Zéro mika: Le jour où le Maroc y a cru

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4892 Le 07/11/2016 | Partager
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L’opération de ramassage des sacs en plastiques devait durer cinq mois. Elle a, en principe, pris fin le 31 octobre. Durant le mois de novembre, au cours duquel  la COP22 est organisée, un plan de vigilance est également prévu.

 

Mise sous scellé des machines et des stocks... La répression s’intensifie contre le plastique. L’Etat injecte 200 millions de DH pour la reconversion des opérateurs 

Les mesures d’interdiction ou de taxation des sacs en plastique se multiplient à travers le monde. Il s’agit là d’une étape essentielle en matière de protection de la nature. Fabriqué en quelques secondes et utilisé pendant une trentaine de minutes, le sac en plastique met entre 100 et 400 ans pour se dégrader. 
Banni au Maroc depuis quelques mois (juillet 2016), le sac en plastique fait de la résistance. Après les avertissements et les amendes, le contrôle de la fabrication s’est donc durci. Des stocks de sacs en plastique et de matières premières sont saisis. Les contrôleurs n’hésitent pas non plus à mettre l’outil de production sous scellé. Près de 421 dossiers sont instruits par les tribunaux, dont 7 infractions commises par des unités industrielles. Car, après l’entrée en vigueur de l’interdiction , le marché noir du sac en plastique a commencé à se développer. D’où le renforcement du dispositif de contrôle ainsi que la mise en place de mesures plus contraignantes. De nouveaux arrêtés sont venus durcir l’arsenal juridique, en particulier le volet lié au contournement de la loi par certains fabricants. Des opérateurs malintentionnés n’hésitaient pas à échanger les petits formats des sacs interdits par d’autres plus grands et destinés à l’emballage de déchets ménagers. D’autres ont commencé à proposer de petits sacs faussement destinés à la congélation. D’où le tour de vis pour couper l’herbe sous les pieds des dérives. Un sac poubelle doit obligatoirement répondre à certaines normes: une capacité minimale de 15 litres, être menu d’une fermeture à lien ou un zip et conforme à la norme marocaine NM EN 13592 (épaisseur, étanchéité et résistance aux chocs). Le sac de congélation doit aussi répondre à certaines caractéristiques: il doit être fabriqué à partir d’un sac destiné à un usage alimentaire, doté d’une fermeture étanche, comporter la mention «sac de congélation», etc.  

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La vannerie constitue l’une des activités artisanales historiques du sud du Maroc et compte une capacité annuelle de près de 30 millions de sacs. Elle recèle de multiples opportunités en termes d’alternative au plastique.

Depuis le 1er juillet, la fabrication, l’import, l’export et la distribution  des sacs sont interdits. Les contrevenants sont passibles d’une  amende dont le montant varie entre 10.000 et 1 million de DH. En cas de récidive dans un délai de six mois, les amendes passent du simple au double. L’exception concerne les sacs destinés aux secteurs agricole et industriel ainsi qu’à la collecte des déchets ménagers, les sacs isothermes ou encore ceux servant à la congélation et surgélation. Les sacs bannis sont remplacés par ceux en papier, les sacs tissés, les sacs en tissu réutilisables…. 
Les besoins en sacs en papier sont estimés entre 8 et 9 milliards de sacs en papier et de 10 millions pour les sacs réutilisables. 
Il s’agit là d’alternatives et de réelles opportunités pour les industriels.  Ceux-ci bénéficient d’un accompagnement de l’Etat qui a consacré un budget de 200 millions de DH: l’appui intègre les opportunités offertes par le Plan d’accélération industrielle, la formation des ressources humaines, la reconversion, etc. 
A travers cet appui financier, l’Etat vise l’amorçage d’une nouvelle activité, la mise en conformité des unités de production existantes ainsi que le renforcement de la compétitivité. Sur les 44 entreprises ayant répondu à l’appel à manifestation lancé en mai dernier, 38 dossiers sont éligibles. Cinq entreprises bénéficient déjà du programme de soutien avec une activité opérationnelle sur le terrain. Cette interdiction représente aussi une opportunité pour les coopératives spécialisées dans la fabrication de cabas. 
La vannerie constitue l’une des activités artisanales historiques du sud du Maroc et compte une capacité annuelle de près de 30 millions de sacs.

 

L’écotaxe pour les centres de tri

Le principe du «pollueur-payeur» n’est pas encore généralisé.  L’écotaxe sur le plastique reste la principale mesure en place. Elle s’applique à la vente, sortie usine et à l’importation des matières plastiques et les ouvrages en ces matières. 
Cette écotaxe a pour objectifs de financer l’émergence et le développement de la filière de recyclage du plastique ainsi que l’intégration du secteur informel. Un secteur qui compte près de 10.000 chiffonniers et qui génère un chiffre d’affaires de près de  168 millions de DH/an pour les récupérateurs et de 363 millions de DH pour les grossistes. 
Le recyclage-tri est intégré dans le Programme national de gestion des déchets ménagers (PNDM), qui vise notamment d’atteindre un taux de recyclage des déchets de 20% à l’horizon 2020. 
Les recettes de cette taxe, estimées à près de 150 millions de DH annuellement, alimentent le Fonds national de l’environnement. Elle devront, en principe, financer les centres de tri en amont ou en aval de la mise en décharge et les filières de valorisation. Les projets sont en cours même si certaines bizarreries sont constatées en particulier à Casablanca où «le centre de tri est en place au niveau d’une décharge qui n’est pas encore réhabilitée».

 

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