Entreprises

Les premières pales de l’usine de Siemens pour juin

Par Ali ABJIOU | Edition N°:4889 Le 02/11/2016 | Partager
La production devrait atteindre 600 par an
600 employés à terme à former en interne entre Tanger et Aalborg, au Danemark
Une école dédiée à la formation sur 3.000 m2 déjà opérationnelle
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Avec l’usine de pales que Siemens est en train d’installer à Tanger, il s’agit d’un nouveau métier qui se met en place au Maroc. L’usine de Siemens est installée à Tanger Automotive City, à un jet de pierre de l’usine Renault de Tanger et à quelques kilomètres du centre-ville. L’usine occupe un terrain de 133.000 mètres carrés dont près du tiers sera bâti. Les travaux de construction avancent à un rythme rapide, la production devra démarrer au mois de mars prochain, selon Lasse Eisgruber, directeur du projet de l’usine de Tanger chez Siemens.
Le chantier est actuellement en train de prendre forme avec une nef centrale adossée à deux grands bâtiments annexes sur la même ligne. Cette structure est imposée par la taille des pales qui ont besoin d’une grande longueur vu leur forme particulière.
L’usine de Tanger devra fabriquer des pales de 63 mètres. La première pale opérationnelle sortira des ateliers en juin prochain après la certification de l’unité industrielle, affirme Eisgruber. Il sera possible pour l’usine de faire mieux et aller jusqu’à 75 mètres de longueur, mais dans la pratique, ce sera difficile pour ne pas dire impossible. Par analogie, les responsables de Siemens avancent le monde de l’aviation commerciale où on peut faire des avions commerciaux plus grands, mais qui seraient inutilisables car aucun aéroport ne pourrait les accueillir. Avec des pales de 75 mètres, ce sont des mats de 90 mètres qu’il serait nécessaire de mettre en place, d’où une hauteur totale de plus de 160 mètres, peu adaptée à des pales en on-shore, sur terre ferme.
Pour fabriquer ces pales à Tanger, Siemens a dû redoubler d’ingéniosité. D’abord en peaufinant sa technique de construction de pales baptisée «Integral blade». La technique est radicalement différente de celle classique dite «butterfly» où les deux parties de la pale sont fabriquées à part et collées à la fin. Siemens travaille des morceaux de fibre de carbone d’un seul tenant. Une fois la première demi-coque faite, un moule est placé dessous et le reste de fibre est étalé pour fabriquer la deuxième partie. Le résultat est une pale d’une extrême rigidité qui aura une durée de vie supérieure, selon Siemens.
Ensuite, la société, d’origine allemande, a dû pallier le manque de main-d’œuvre spécialisée dans le domaine, inexistant auparavant au Maroc ni dans la région, en optant par la mise en place d’une école dédiée à la formation. Cette école a entamé ses activités en septembre dernier dans un bâtiment provisoire à la TAC, en attendant la fin des travaux de l’usine.
Les formateurs ont été formés à l’usine danoise de Siemens à Aalborg.
Actuellement, 143 personnes sont en cours de formation, dont 63 à l’étranger. La formation passe par l’apprentissage du métier de base, mais aussi par celui de l’anglais, en plus d’une solide base en santé et sécurité.
L’usine devra engager à terme 700 employés. Et c’est d’ailleurs la disponibilité d’un bassin d’emploi jeune, motivé et qualifié qui a été l’une des raisons du choix de l’implantation au Maroc, selon Eisgruber, en plus de l’environnement politique et économique stable et de la position stratégique du pays.

Tahaddart, un chef-d’œuvre technologique signé Siemens

A Tanger, Siemens assure l’exploitation et l’entretien de la centrale thermique à cycle combiné de Tahaddart. La centrale produit un dixième de l’électricité consommée au Maroc. Pour Siemens, il s’agit d’une véritable vitrine technologique qui montre le savoir-faire du spécialiste en énergie durable. Tahaddart est alimentée par du gaz naturel via une bretelle connectée sur le gazoduc Maghreb-Europe. Elle consomme par heure l’équivalent de 3.000 bouteilles de butane, ce qui permet d’éviter le rejet de 13 millions de tonnes de CO2 comparée à une centrale au charbon tout en affichant un meilleur rendement, de près de 56%, selon Glen Fallon, directeur général de Siemens Plant Operations Tahaddart. La centrale pourrait facilement doubler sa capacité et aller au-delà de cette production, une grande partie de l’équipement a été dès le départ prévu en double.

 

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