COP22

Bab Ighli: L’exploit d’un village construit en 150 jours!

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4892 Le 07/11/2016 | Partager
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Pour accueillir la 22e Conférence sur le climat, le Maroc a opté pour le site Bab Ighli au cœur de Marrakech où il a fait pousser des milliers de mètres carrés  avec une infrastructure qui jongle entre des tentes événementielles faciles à monter et des éléments de présence architecturale plus forte

150 journées pour sortir tout un village de terre. L’objectif est d’accueillir plusieurs plénières, 700 événements parallèles, 120 expositions...

C’est toute une ville qui est sortie de terre à Bab Ighli, pas loin de la zone hôtelière de l’Agdal à Marrakech. Les travaux ont duré 5 mois. Mais comme pour toute grande conférence, les derniers jours des préparatifs étaient les plus laborieux. C’est durant les dernières semaines que l’on a vissé, cloué, installé les moquettes, des chaises, aménagé les stands dans les halls d’expositions, testé  les bornes du wifi qui promettent d’être très puissantes...  En effet, les deux opérateurs (Maroc Telecom et Méditel) sont de la partie pour une conférence où les 15.000 participants (délégués et personnes accréditées) ont besoin d’être connectés 24h/24.  Forte de ses 25 hectares, l’esplanade de Bab Ighli a été retenue pour recevoir la conférence.  Son emplacement au cœur de Marrakech, sa proximité avec les hôtels en a fait un site privilégié. Et ce sont des milliers de mètres carrés de structures temporaires qui ont poussé sur cette esplanade répartie en deux espaces. Le centre de conférences, le village bleu réservé aux délégués et aux personnes accréditées, géré par l’Organisation des Nations unies (ONU)... Etendu sur  160.000 m2, il  abrite des salles plénières, cœur des négociations, des salles de négociations, une

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 Une grande canopée de 900 mètres de long fédère les espaces et les 2 parvis; celui des officiels et celui des délégataires

salle de presse et des bureaux. Ici, on doit montrer patte blanche pour y accéder et avoir la fameuse accréditation délivrée par  la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). L’enjeu est de taille, car l’accès permet d’assister aux 200 événements parallèles que les Parties et les organisations observatrices organiseront  dans cette zone. Un pavillon Maroc y est aménagé pour mettre l’accent sur différentes thématiques (forêts et risques; agriculture eau et résilience; océans et littoral; transport et innovation; villes et territoires; éducation et patrimoine; genre; finance; énergie). Le second espace (la zone verte de 27.000 m2) offre à la société civile des salles de conférences, un auditorium ainsi qu’un lieu d’expositions pour entreprises. L’espace est réparti en 7 espaces thématiques: université; jeunes; genre; arts et culture; traditions; territoires; régions et y sont  prévus 500 side-events. Il aura donc fallu plus de 5 mois de travail ainsi que quelque 600 ouvriers et techniciens qui ont travaillé d’arrache-pied pour livrer le village aux autorités marocaines à la 3e semaine d’octobre. Côté infrastructures,  l’aménageur a opté pour un équilibre entre des tentes événementielles faciles à monter et des éléments de présence architecturale plus forte comme celle de la grande canopée de 900 mètres de long, qui devrait fédérer les espaces, et les deux parvis, celui des officiels et celui des délégataires qui se termine par les 197 mâts aux couleurs des pays participants. Le premier enjeu étant d’en faire un «outil de travail». Une ville où certains vont vivre 24h/24, prête à accueillir au minimum 15.000 personnes jour et nuit pendant 2 semaines.  Reste à savoir si Marrakech saura rebondir sur cet événement et garder, voire racheter, cette infrastructure ou du moins une partie. D’autant plus que la ville touristique qui dispose d’une offre hôtelière et une capacité litière très importante (plus de 70.000 lits classés) souffre cruellement de l’absence de ce genre d’infrastructures qui lui permettrait d’attirer plus d’événementiel et surtout générer plus de devises.

Logistique gigantesque!

Comme il sait le faire, le Maroc, pays organisateur de la 22e conférence des changements climatiques,  a mis les petits plats dans les grands avec une zone logistique gigantesque:  5 restaurants, plusieurs parkings  (ministres et délégations), infirmeries,  salles de prières et de méditation, commodités aménagées partout dans le village (65  modules de 6 toilettes), un système de navettes  pour le transfert des participants accrédités entre les aéroports de Casablanca et de Marrakech, et les principaux hôtels, ainsi que des voitures électriques mises à disposition par l’alliance Renault/Nissan. En effet, l’ONU a opté pour la seconde fois, après Paris, pour l’utilisation d’une flotte 100% électrique afin d’assurer le service de navettes. L’Alliance Renault-Nissan met à la disposition des participants une flotte de 50 véhicules avec un réseau de plus de 20 bornes de recharge accélérée et standard sur des lieux stratégiques de la COP.

 Transparence...

En plus du retard (voulu peut-être?) des délais de livraison du site, le groupement chargé de l’aménagement  d’espaces du site de Bab Ighli -composé de GL Events (chef de file), Capital Events, Agence Publics, la société informatique Leni et la société Rahal- a diffusé au compte-gouttes les informations liées à  l’état d’avancement des travaux du village et n’a pas été clair sur les causes qui ont induit ce retard. De même,  les changements opérés au sein même du comité d’organisation de la COP22 avec  le départ  d’Abdeslam Bikrate, responsable du pôle logistique du comité ont suscité de nombreuses rumeurs.  Et même si ces incidents peuvent paraître dérisoires au  regard des enjeux majeurs de la COP22, la transparence du fonctionnement général de la COP, tout comme une meilleure communication sur les incidents de parcours, devraient être une évidence dans un événement de cette envergure.

 

 

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