Société

Appel des consciences de Fès: Pour un modèle de développement décarboné

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4892 Le 07/11/2016 | Partager
La déclaration finale des dignitaires a abouti à 11 recommandations et 7 appels
Un observatoire pour la conscience climatique universelle à Fès
Retour à la religion pour contrecarrer «la crise de l’excès»
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Unanimes, les dignitaires ont recommandé la création d’un «Observatoire de l’Appel de Fès pour la conscience climatique universelle». Celui-ci sera chargé du suivi de la conscience climatique à travers un état des lieux régulier, basé sur des indicateurs pertinents et précis (Ph. YSA)

Franc succès et affluence considérable. Pour Nizar Baraka, président du Conseil économique, social et environnemental, et également président du comité scientifique de la COP22, «la résonance du sommet des consciences pour le climat et l’avenir est telle qu’il a attiré d’éminentes personnalités, femmes et hommes de bonne volonté, venant de divers horizons spirituels, religieux et scientifiques de par le monde».
Réunis, jeudi 3 novembre à Fès, capitale spirituelle et scientifique du Royaume, inspirés par son histoire millénaire et son patrimoine civilisationnel, humaniste et de vivre-ensemble, participant a ce sommet tenu sous le Haut patronage du Roi et à l’invitation du CESE et de la Rabita  Mohammédia des Oulémas, ces derniers ont félicité «l’entrée en vigueur, le 4 novembre, de l’Accord de Paris pour le climat, ainsi que l’engagement des Parties d’assurer la complémentarité nécessaire, à travers leurs contributions nationales déterminées (NDC) pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C». Ils se réjouissent également de la transition, depuis 2015, vers un modèle de développement décarboné à terme, à travers, outre l’Accord de Paris sur le climat, la mise en place d’un nouveau mécanisme mondial de partenariat pour le développement durable avec l’adoption des objectifs de développement durable à horizon 2030.
Mobilisant l’intelligence collective pour un dialogue ouvert et positif fondé sur les valeurs partagées, les dignitaires ont dressé une liste de 11 recommandations et 7 appels. Dans une déclaration finale «concluante», ils ont ainsi recommandé notamment la création d’un réseau mondial d’organisations et d’initiatives dans le domaine du dialogue interreligieux et interculturel sur le climat et chargé le CESE et la Rabita Mohammédia des Oulémas, d’assurer la coordination pour en élaborer la plateforme et mettre en place ce réseau. Elaborer une «Theo-Green-Map», base de données interactive intégrant les initiatives religieuses en lien avec l’environnement et le climat figure aussi parmi les priorités. Vivement sollicitée, la mise en place de l’«Observatoire de l’appel de Fès pour la conscience climatique universelle» est officialisée par l’appel de Fès. Cet observatoire sera chargé du suivi de la conscience climatique à travers un état des lieux régulier, basé sur des indicateurs pertinents et précis, et notamment l’évolution des valeurs, du comportement et du style de vie des citoyennes et des citoyens ainsi que des différents acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux en relation avec la préservation des équilibres environnementaux et climatiques. En outre, il est recommandé d’adopter un comportement éco-responsable dans la construction et la gestion des lieux de culte et des espaces culturels et créatifs à travers l’investissement durable, les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et l’économie de l’eau tout en préservant les écosystèmes environnants. L’appel de Fès insiste également sur la nécessité de «lancer une dynamique intergénérationnelle pour transmettre, notamment aux enfants et aux jeunes, les héritages ancestraux en rapport avec les valeurs, la tolérance et les bonnes pratiques écologiques dans les lieux de culte, d’enseignement, artistiques, médiatiques ainsi qu’à travers les applications numériques; legs transformés en expertises, en compétences et en innovations pour contribuer à assurer un changement des comportements individuels et collectifs et rompre progressivement avec les habitudes de consommation excessive et irresponsable». Les participants soulignent l’importance d’élaborer une plateforme pour une conscience climatique universelle, basée sur les valeurs partagées de l’expérience humaine avec tous ses capitaux spirituels, affectifs, scientifiques et culturels, et la traduire en actions et initiatives permettant de mobiliser les volontés et les énergies à grande échelle pour faire face à «la crise de l’excès». Par ailleurs, la résilience des consciences doit être renforcée en capitalisant sur le patrimoine humaniste commun et sur la convergence à travers l’écoute, le dialogue et l’échange en faisant appel au devoir de l’unité de l’humanité, à l’élévation de l’aimance et de la compassion entre les êtres et pour la nature, à la tolérance et à la solidarité spirituelle et culturelle comme condition pour relever les défis du vivre-ensemble sur notre planète Terre.
A noter enfin que les conférenciers vont soutenir l’initiative de l’Unesco visant à préserver, à consolider et à valoriser les connaissances, les pratiques et les expressions traditionnelles locales, en lien avec la dimension écologique, en les intégrant au patrimoine culturel universel.

COP et COC… tous les ans

Selon la déclaration finale, il faut faire de la COP22, le point de départ d’une nouvelle ère dans laquelle la conscience climatique volontariste est reconnue en tant que facteur déterminant dans notre relation avec la Terre. Ceci,  afin de rompre avec les habitudes de consommation excessives et destructrices des ressources, les comportements négatifs et attentistes, qui ne contribuent pas à la préservation de notre planète, de l’humanité et de toutes les autres espèces, et toutes formes d’égoïsme, de gaspillage et d’indifférence avant qu’il ne soit trop tard. «Il faut faciliter l’accès des pays du Sud aux résultats de la recherche, du développement et de l’innovation climatiques à travers le transfert de technologies et le renforcement des compétences, et enfin œuvrer à organiser, annuellement dans le cadre des activités de chaque COP, une conférence des consciences pour le climat (COC) avec la participation des leaders religieux, spirituels, philosophiques et culturels dans le monde en vue de nous guider vers un avenir meilleur pour notre planète et toutes les espèces qui l’habitent», conclut les dignitaires.

 

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