Habillage_leco
SOLUTIONS & CO by sparknews

Quand le Maroc se met au «Zéro Mika»

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4891 Le 04/11/2016 | Partager
sac_plastqiues_090.jpg

Le Maroc consomme environ 25 milliards de sacs en plastique par an, soit le deuxième rang après les Etats-Unis et devant l’Australie

Pour éradiquer le phénomène des sacs en plastique, le Maroc a opté depuis le 1er juillet 2016 pour une solution radicale: l’interdiction de ces types de contenant dans un délai de six mois après la publication de la loi. Baptisée «Zéro Mika», l’opération a aussi révélé des situations inédites.

Les sacs en plastique constituent un véritable fléau au Maroc. Les ménages marocains consomment environ 25 milliards par an. Sauf qu’après utilisation, ils finissent dans la nature, faute d’une filière de récupération et de recyclage. Conséquence: des océans à perte de vue de sacs en plastique dont la durée de vie est estimée à près de quatre siècles et donc un impact désastreux sur l’environnement. C’est la raison pour laquelle le Maroc s’est lancé le défi de les éliminer dans les plus brefs délais. D’autres pays s’y sont pris à plusieurs reprises avant de pouvoir les interdire. L’opération a ainsi été baptisée «Zéro Mika» (Mika étant la traduction en arabe du mot plastique). L’interdiction ne concerne que les sacs dits de «caisse» ou bretelles, qui sont à usage unique. Les autres catégories (sacs de congélation, poubelle, de déchets industriels, végétaux, etc.) restent autorisées. Des arrêtés viennent d’être publiés, précisant les conditions de marquage de ces différents types de sacs. La loi interdisant la fabrication, la commercialisation et l’importation des sacs en plastique est entrée en vigueur le 1er juillet dernier,  soit six mois après sa publication au Bulletin officiel.
Le contrôle représente un axe majeur dans cette nouvelle stratégie. Ainsi, trois administrations sont impliquées: le ministère de l’Industrie pour les usines, le ministère de l’Intérieur chez les commerçants et l’Administration de la douane pour  les importations. De lourdes sanctions pécuniaires sont prévues en cas d’infraction. Les montants des amendes varient de 10.000 à 1 million de dirhams (environ 90.000 euros) selon la nature de l’infraction et son auteur (personne physique ou morale). L’interdiction des sacs en plastique a mis au jour l’existence d’un tissu d’unités industrielles dont ce type d’emballage représente le principal produit. Par conséquent, pour leur permettre de continuer d’exister et préserver les emplois, le gouvernement a mis en place un plan de reconversion, doté de 200 millions de dirhams (environ 20 millions d’euros). Le principe consiste à accompagner les entreprises transparentes afin de se positionner sur des produits d’emballage non polluants.
Dans une première étape, et pour ne pas être pris de court le jour «J», les grandes surfaces commerciales qui sont souvent à l’avant-garde par rapport aux autres catégories de points de vente ont dû importer des millions de sacs. Depuis l’entrée en vigueur de la loi, différentes alternatives ont vu le jour. Différents types de matériaux sont utilisés selon le type de produit. Mais dans tous les cas, il s’agit d’emballages qui se dégradent avec le temps ou qui peuvent être réutilisés. Les nouveaux contenants commencent à rentrer dans les mœurs des consommateurs. Certains ménages se sont remis au traditionnel couffin ou au caddie de course.  L’interdiction des sacs en plastique a tout de même donné lieu à une évolution pour le moins cocasse. Si auparavant des commerçants, y compris les grandes surfaces, avaient l’habitude d’offrir des sacs en plastique, parfois de très haute facture, depuis le 1er juillet ils font payer leurs clients le nouvel emballage. Ce qui représente pour eux un nouveau business.
Une campagne de ramassage des sacs dans la nature a été lancée en même temps que l’entrée en vigueur de la loi. Plusieurs milliers de tonnes de sacs ont ainsi été récupérées et confiées à des cimentiers pour incinération. L’opération devrait durer jusqu’à la fin de l’année. Ainsi, tout le monde semble jouer le jeu et «Zéro Mika» démontre bien que  les Marocains ont la capacité à se mobiliser autour  d’un grand projet de société. Dans tous les cas, le terrain finira bien par le démontrer.

leconomiste.jpg

 

 

 

soco_footer_1.jpg
 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc