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Libérer de l’argent vert pour des obligations vertes

Par Cordelia CHATON | Edition N°:4891 Le 04/11/2016 | Partager

Les projets verts à large échelle, de l’énergie géothermique à l’énergie éolienne ou au traitement des déchets de manière responsable pour l’environnement supposent souvent des coûts élevés et peuvent avoir du mal à attirer de l’investissement de haut niveau. Cependant, il existe depuis quelques années un endroit particulièrement favorable à ce type de projets pour la communauté financière internationale: la Bourse du Luxembourg (LuxSE), qui est devenue leader dans le domaine des obligations vertes.
Chiara Caprioli, gestionnaire en développement d’entreprises à la Bourse du Luxembourg, n’en est pas surprise. «Nous faisons partie des pionniers dans ce domaine. La première obligation a été émise ici dès 2007», a-t-elle déclaré. La première obligation verte émise au monde a été créée par la Banque européenne d’investissement (BEI) qui soutient et promeut les projets reflétant les idéaux européens et ayant pour but d’aider l’environnement. Le développement de ce domaine a commencé de façon hésitante en raison de la crise financière de 2008, mais en 2014, le nombre d’obligations vertes a connu une augmentation radicale. Parmi les émetteurs de telles obligations, on trouve la Banque mondiale, le KfW, la province canadienne de l’Ontario, la Banque asiatique de développement et le groupe italien Hera. 26 sociétés ont choisi de participer à la plateforme verte de la Bourse des valeurs du Luxembourg qui correspond à une valeur d’environ quarante-cinq milliards de dollars, avec 110 obligations. «Nous sommes également un leader mondial en nombre de cotations et de montants», souligne Caprioli. «Actuellement, les parts de marché des «obligations vertes» représentent 1% du marché total. Il est donc très probable que le marché continue à progresser grâce aux buts politiques et aux convictions de ses investisseurs», affirme Caprioli. «Malgré une diversification amplifiée et plus progressive, nous nous attendons à ce que plus de concurrence surgisse entre les différents centres financiers. Actuellement, tout le monde veut attirer des émetteurs de Chine et d’Inde en raison des obligations à haut rendement qui ont suivi l’entrée de ces pays sur le marché en 2015, à travers la Banque agricole de Chine, Axis Bank et Yes Bank, pour ne nommer que quelques entités».
Selon la Bourse, les caractéristiques les plus importantes qui attirent les émetteurs sont la transparence, la responsabilité, la facilité de comparaison et la promotion des normes les plus exigeantes possibles. Pour faire entrer son obligation à la Bourse du Luxembourg, il est nécessaire de divulguer de nombreuses informations. «Nous espérons que ce processus nous permettra d’éviter ce que l’on appelle le greenwashing», souligne Caprioli. Le but de la Bourse n’est pas de juger les projets, mais plutôt de protéger les investisseurs. Le développement rapide de ces obligations vertes est également dû à des développements politiques comme la Conférence sur le Climat de Paris en 2015 (COP21). «Nous aurons besoin de la finance privée et publique pour atteindre de tels buts politiques. Les banques ne peuvent pas mettre suffisamment de capital à disposition, car elles ont les mains liées, par les régulations de Bâle II par exemple». Les Bourses peuvent jouer un rôle important pour fournir les moyens de financer les objectifs liés au changement climatique. En Chine, il existe déjà des initiatives publiques pour financer les obligations vertes. Avec l’Inde, ce pays exerce une pression immense en faveur des obligations environnementales. En juillet 2016, la première obligation environnementale d’une banque chinoise a été émise au LuxSE. Dans tous les cas, le leader mondial en obligations vertes est très bien placé à l’international, comme le mettent en évidence les 20 différentes devises dans lesquelles les obligations LuxSE ont été émises. Les sociétés bénéficient de la tendance des obligations vertes, tout comme les émetteurs qui améliorent leur réputation.

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