Société

Les dignitaires apportent leur soutien

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4891 Le 04/11/2016 | Partager
Musulmans, juifs et chrétiens recommandent la sauvegarde de la planète
Le CESE interpelle les patrimoines spirituels et les consciences éthiques

Fès  est devenue la capitale des trois religions monothéistes le temps du «Sommet sur la conscience climat», tenu jeudi 3 novembre, à l’initiative du Conseil économique, social et environnemental (CESE), en collaboration avec la Rabita Mohammadia des Oulémas.

Les deux partenaires ont associé à leur rencontre plusieurs personnalités de marque telles que Abdeladim El Hafi, Mohamed Kabbaj, Serge Berdugo, Abderrafie Zouitene, Jean-François Girault, Mustapha Bousmina et Rupert Joy. En outre, l’on notera l’absence de Nicolas Hulot, initiateur du premier Sommet des consciences, et Salaheddine Mezouar, président de la COP22. A noter que l’événement s’est déroulé sous haute surveillance.
«Placée sous le haut patronage du Roi, cette rencontre a pour objectif de mobiliser les leaders éthiques, philosophiques et spirituels de tous les horizons et de différentes sensibilités dans le cadre d’un dialogue interculturel et intercultuel de haut niveau pour soutenir, à la veille de la COP22, la lutte contre les effets du changement climatique à partir de valeurs communes et partagées», a souligné Nizar Baraka. Le président du CESE a noté, à la veille de l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris ce vendredi 4 novembre, «qu’il n’y a pas mieux que de réunir ce parterre de dignitaires, soufis, militants associatifs et médias, élargir les espaces de dialogue participatif, rechercher et innover les solutions environnementales, et travailler sur les différentes dimensions de cette problématique, liée aussi à la coexistence, le vivre ensemble, et la paix dans le monde».
La finalité de la rencontre de Fès étant d’interpeller les patrimoines spirituels et les consciences éthiques dans leur diversité pour élaborer les bases d’une conscience écologique collective, active et partagée dans le choix de la voie du juste milieu et du dialogue. Le ministre argentin de l’Environnement, Sergio Bergman, y voit aussi «un défi éthique et technologique… pour revenir vers la voie de Dieu pour préserver la biodiversité». «Il faut nous engager sur des actions concrètes et choisir un modèle durable. La conscience doit être le point lumineux de notre action et notre programme pour assurer la dignité de tout être-vivant», renchérit Sergio Bergman. Ce dernier a appelé «les humains à exprimer leur reconnaissance vers les dons de la nature pour atteindre la miséricorde». «Il faut guérir l’âme des humains en harmonie avec la planète. Le Sommet de Fès est une montagne qu’il faut escalader, comme des anges, vers la noblesse.
Pour y arriver, il faut voir en l’autre l’amitié et la fraternité. Car la paix est un cheminement spirituel qu’il faut construire en interne», conseille le ministre argentin. Même son de cloche auprès de Miguel Angel Moratinos pour qui «le monde changeant nécessite une collaboration et une pensée collective». Pour l’ancien chef de la diplomatie espagnole, le promoteur de l’établissement «Alliance des civilisations» propose «un agenda continuel pour assurer la pérennité des débats et réaliser ensemble les objectifs du millénaire. «Liés au développement, les pays doivent influer et confluer pour celui-ci par des actions. Il faut réveiller la conscience internationale, honorer les engagements, et instaurer une relation mutuelle de paix», estime Moratinos.
«Pour restaurer la paix, la sécurité et la convivialité, et donner l’espoir et la raison de vivre, je propose que Fès soit l’observatoire des objectifs 16 et 17 de l’Accord de Paris, avec le concours de l’Université Euromed de Fès», suggère-t-il. La dimension de la capitale spirituelle et académique du Royaume lui permet d’accueillir des rencontres religieuses et autres d’un niveau mondial. «Ce réseautage nous donne la possibilité d’échanger autour des bonnes pratiques, l’alliance des civilisations et le respect des engagements», explique le promoteur de l’établissement «Alliance des civilisations». Et de recommander, entre autres, «la signature d’un pacte de respect avec la nature et le climat qui puisse donner une vision et construire un monde pour l’humanité et tous les êtres vivants».
En tout cas, le Sommet de Fès aspire à proposer une démarche pour sensibiliser les consciences, transmettre les legs intergénérationnels et s’engager dans la mise en place d’une plateforme de conscience climatique commune. A l’heure où nous mettions sous presse, les participants tentaient d’élaborer les principes et la feuille de route pour la mise en œuvre d’une «Conscience Climate Plateform» aboutissant à une «déclaration de Fès». Ils veulent également développer une première «Theo Green Map», carte interactive virtuelle mondiale recensant les actions théo-responsables et les expériences philosophiques et religieuses en faveur de l’environnement, et enfin plaider en faveur de l’intégration et de la pérennisation de ces outils par les parties pour éveiller une conscience écologique partagée dans le cadre de la lutte contre les effets du changement climatique.

L’appel de Fès

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(Ph. aliexpress.com)

Le Sommet de Fès a impulsé l’idée qu’un investissement pour le devenir commun se traduit concrètement selon trois axes. D’abord, la convergence entre toutes les démarches bénéfiques pour notre avenir commun, et ce pour le respect fondamental de la dignité humaine. Des débats et positionnements de Fès s’illustrent une feuille de route thématique, des recommandations et une stratégie du changement en phase avec l’objectif de l’horizon 2030, et la mise en synthèse des réflexions philosophiques, théologiques et spirituelles, des sagesses ancestrales et des méditations mystiques portant sur la conscience et l’action écologique, et sur l’harmonie durable du cosmos. Reste enfin l’audace et la volonté politiques actant le pari écologique et les alternatives énergétiques, ainsi que le respect de la biodiversité et la lutte contre le gaspillage. Le Sommet de Fès a plaidé pour l’insertion de ces termes de référence en tant qu’enrichissement du champ interculturel de la contribution prévue, déterminée au niveau national, et la conduite des recommandations à l’attention des décideurs politiques réunis lors de la COP22.

 

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