’ici à 2050, et de les faire disparaître en 2100. La société civile a-t-elle vraiment son mot à dire?                         El Yazami en est convaincu. Selon lui,  l’accord de Paris a démontré  que les ONG peuvent influencer les démarches et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a développé une capacité d’interaction avec les négociateurs. Malheureusement, sur le front de l’environnement, la société africaine est très peu impliquée.  Sur les 33.000 organisations non gouvernementales accréditées à la COP22, à peine neuf réseaux africains sont accrédités, bien mieux que l’an dernier à Paris où deux réseaux du continent étaient présents. Parmi les nouveaux venus, le patronat marocain qui a obtenu le statut d'observateur pour l'ensemble des COP à venir. Pourtant, ce sont bien les populations africaines qui attendent des actions et la facilitation de l’accès aux financements prévus par l’accord de Paris. Ce sont les pays africains qui subissent de plein fouet  les dégâts occasionnés par le changement climatique. Enfin, ce sont les pays africains qui connaissent encore des insuffisances en matière d’infrastructures. El Yazami précise que pour la première fois dans une COP, un bilan sera dressé, à la fin du Sommet de Marrakech, en incluant la société civile. Dans tous les cas, s’il n’y a pas de doute sur la responsabilité humaine vis-à-vis du réchauffement de la planète, la responsabilité des gouvernements n’est plus à prouver notamment celles des Etats-Unis et de la Chine qui produisent à eux deux plus de 40% des émissions de gaz à effet de serre.

 

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