COP22

Pourquoi l’espoir est encore permis

Par Safall FALL | Edition N°:4892 Le 07/11/2016 | Partager
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Dans la foulée de l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris, le monde tourne le regard vers Marrakech et attend... surtout de l’action!

«Nous sommes la dernière génération à pouvoir agir avant le point de non-retour». Cette assertion, d’un mélange d’optimisme et de pessimisme, porte tout l’enjeu de cette 22e réunion de la Convention des Parties (COP22) qui s’ouvre aujourd’hui, jusqu’au 18 novembre, à Marrakech. Destruction progressive des écosystèmes, surexploitation des ressources naturelles, pollutions atmosphériques et océaniques, changements climatiques et perturbations des équilibres… La liste qui résume le défi et la menace, auxquels l’Homme est confronté, est bien longue. L’heure de la prise de conscience est dépassée. La Communauté internationale semble, aujourd’hui, unanimement convaincu de l’urgence de redresser la barre. Si rien ne change, la planète va droit dans le mur. Il y a près d’une année, ce qu’il convient d’appeler l’Accord de Paris a été difficilement obtenu à l’issue de la COP21, tenue dans la capitale française. Quasiment à l’arrachée. Les engagements de ce qui est ni plus ni moins qu’un compromis mondial diplomatique sur le climat et le développement durable sont nombreux. Mais ils mènent tous une finalité commune: «Contenir l’élévation de la température moyenne de la planète au-dessous des 2 °C, et maintenir les efforts déjà engagés pour  limiter cette hausse à 1,5 °C». Pour y arriver, chacune des 196 Parties (Etats) signataires de l’Accord a proposé sa Contribution déterminée au niveau national (CDNs). C’est une sorte de promesse qui engage chaque pays. Le Maroc n’a évidemment pas dérogé à ce contrat moral et diplomatique sur le sort de la planète.

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Dans ce contexte, le rendez-vous de Marrakech revêt un enjeu majeur: la mise en œuvre de la feuille de route de Paris pour le climat. A partir d’aujourd’hui et tout au long des 15 prochains jours, le rendez-vous de Marrakech aura la lourde responsabilité d’aider à confirmer cet engagement planétaire. Il s’agira, en l’occurrence, d’enclencher le processus de déclinaison concrète de l’Accord de Paris. Pas à travers de beaux discours et de belles intentions, mais via l’action. L’engagement de Paris est entré en vigueur le 4 novembre dernier, après avoir dépassé le seuil fatidique des 55 pays à avoir ratifié l’accord, représentant plus de 55% des émissions mondiales de Gaz à effet de serre (GES). Ce qui constitue, en soi, une première victoire diplomatique. Mais le chemin à parcourir est encore long. Le Maroc compte aussi, justement, porter un peu plus haut la voix du Sud. Celle des pays en développement: derniers responsables de la situation actuelle de la planète, mais les premiers à en subir les effets les plus durs. C’est pour cela que la Présidence marocaine de la COP insistera sur trois questions essentielles:
 • L’adaptation: Les pays du Sud sont les plus concernés par ce volet, étant aux premières lignes des conséquences du réchauffement de la planète. Lors de la COP22, la présidence marocaine s’évertuera à ce que beaucoup de pays en développement puissent finaliser leurs Plans nationaux d’adaptation.
• Le renforcement des capacités: pour consolider les NDC et faciliter leur déploiement au niveau local, les pays du Sud auront absolument besoin de diverses compétences et capacités humaines et institutionnelles pour de nouveaux modèles.
 • Le financement: C’est le nerf de la guerre. L’Accord de Paris prévoit la mobilisation de 100 milliards de dollars par an, à partir de 2020, auprès des pays développés. La COP22 se penchera sur les modalités de mobilisation mais aussi de répartition de ce financement, notamment vers les projets d’adaptation.
• Le  transfert de technologies: A l’instar du renforcement des capacités, il sera essentiel pour la mise en œuvre des NDCs et l’enclenchement d’un nouveau modèle de croissance verte dans les pays en développement. 

 

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