Evénement

Climat: Le Sommet de la dernière chance

Par Safall FALL | Edition N°:4892 Le 07/11/2016 | Partager
Coup d’envoi des travaux de la 22e COP
Plus de 30.000 participants attendus dont 20.000 dans la Zone bleue
L’urgence de l’action signalée
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L’Accord de Paris a été ratifié par 92 Etats sur les 197 signataires. La présidence marocaine du sommet du climat «ne veut laisser aucun pays au bord de la route» (Ph. Khalifa)

C’est assurément la quinzaine où tout se jouera pour la planète. Sans mauvais jeu de mots, la température monte à Marrakech. La Conférence des parties (COP), 22e du genre, entame aujourd’hui même dans la ville ocre ses travaux pour tenter d’influer sur le sort de la planète. Plus de 30.000 participants, dont 20.000 rien que dans la Zone bleue, y sont attendus jusqu’au 18 novembre. 72 heures plus tôt, dans plusieurs grandes capitales du monde, c’est l’Accord de Paris qui entrait officiellement en vigueur. Rappelons-le. Pour faire simple, cet accord n’est qu’une sorte de contrat d’une trentaine de clauses, signé par 192 Etats – ou «Parties», selon le jargon onusien – à l’issue de la COP21 tenue en novembre dernier à Paris. Ce document n’est pas juridiquement contraignant, mais engage tout de même les pays signataires à faire tout leur possible – et certainement l’impossible – pour, notamment, maintenir la hausse de la température moyenne de la planète au-dessous de 2 °C, tout en poursuivant les efforts pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C.
L’accord devait être ratifié par un minimum de 55 pays parmi les signataires, représentant 55% des émissions de GES dans le monde, pour engager son application. «A ce jour, 92 pays ont ratifié l’Accord de Paris et la présidence marocaine vise à accélérer la procédure pour rendre cet engagement le plus inclusif possible», explique Salaheddine Mezouar, président de la COP22.
Le chef de la diplomatie marocaine s’est adressé aux médias, vendredi 4 novembre dernier, pour marquer le coup de l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris et annoncer les couleurs pour le Sommet de Marrakech. «Notre objectif est de faire de cette rencontre une COP qui ne s’oublie pas», poursuit Mezouar.
Mais il ne sera pas uniquement question de températures. L’argent sera aussi au centre des échanges entre acteurs étatiques et non étatiques (société civile et secteur privé). Les pays en développement, premières victimes des effets des changements climatiques (sécheresse, dessèchement des cours d’eau, montée du niveau des océans, irrégularités pluviales, etc.), comptent clairement s’approprier ce rendez-vous mondial. Ils espèrent, surtout, trouver les fonds pour financer leurs politiques respectives d’adaptation. Ce qu’il faut savoir, en effet, c’est que dans le cadre de l’Accord de Paris, les pays développés se sont engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020. Ces capitaux devraient servir à financer l’atténuation dans les économies avancées et l’adaptation dans les pays du Sud. Ces derniers espèrent surtout «une augmentation du financement de l’adaptation par rapport aux niveaux actuels», selon les termes de l’accord. Sur ce regitre, le débat semble bien parti en faveur des pays en développement (voir Dossier Spécial COP22 en pages centrales). L’accord propose aussi que le Fonds vert pour le climat puisse intensifier son appui aux pays les moins avancés et en développement pour la conception de leurs plans nationaux d’adaptation.
Une chose est sûre, l’argent ne réglera pas grand-chose si l’on ne dispose pas de compétences pour l’utiliser à bon escient. C’est pour cela que l’un des enjeux de Marrakech sera aussi celui du renforcement des capacités dans les pays en développement, et le transfert des technologies nécessaires à la création d’une économie plus propre. «Le secteur privé, en l’occurrence, aura surtout besoin de ce renforcement des compétences. Ce sera nécessaire à la migration vers une croissance verte», explique Said Mouline, membre du comité de pilotage de le COP22, chargé du partenariat public-privé.

Plus de 3.000 ONG dans la «Zone verte»

Les derniers chiffres obtenus sur la participation de la société civile au Sommet de Marrakech prouvent la mobilisation exceptionnelle des organisations non gouvernementales. «Plus de 3.300 ONG seront présentes sur les 10.000 m2 de la  Zone verte sur le site de la COP22 de Bab-Ighli», selon les actualisations de Driss Yazami, Monsieur Société civile de la COP. Cette superficie est répartie en six thématiques distinctes: jeunesse, femmes, universités & recherche, collectivités locales et territoriales. Au chevet du climat depuis le début de l’histoire des COP, ces acteurs ont toujours fait pression sur les négociateurs pour les pousser à la prise de décision. La société civile a d’ailleurs été la première à tirer la sonnette d’alarme sur la situation du climat et à mettre en lumière les conséquences de l’action de l’homme sur la planète.

 

 

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