SOLUTIONS & CO by sparknews

Neobuild, le laboratoire vivant

Par Catherine KURZAWA | Edition N°:4891 Le 04/11/2016 | Partager
neobuild_vivants_090.jpg

Entre un système de huit chapes différentes, un mur végétal, cinq isolants différents dans la toiture sans compter les 14 vitrages différents, le bâtiment de 2.200 m² est une zone de test unique en son genre (Ph. Alain Rischard/Editpress)

Bâtiment zéro énergie, Neobuild agit comme un «living lab» de 2.000 m2, véritable pôle d’innovation technologique de la construction durable au Luxembourg.

ANS la course à l’innovation énergétique, les idées ne manquent pas dans le secteur de la construction. Mais encore faut-il pouvoir mettre à l’épreuve le concept pour le valider. C’est ce que propose le Neobuild Innovation Center. Situé dans le sud du Luxembourg, ce bâtiment est un laboratoire vivant où les idées d’aujourd’hui prennent racine pour devenir les innovations de demain. Entre un système de huit chapes différentes, un mur végétal, cinq isolants différents dans la toiture sans compter les 14 vitrages différents, le bâtiment de 2.200 m² est une zone de test unique en son genre. Et pour mesurer tout cela, un système de 1.500 capteurs permet de «comprendre où on perd et où on peut encore gagner, et détecter plus vite les déviances», explique le directeur de Neobuild, Francis Schwall. «On est entre le laboratoire et la vie réelle», ajoute-t-il. Car si d’un côté il y a bien une expérimentation, de l’autre côté, le bâtiment est aussi un immeuble de bureaux parmi d’autres dans cette zone industrielle proche de la frontière française.
Neobuild est une des sociétés pilotées par l’a.s.b.l. CDEC. Derrière elle, on retrouve deux fédérations luxembourgeoises actives dans la construction. La firme fondée en 2011 a deux missions: la promotion de l’innovation dans le secteur et l’accompagnement de projets innovants. Et pour parvenir à cela, quoi de mieux qu’un laboratoire vivant? Il n’abrite que des sociétés et des start-ups qui collaborent avec Neobuild, faisant de cet édifice un incubateur vert.
Dans une salle de réunion, un isolant acoustique et thermique d’un nouveau genre est expérimenté: des copeaux de bois déminéralisés. Un peu plus loin dans une autre pièce, les fenêtres sont dotées de vitres électrochromatiques: elles changent de couleur pour diminuer la quantité de chaleur qui entre dans le bâtiment. «C’est quelque chose qui devrait arriver dans tous les bâtiments de bureaux», soutient Francis Schwall. Le dispositif évite de recourir à un système de climatisation très énergivore. Qui plus est, il a quelques atouts face aux stores dont l’entretien est onéreux tandis que le verre électrochromatique se nettoie comme une simple vitre. Sur le toit du bâtiment, les panneaux photovoltaïques et thermiques se comptent par dizaines. Un peu plus loin, une serre urbaine abrite des fraisiers et des plants de tomates. «L’idée est de récupérer la chaleur du bâtiment pour les plantes». Celui-ci n’est pas encore autosuffisant mais ses concepteurs ont déjà prévu le délestage du réseau pour plus tard, lorsque les expérimentations auront porté leurs fruits. «Le problème aujourd’hui, c’est le règlement. Si je vais au-delà de l’innovation, j’ai besoin de nouvelles lois», insiste le directeur. Ainsi par exemple, en matière de bétons recyclés, les normes en vigueur n’autorisent que des mixtures avec 13% maximum de produits recyclés.
En cinq ans d’existence, Neobuild a déjà aidé à la concrétisation d’une série de projets novateurs. Citons par exemple les pré-murs isolés sous vide conçus avec la société Béton Feidt. Ils offrent une performance double pour une épaisseur réduite de 16 cm à 7 cm. La société accompagne également les administrations publiques dans leurs recherches d’efficience. Elle discute en ce moment avec la commune de Sanem pour développer des routes photovoltaïques sur lesquelles l’énergie serait récupérée puis stockée dans des petites batteries pour ensuite les éclairer à moindre coût.
Face aux nombreuses cordes à l’arc de Neobuild, le responsable reconnaît que les interlocuteurs se demandent parfois ce que fait la société. Mais au final, elle se distingue par son réseau de connaissances et d’experts et son panel de techniques et matériaux réunis dans son bâtiment. «Ce qu’il faudrait, c’est qu’il y ait quelques bâtiments équivalents au nôtre qui fassent pareil dans les autres régions». D’ailleurs, des discussions sont en cours avec certaines universités en Europe. «Ça serait intéressant pour avoir plus de données parce que malheureusement, on n’a pas pu tout tester». Indubitablement, le climat local et les usages du bâtiment induisent des besoins énergétiques différents. Il y a donc encore matière à innover et cela, toujours dans une approche expérimentale.

Quelques chiffres

■ 6,1 millions d’euros (TTC): c’est ce qu’a coûté le bâtiment Neobuild
■ 16 mois: c’est la durée du chantier de construction de Neobuild
■ 2.200 m²: c’est la superficie de Neobuild
■ 100: c’est le nombre de matériaux, produits et systèmes différents inclus dans le bâtiment Neobuild
■ 1.500: c’est le nombre de capteurs de données dans l’ensemble du bâtiment Neobuild
■ 60 m²: c’est la superficie de la serre pilote de Neobuild en matière d’«urbanfarming». Avec le soutien du ministère de l’Environnement, une seconde serre urbaine, de 600 m² cette fois, sortira de terre prochainement à côté du bâtiment.

letzebuerger_journal.jpg

 

 

 

soco_footer_1.jpg
 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc