Régions

Souss: Des méthodes britanniques pour réduire la facture CO2

Par Fatiha NAKHLI | Edition N°:4891 Le 04/11/2016 | Partager
Coopération pour le climat entre l’Université de Hull et Universiapolis
L’irrigation permettrait d’économiser jusqu’à 60% des coûts d’énergie
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Pour Lord Leslie Prescott ex-vice-Premier ministre du Royaume-Uni, chef des négociateurs européens des accords de Kyoto, «si nous continuons sur le modèle «ancien» de la croissance économique basée sur le charbon et le pétrole, nos demandes seront insoutenables et nous irons droit dans le mur» (Ph. F.N)

«Il y a urgence pour un consensus universel sur la lutte contre le réchauffement climatique». L’avertissement de Lord Leslie Prescott, ex-vice-Premier ministre du Royaume-Uni et chef des négociateurs européens des accords de Kyoto, rappelle l’impératif du changement dans les modes de vie pour un développement durable. Invité par Universiapolis à Agadir, le politicien n’a pas mâché ses mots quant à cette urgence mondiale, rappelant l’histoire et le rôle de l’Accord de Kyoto, ainsi que les nouveaux objectifs fixés afin de maintenir l’augmentation de la température mondiale à 2 °C d’ici 2050. «Si nous continuons sur le modèle «ancien» de la croissance économique basée sur le charbon et le pétrole avec peu de production d’énergie renouvelable, nos demandes seront insoutenables et nous ne parviendrons pas à réaliser les changements nécessaires à la croissance verte durable», a martelé le politicien devant une assistance massive. «Aujourd’hui, le changement climatique est la plus grande menace pour le développement durable au niveau mondial», a-t-il ajouté. Seul un consensus universel pourrait instaurer une relation plus équitable entre les pays développés qui luttent avec une croissance lente et les pays en développement à forte croissance. «Le principe des «responsabilités communes mais différenciées et des capacités respectives» des Nations unies doit être au cœur d’un nouvel accord de Paris», fait-il observer .

Le politicien n’était pas là que pour un discours vert, mais aussi pour permettre à l’Institut de la logistique à l’Université de Hull, qui est à l’origine de sa présence, de partager et mettre en pratique son expérience avec Universiapolis. L’université britannique a ainsi contribué à l’installation d’un observatoire logistique régional à Agadir (OLA) dont le rôle est de renforcer les capacités de la chaîne d’approvisionnement de la région et de saisir des données cruciales pour l’analyse. La collaboration a aussi permis aux deux universités de conduire des recherches en vue de réduire les émissions de carbone dans l’agriculture dans le Souss Massa. Un secteur qui, dans cette région du Maroc, souffre de stress hydrique et d’un climat de plus en plus chaud. Les cultures sont actuellement irriguées par des puits dont la profondeur peut dépasser les 250 m. Et le pompage de l’eau nécessite beaucoup d’énergie, créant ainsi de fortes émissions de CO2.
L’étude conjointe a été menée sur une base de données de 9.000 puits en fonction de leur profondeur, type de pompe et surface recouverte par cette pompe. Cette recherche a révélé que si toutes les fermes se convertissaient au goutte-à-goutte, cela permettrait de réaliser des économies conséquentes: 33 à 60% des coûts d’énergie et une réduction de 37% des émissions de CO2. Ce qui correspond à l’élimination de 32.000 voyages de camion de 45 t entre Agadir et Tanger, nous indique-t-on.

 

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