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Al Akhawayn se penche sur la gestion de l’eau

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4889 Le 02/11/2016 | Partager
Une initiative de l’ambassade US et Water ACT
Un musée de l’eau à Marrakech en 2017
Les ONG vivement sollicitées pour le climat

A J-5 de la COP22, les rencontres préparatoires de l’événement mondial se poursuivent. Ainsi, l’Université Al Akhawayn a accueilli, le 31 octobre, une journée d’étude sous la thématique de «l’eau: héritage et innovation».
Labélisée COP22, la rencontre qui a été organisée par l’association Water ACT, en partenariat avec l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique, a réuni des chercheurs, des spécialistes en physique, sciences sociales, des professionnels et des membres de la société civile, autour des problématiques de l’eau dans le pourtour méditerranéen. D’emblée, Driss Ouaouicha s’est félicité de «l’organisation de cette conférence à Ifrane, qui a une eau pure et bonne et qui est la 2e ville la plus propre au monde après Calgary au Canada». Le président de l’Université Al Akhawayn a rappelé que son établissement «est très impliqué dans la démarche écologique». Pour préserver son environnement et réduire sa facture énergétique, l’université d’Ifrane a financé l’installation des ampoules LED et installé des panneaux solaires d’une capacité de 90 KW. Ces panneaux produisent annuellement quelque 184 MW. Ils permettent de chauffer 2.500 m3 d’eau, destinés aux résidences d’étudiants. En ce sens, l’expérience d’Al Akhawayn constitue un projet à méditer afin de protéger l’environnement et lutter contre le réchauffement climatique.
Unanimes, les intervenants de la rencontre préCop ont appelé aussi à une gestion rationnelle des ressources hydrauliques. Ainsi, Aouatif Berdai, vice-président du conseil communal de Marrakech, a souligné que «l’eau est vitale pour toutes les espèces». Dans une allocution lue par les organisateurs, l’élue de la ville ocre a fait remarquer la recrudescence des «tempêtes de sable, grosses chaleurs, et autres phénomènes qu’a connu Marrakech durant les dernières années». Conscients de la perte de 30% des palmeraies de la ville durant les 20 dernières années, les dirigeants Marrakchis doivent jumeler urbanisation et développement durable. Car, dans cette ville qui vit du tourisme, «Spa, golfs, et piscines à dimension pharaonique» peuvent accélérer l’épuisement des ressources hydrauliques, menacées aussi par la poussée de l’urbanisme. Fort heureusement, «la ville a investi dans l’épuration et le recyclage des eaux usées. Aujourd’hui, 20 golfs sont irrigués à partir de la Station d’épuration des eaux usées (Step). Station qui pourrait aussi arroser plus de 1.000 ha de palmeraies», estime Berdai. L’élue a annoncé enfin «l’ouverture d’un musée de l’eau à Marrakech en 2017».
En attendant, le Maroc adoptera incessamment son plan national de l’eau. Lequel permettra, selon Samira El Haouat, directrice de l’Agence du bassin hydraulique du Sebou (ABHS), d’assurer «la gestion de la demande et l’offre ainsi que la protection des ressources en eau». Tel un outil d’adaptation aux changements climatiques, ce plan se fixe un objectif de près de 325 millions m3 d’eaux réutilisées à l’horizon 2030.  
En outre, il faut mutualiser les efforts et impliquer la société civile dans le développement durable et la protection de l’environnement. C’est en tout cas ce qui ressort de la leçon d’ouverture de Marie-Anne Isler Beguin, présidente de l’Institut européen d’écologie (IEE) qui évoque «des changements climatiques catastrophiques». Pour elle, «le temps passe, il faut mesurer l’urgence et influer les décideurs…aussi, il faut avoir des citoyens protecteurs de l’environnement». Plus de 45 ans après sa création, la vocation de l'Institut qu’elle préside reste plus que jamais d'actualité: «réinventer un monde respectueux de la planète et des êtres vivants qu'elle abrite». Le challenge est de taille, mais les volontés et les énergies sont bien réelles. «Partout dans le monde, la pensée écologique a pris de l'ampleur et nombreux sont ceux qui partagent notre ambition faire avancer la société sans faire reculer l’homme. Faire progresser l’humanité sans dégrader la nature. Construire un monde durable, sans détruire ses ressources», affirme la présidente de l’IEE. Pour elle, «penser et agir différemment nécessite d'abord une prise de conscience sur les dangers qui menacent notre environnement». «II s'agit de ne pas voir le monde tel qu'il est comme une évidence. Mais de questionner notre société pour dessiner ensemble des solutions alternatives et pouvoir mieux se projeter dans le monde de demain», conclut Marie-Anne Isler Beguin.

lternatives durables

Pour l’IEE, dans tous les domaines (agriculture, industrie, services, énergie...), des alternatives pour le développement durable existent. Elles sont porteuses d'un monde plus respectueux de l'homme et de la nature. Elles sont aussi la preuve qu'il existe des voies plus sages et tout aussi efficientes pour bâtir un monde où l’homme peut vivre en harmonie avec son environnement. Pour voir se déployer cette prise de conscience à plus large échelle, pour innover dans les façons de faire, il faut un espace de réflexion pour partager, former et agir. «Porté par la conviction qu'il faut repenser l'intervention de l’homme dans le monde pour garantir sa pérennité, l'Institut européen d'écologie poursuit son ambition: être un lieu incontournable et emblématique de l'écologie au niveau international», estime sa présidente.

 

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