Evénement

Réduction des GES: Comment l’Etat va faire passer la pilule au privé

Par Safall FALL | Edition N°:4894 Le 09/11/2016 | Partager
La CGEM est engagée, mais ne veut pas entendre parler de taxes parafiscales
42% d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030
rduction_ges_094.jpg

En matière de réduction des émissions, on le sait, le Maroc a d’importantes ambitions: baisser de 42% ses rejets de Gaz à effet de serre (GES) à l’horizon 2030. Hakima El Haite, la voix du Maroc pour le climat et actuelle ministre de l’environnement du Maroc, a réitéré cet objectif ce matin à Marrakech. La responsable co-dirigeait le lancement d’une initiative mondiale visant la mise en œuvre des Contributions déterminées aux niveaux nationaux (CDN). Au Maroc, pour atteindre ces objectifs, l’Etat compte embarquer tous les secteurs d’activité dans ce projet. La contrainte pèsera en effet davantage sur les secteurs de la production électrique, des déchets et de l’agriculture. Mais encore faut-il que le privé puisse y trouver son compte. Parce que produire propre implique des changements relativement majeurs dans les process industriels et donc, de l’investissement. «Il y a une double façon d’approcher les incitations: soit vous êtes dans la logique d’un coût du carbone direct, et on parle dans ce cas d’un prix

ges_elhaite_094.jpg

Sur les 42% d’émissions de GES à éliminer d’ici 2030, un objectif conditionnel de réduction de 25% est visé par le Maroc à certaines conditions, dont notamment l’accès au financement (Ph. Bziouat)

carbone au niveau mondial, soit on est dans une logique implicite de mise en place d’un prix carbone. Et cela a déjà été fait au Maroc», explique El Haite. «La levée des subventions sur les énergies fossiles et l’introduction de l’écotaxe sur le plastique, par exemple, sont dans cette logique», poursuit-elle. La CGEM a pourtant une position bien arrêtée sur cette question. «Nous sommes, sur le principe, contre toutes les taxes parafiscales», a déjà fait savoir Said Mouline, membre du comité de pilotage de la COP22 en charge du partenariat public-privé. Pour le président de la commission économie verte de la CGEM, il est aussi hors de question que l’écotaxe prélevée ne puisse pas servir à financer des filières de recyclage du même secteur. «Nous avons mis en place des coalitions d’acteurs dans le traitement et le recyclage des déchets.  Il nous faudra des financements pour accompagner ces initiatives», a expliqué Mouline. Du côté de l’Etat, l’idée du cercle vertueux semble y trouver écho. «L’idée est de réorienter tous les flux financiers qui sont issus de ce type de mesures vers des technologies bas carbone», déclare El Haite. «Nous avons  par exemple instauré une éco-contribution sur la batterie, pour réinvestir dans la revalorisation de ce produit.

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc