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Pénurie alimentaire: Une solution, des chambres froides solaires

Par David THOMAS | Edition N°:4891 Le 04/11/2016 | Partager
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Les chambres froides solaires sont installées près des fermes et des marchés dans le but de préserver les denrées  (Ph. Cold&Hubs)

Pour des millions de Nigérians de l’État rural de Kaduna, se rendre au marché alimentaire en plein air permet un accès facile et bon marché aux denrées de base du régime traditionnel. Lors d’une semaine normale, des dizaines de paniers en osier débordent de tomates mûres, ingrédient essentiel aux riches ragoûts très appréciés par la population locale. Pourtant, au cours de l’été, les habitués des marchés ont été consternés de voir la montée en flèche du prix d’un fruit considéré comme une nécessité nationale. Après qu’une épidémie de lépidoptère ait ravagé près de 80% des cultures de tomates de la région en mai, le prix d’un panier est passé de 1,20 à plus de 40 dollars, et les autorités de Kaduna ont été contraintes de déclarer un état d’urgence.
«La crise de la tomate» de Kaduna fait partie d’un fléchissement national dans la production alimentaire qui inquiète les experts de la sécurité alimentaire au Nigeria.
Dans le but de minimiser les pertes après la récolte, les entreprises commencent à développer de nouvelles technologies afin d’aider les agriculteurs. Pour l’un de ces entrepreneurs, les causes des pertes après la récolte sont évidentes. «La majorité du gaspillage commence dans les exploitations parce que les agriculteurs ne reçoivent pas la visite de camions de livraison tous les jours», indique Nnaemeka Ikegwuonu, directeur général de Cold Hubs.
En 2011, le Programme alimentaire mondial de l’ONU estimait que les pertes annuelles de produits alimentaires en Afrique subsaharienne dépassaient 30% de la production agricole totale et coûtaient quelque 4 milliards de dollars aux agriculteurs chaque année. Cold Hubs propose une solution simple. L’entreprise installe des chambres froides près des fermes et des marchés dans le but de préserver les denrées lors de la période déterminante avant qu’ils n’aboutissent dans les mains du consommateur. Les tomates qui auraient pourri sur le lieu de production sont rapidement expédiées vers une unité réfrigérée voisine, pour laquelle les agriculteurs doivent verser environ 50 ¢ par caisse et par jour de réfrigération. C’est un modèle de paiement à la carte qui permet aux agriculteurs d’éviter les contrats d’entreposage coûteux, dont les prix élevés ne tiennent pas compte du type de production. Encore plus pratique dans un pays où on estime que 95 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité, cette réfrigération fonctionne entièrement à l’énergie solaire. Que les unités soient installées dans des villages ruraux isolés ou sur des marchés urbains animés, on peut recueillir l’énergie du soleil pour conserver plutôt que pour gâcher les produits. Il s’agit d’un modèle abordable et respectueux de l’environnement, libéré des infrastructures coûteuses, dont l’entreprise estime qu’il pourrait être rapidement déployé sur tout le continent, en commençant par une poursuite de son expansion au Nigeria, et par un système de franchises au Kenya. «Nous voulons installer 1.000 réfrigérateurs au Nigeria dans cinq ans, et à l’avenir, il pourrait y avoir 1 million d’unités partout en Afrique», affirme Ikegwuonu.  «Nous sommes très ambitieux car il existe beaucoup de débouchés: les chambres froides peuvent servir pour les écoles, les hôpitaux, les aéroports, partout où l’on a besoin de conserver des aliments».

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