COP22

«L’exigence climatique est devenue stratégique pour l’entreprise»

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:4892 Le 07/11/2016 | Partager

Le groupe Bureau Veritas est un des acteurs mondiaux dans les métiers de l’environnement et du développement durable. Pour la COP22, il assure le contrôle technique de l’ensemble des travaux d’aménagement du village. Il est également chargé de la certification de l’organisation de la Conférence en tant que «évènement responsable» selon la norme ISO 20121. Cet évènement planétaire devrait renforcer la prise de conscience des entreprises de l’exigence climat dans leur stratégie, assure  Didier Michaud-Daniel, CEO du groupe Bureau Veritas. Désormais, la filiale marocaine assurera la fonction de hub commercial et marketing pour l’Afrique.

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Didier Michaud-Daniel, CEO de Bureau Veritas: «Aujourd’hui, de plus en plus de nos clients intègrent l’exigence de certification dans les critères de qualification de leurs fournisseurs. Pour être référencé, il faut justifier d’un certain nombre de référentiels. C’est une tendance lourde qui s’accélère» 

- L’Economiste: Vous êtes un acteur mondial dans les métiers de l’environnement. Quelles opportunités la COP22 représente pour votre groupe?
- Didier Michaud-Daniel:
Bureau Veritas travaille sur quatre domaines d’activité majeurs: la sécurité, la qualité, l’hygiène et l’environnement. A ce titre, nous sommes étroitement engagé à la réussite de la COP22. Nous assistons le comité d’organisation en assurant le contrôle technique de l’ensemble des travaux d’aménagement du village de l’évènement. C’est quelque chose que nous avions déjà réalisé à la COP21 à Paris. Nous allons également procéder à la consolidation et à la validation du bilan Carbone de l’ensemble de la COP22.  Bureau Veritas Maroc est par ailleurs chargé de la certification de l’organisation de la COP22 en tant que «évènement responsable» selon la norme ISO 20121. En marge de l’évènement, nous organiserons une grande rencontre sur la responsabilité climatique des entreprises.

- Les entreprises ont-elles intégré l’exigence climat dans leur stratégie? Que relevez-vous dans les différents pays où vous intervenez?

- La réponse est oui, sans aucun doute. Nous développons de plus en plus des certifications de management de l’environnement par la norme ISO 14001 et de l’efficacité énergétique via le référentiel ISO 50001. De plus en plus d’entreprises nous sollicitent pour contrôler la mise en place de ces normes. Nous procédons également aux évaluations RSE des organisations. Bureau Veritas a développé des alliances et assure le lead pour délivrer le green label aux buildings dont la construction répond aux normes environnementales. Dans certains pays, notamment en Chine et en Inde, notre groupe travaille aussi sur des eco-cities et la mise en place de nouvelles normes car l’environnement est devenu une priorité gouvernementale. 

 

- Le fait d’être certifié à la norme ISO 14001 par exemple, peut-il être un argument de différenciation?

- La réponse est oui. Aujourd’hui, de plus en plus de nos clients intègrent l’exigence de certification dans les critères de qualification de leurs fournisseurs et prestataires. Pour être référencé, il faut justifier d’un certain nombre de référentiels. C’est une tendance lourde qui s’accélère. C’est le cas notamment du label RSE. Beaucoup de nos clients nous demandent de les accompagner à obtenir ce label afin de ne pas se faire disqualifier sur certains appels d’offres. Oui, les donneurs d’ordre sont devenus plus regardants sur ces questions de responsabilité sociétale des entreprises. 

 

- Votre groupe multiplie des acquisitions un peu partout dans le monde. Qu’est-ce qui sous-tend cette accélération de la croissance externe?

- Nous avons défini il y a un an une nouvelle stratégie 2020  basée sur huit initiatives de croissance. Pour les concrétiser, nous avons procédé à un certain nombre d’acquisitions pour soit, nous renforcer dans un pays ou y créer une plateforme, soit se développer à travers des licences ou des accréditations que nous n’avions pas dans notre portefeuille.

- Comptez-vous vous diversifiez dans de nouvelles activités?
- Nous n’avons pas l’intention d’aller au-delà de nos trois lignes de métiers que sont le testing, l’inspection et la certification. D’ailleurs, si vous regardez bien les sociétés que nous avons achetées que ce soit en Chine, aux Etats-Unis ou en Angleterre cette année, elles sont toutes organisées autour de nos métiers de base.

 

- L’activité économique ralentit en Chine. Est-ce le bon moment d’y aller? 

- Si vous regardez les acquisitions que nous avons faites dans ce pays, elles sont concentrées sur la construction, non pas le résidentiel parce que ce segment est promis à une prochaine explosion de la bulle, mais sur l’infrastructure et l’énergie. On sait par exemple que d’ici 2020, la Chine va construire 320 aéroports et que la construction d’immeubles de bureau va se poursuivre. Il est prévu également de construire plus de 6.000 km de lignes de métro. Les entreprises que nous avons achetées sont totalement orientées sur ce type d’activités. Comme vous pouvez le relever, l’infrastructure n’est pas touchée par le ralentissement économique actuel. Et encore, avec un taux de croissance de 7% prévu cette année, tout est relatif! Avec 14.000 collaborateurs, la Chine est aujourd’hui le plus grand pays de Bureau Veritas dans le monde et le premier générateur des revenus du groupe. Avec la nouvelle acquisition, nous venons de dépasser 70.000 collaborateurs au niveau mondial.

 

- Que pèse aujourd’hui votre activité au Maroc dans le business de Bureau Veritas?

- Permettez-moi d’abord de dire que le Maroc représente quelque chose de très important sur le plan affectif. Par le passé, j’ai eu l’occasion de diriger une filiale d’un grand groupe, et mes activités professionnelles me conduisaient à séjourner fréquemment à Casablanca. Notre filiale au Maroc emploie une centaine de personnes, et possède trois implantations importantes à Casablanca, Agadir et à Tanger. Bureau Veritas Maroc réalise  un chiffre d’affaires d’environ 7 millions d’euros répartis entre la certification, la construction, l’inspection et l’industrie. Nous sommes sur une trajectoire d’accélération de notre développement sur ce marché.
 

Le hub Afrique basé à Casablanca

POUR le groupe Bureau Veritas, le Maroc change de statut dans l’organisation. Il devient le relais pour les marchés de l’Afrique saharienne: «Nous venons de confier au directeur général de notre filiale  marocaine les fonctions de vice-président Marketing & Sales pour l’ensemble de l’Afrique», confie Didier Michaud-Daniel, CEO de Bureau Veritas.
Dans son cahier des charges, Omar Benaïcha, directeur général de Bureau Veritas Maroc, animera, à partir de Casablanca, le volet commercial et marketing de tous les pays d’Afrique subsaharienne. Concrètement, cela signifie par exemple que ce sont les équipes de Bureau Veritas Maroc plutôt que celles de Paris qui certifieront les entreprises clientes du groupe en Afrique subsaharienne.  
Le développement des énergies renouvelables et la promotion de l’efficacité énergétique ouvre à l’entreprise des perspectives de business sur le marché marocain. Bureau Veritas est agréé par l’Aderee pour réaliser des audits énergétiques.
La société espère que la tenue de la COP22 au Maroc va accélérer la sensibilisation des entreprises aux questions de développement durable. De la certification de management de l’environnement (ISO 14001), de l’énergie (ISO 50001) à l’élaboration des bilans carbones et des rapports RSE, le potentiel est énorme. Bureau Veritas revendique avoir accompagné plus de la moitié des projets de construction durable au Maroc. D’autres projets sont en cours afin de décrocher la certification HQE.

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