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Ces idées d’ailleurs Les clusters cleantech: Une success story scandinave

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:4892 Le 07/11/2016 | Partager
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La Finlande compte l’un des plus gros clusters Cleantech des pays scandinaves. Il s’agit d’Energy Vaasa. Avec à peine 2% de la population, cette région génère 30% des exportations du secteur. En l’espace de 8 ans (2005-2013), les entreprises du cluster ont triplé leur budget R&D.

Tampere et Vaasa... Deux petites villes considérées comme des hauts lieux des technologies propres en Finlande, voire à l’échelle des pays scandinaves. Leur recette? Les clusters cleantech (technologie propre) et énergie qui regroupent aussi bien des entreprises que des institutions opérant dans la recherche en technologie, services, solutions, innovations et produits destinés à réduire l’impact sur l’environnement. Vaasa, cette ville de l’Ouest de la Finlande, située à 420 km de la capitale Helsinki, n’abrite que 2% de la population (110.000 habitants), mais elle a réussi le pari de s’ériger en «capitale de l’énergie». C’est même devenu une source de fierté pour les populations locales. La ville produit 20% de son chauffage en hiver et 100% de sa climatisation en été à partir des déchets.
La région compte en effet l’un des plus gros clusters dans les pays nordiques. Avec plus de 140 entreprises, un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros, 11.000 employés… Baptisé «Energy Vaasa», ce cluster contribue à hauteur de  30% du total des exportations de la Finlande en matière de cleantech.
Energy Vaasa exporte ses produits et solutions aux quatre coins du monde.

En l’espace de 8 ans, (2005-2013), les entreprises du cluster ont pratiquement triplé leurs budgets R&D et doublé les effectifs dédiés à la recherche. Pas moins de 13.000 étudiants planchent aujourd’hui sur les technologies propres et l’énergie dans la région. Wärtsilä, l’une des entreprises leaders de ce cluster, opère essentiellement dans les solutions énergie et services. En 2015, ses ventes nettes ont totalisé 5 milliards d’euros. L’entreprise exerce ses activités dans plus de 200 sites, emploie près de 19.000 salariés dans plus de 70 pays à travers le monde, dont le Maroc. Wärtsilä a été notamment impliquée dans le projet  de réalisation de centrales électriques de l’ONEE à Tan-Tan et Dakhla.   
Moins imposant que son homologue de Vaasa, le cluster cleantech de la région de Tampere n’en est pas moins intéressant. En cours de constitution, il englobe, pour l’heure, une quarantaine d’entreprises qui emploient 550 salariés et génèrent un chiffre d’affaires de 700 millions d’euros. Les secteurs représentés vont de l’énergie aux process industriels en passant par la gestion des déchets, de l’eau… 

Il s’agit aussi d’un microcosme qui favorise la recherche et l’innovation. D’autant plus que la région compte sur le gisement des étudiants et chercheurs de son université (Tampere University of Technology, TUT). Avec son campus qui s’étend sur 30 hectares, la TUT accueille près de 8.300 étudiants dont 1.700 d’origine étrangère (en provenance de 60 pays). Plus des deux tiers des masters sont préparés à la demande de l’industrie, en coopération avec plus de 800 entreprises. Au Maroc, l’on en est encore aux prémices d’une industrie autour des technologies propres. L’unique cluster, lancé par Masen en 2015, vise à développer une industrie locale dans l’énergie solaire. Il s’agit d’un premier pas vers l’intégration, mais beaucoup reste à faire … probablement en s’inspirant de l’expérience finlandaise. 
 

Rien ne se perd...

L’expérience de Westenergy, une usine de gestion d’ordures ménagères, située non loin de la ville de Vaasa, est édifiante. Opérationnelle depuis 2012, l’entreprise à but non lucratif est le fruit d’un montage financier original.  En effet, pour atteindre une taille critique et réduire les coûts, 5 municipalités participent à son capital. Elle a nécessité un investissement de 135 millions d’euros. Aujourd’hui, Westenergy incinère les déchets de 400.000 habitants (soit l’équivalent de 185.000 tonnes /an). L’usine, qui ouvre ses portes au public, reçoit chaque année un millier de visiteurs. Objectif: sensibiliser les habitants aux questions environnementales. Des incitations fiscales sont également offertes par les municipalités afin de pousser les citoyens à effectuer le tri à la source. Les déchets arrivent donc à l’incinérateur pratiquement triés. Ce qui réduit le besoin d’une main d’œuvre onéreuse. Résultat: l’usine tourne avec une trentaine d’employés à peine. 
La production électrique de l’usine suffit à couvrir les besoins de 7.000 foyers (80 GWH/a) et un tiers des besoins pour l’éclairage public (280 GWH/a). Quant aux résidus et cendres qui restent (30.000 tonnes/an environ), ils sont réutilisés notamment pour les besoins du secteur BTP/construction.

 

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Un quart de l’énergie provient du bois

Bien que la Finlande regorge de ressources naturelles (forêts, lacs, minerais…), le pétrole et le gaz nécessaires pour faire face à des baisses de températures extrêmes (jusqu’à -40 degrés) font défaut. La Finlande est aussi l’un des pays les plus boisés avec plus de 70% de sa superficie couverte de forêts. Pour réduire sa dépendance vis-à-vis du gaz russe, le pays n’avait d’autres choix que de développer des sources alternatives d’énergie (bois, déchets…). Aujourd’hui, la Finlande est l’un des leaders en matière d’efficacité énergétique. Environ 2.000 entreprises travaillent dans le secteur cleantech, qui emploie plus de 50.000 employés et génère un chiffre d’affaires annuel de plus de 26,4 millions d’euros. Pionnière dans le domaine de la bioénergie, la Finlande exporte aujourd’hui son savoir-faire en matière de gestion forestière. Le secteur forestier contribue, à lui seul à un tiers des recettes d’exportation brutes du pays. Avec environ 0,5% des forêts mondiales, la Finlande assure 15% des exportations mondiales de papier et de carton.
L’Est de la Finlande, première région d’Europe pour l’utilisation du bois comme source d’énergie durable, suscite un intérêt croissant chez les promoteurs de l’énergie verte, un peu partout dans le monde. Un quart de l’énergie en Finlande provient du bois. Dans la région de Tampere, l’usine «Tampereen sahkolaitos» produit et distribue le chauffage urbain pour les foyers de la région à partir du bois, de l’eau ou du vent. Si le bois est massivement  utilisé comme source d’énergie, les forêts ne sont pas pour autant menacées de disparition. Au contraire, la Finlande est aujourd’hui érigée en modèle dans la gestion durable des forêts à l’échelle mondiale.

 

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