Evénement

Pollution de l’air: Un petit village disparaît tous les ans!

Par Franck FAGNON | Edition N°:4895 Le 10/11/2016 | Partager
6.000 morts recensés par l’Institut de métrologie et d’évaluation de la santé
Casablanca concentre la moitié des pertes
Le coût sanitaire de la mauvaise qualité de l’air s’élève à 9,7 milliards de DH
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Le coût sanitaire de la pollution atmosphérique est évalué à 7,3 milliards de DH et 2,4 milliards de DH pour la pollution de l’air intérieur. Et encore, ces chiffres sont sous-estimés, prévient la Banque mondiale

Casablanca, Marrakech, Tanger... Loin des clichés touristiques, ce sont des endroits dangereux pour la santé parce que l’air y est nuisible. La pollution de l’air extérieur était à l’origine de 2.200 décès en 2014 dont pratiquement la moitié à Casablanca, révèle le rapport de la Banque mondiale sur le coût de la dégradation de l’environnement. Et encore, ces chiffres sont loin de la réalité puisque l’analyse de la Banque mondiale porte sur huit villes seulement. L’Institut de métrologie et d’évaluation de la santé, lui, estime les pertes humaines à 6.000 sur l’ensemble du pays. Leur impact économique ainsi que la morbidité due à la pollution atmosphérique sont évalués à 7,3 milliards de DH.
Le développement économique a des conséquences sur la nature puisqu’il s’est accompagné d’une hausse rapide des émissions de polluants. Il y a une prise de conscience plus forte qui se traduit notamment au niveau de la stratégie énergétique nationale. Cependant, au niveau des entreprises, il y a encore un effort considérable de sensibilisation et de formation à mener pour pousser les opérateurs à adopter des technologies et des procédés moins dommageables à  l’environnement. L’absence d’une réglementation contraignante et les décalages des politiques publiques – subvention du gaz butane – constituent des obstacles au changement. Les industries sont les premières à se retrouver sur le banc des accusés en termes de pollution.
Reste que la situation n’est guère reluisante dans le secteur du transport. Il n’y a qu’à regarder le parc auto des sociétés de transport en commun par exemple pour s’en rendre compte. Les grands et les petits taxis sont également de gros pollueurs, sans citer un nombre important de véhicules particuliers qui représentent de véritables dangers pour la santé. Le parc des grands taxis est estimé à 45.000 et celui des petits taxis à un peu moins de 8.500 rien qu’à Casablanca. L’effet du dispositif de prime à la casse mise en place pour pousser au renouvellement du parc n’est pas encore visible.
Pour les populations, la menace ne vient pas que de la pollution atmosphérique. L’usage domestique de combustibles pour la cuisson ou encore le chauffage, surtout en milieu rural, est extrêmement nocif. Au moins 18% des ménages ruraux ont utilisé du bois pour la cuisson en 2014. Cela expose 2,4 millions de personnes à une mauvaise qualité de l’air. Les enfants de moins de 5 ans et les personnes âgées y sont les plus vulnérables. La pollution intérieure de l’air était responsable de près de 1.350 décès en 2014 pour un coût estimé à 2,2 milliards de DH. La majorité des décès sont causés par une cardiopathie ischémique, un accident vasculaire cérébral ou des infections aiguës des voies respiratoires inférieures.
Avec un impact global de 9,7 milliards de DH, la pollution de l’air contribue à hauteur de 29% au coût global de la dégradation de l’environnement. Mais attention, le coût sanitaire de la mauvaise qualité de l’air est sous-estimé, préviennent les rédacteurs du rapport.

Les industriels sur le banc des accusés

11,7 milliards de DH! La facture de la dégradation des ressources en eau est la plus lourde pour le Maroc. Elle équivaut à 1,26% du PIB. La surexploitation des eaux souterraines et le déversement des eaux domestiques et industrielles posent des problèmes majeurs. Le premier a un impact économique de 3,8 milliards de DH. Le rapport de la Banque mondiale épingle particulièrement les industriels. Les eaux usées qu’ils déversent dans la nature coûtent 3,3 milliards de DH aux contribuables. Tous les industriels ne sont pas à blâmer. L’OCP a investi 4 milliards de DH dans le recyclage des eaux usées et le dessalement de l’eau de mer. Comme la pollution de l’air, les problèmes d’approvisionnement en eau potable, d’assainissement et d’hygiène sont sources de nombreuses maladies, à commencer par la diarrhée. Le coût sanitaire global s’élève à 3 milliards de DH dont 2,6 milliards de DH pour les maladies diarrhéiques et 469 millions de DH  portent sur la malnutrition des enfants.

 

 

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