Société

«L’odyssée des alternatives Ibn Battouta» en route

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4885 Le 27/10/2016 | Partager
Une flottille de voiliers et de catamarans reliera 6 pays de la Méditerranée durant 21 jours
La traversée vise à mettre en commun les connaissances et les solutions alternatives aux changements climatiques

A l’horizon de la COP22, plusieurs dizaines d’organisations et de mouvements citoyens d’Afrique et d’Europe ont fait naître une initiative de partage, «l’odyssée des alternatives Ibn Battouta». Il s’agit d’une initiative portée par un groupe d’acteurs du changement social qui a choisi de faire de l’avant-COP22 un temps fort de mobilisation euro-africaine pour la justice climatique. Cette initiative est soutenue par des dizaines d’associations, activistes, et ONG des six pays. Ainsi, du 19 octobre au 10 novembre 2016, une flottille de voiliers reliera par la mer et en itinérance six escales, de l’Espagne jusqu’au Maroc en passant par la France, l’Italie, la Tunisie et l’Algérie.
La traversée se déroulera durant 21 jours, avec la participation d’une vingtaine de membres d’équipage. Des équipes de soutien arrivant en amont de chaque escale et plusieurs milliers de citoyens et citoyennes participants à chacune. Chaque escale sera l’occasion d’organiser des forums citoyens incluant des rencontres entre citoyens et activistes du changement social.
L’odyssée rappellera les enjeux de justice sociale, de climat et de migrations et mettra en exergue les solutions qui émergent déjà sur les rives de la Méditerranée et du Sahel. Plusieurs sujets seront abordés lors des échanges. «Nous souhaitons valoriser et favoriser les solutions qui sont en marche actuellement. Ces solutions vont de l’éco-construction en Algérie, de l’accueil des migrants en Italie, de l’agro-écologie en Espagne en France et au Maroc, la transition énergétique, l’éducation populaire en passant par l’économie sociale et solidaire», rappelle Guillaume Durin, coordinateur de l’odyssée des alternatives. Par ailleurs, des approches connexes au changement climatique seront abordées, et dont l’importance s’avère considérable.
Il s’agit de l’emploi, la préservation des écosystèmes, la souveraineté alimentaire, les conflits et les migrations. Les pratiques de transition, de résilience et de résistance face au défi climatique et les méthodes et stratégies d’impact collectif feront également partie des échanges. De manière générale, il s’agit de faire de cette initiative un moyen de mobilisation, de mise en lien, de partage et d’organisation relatifs aux enjeux du mouvement pour la justice climatique. «Lors de nos escales, nous aurons des stands où les porteurs d’initiatives vont pouvoir se rencontrer pour débattre pour discuter des solutions et s’enrichir les uns les autres», note Florence Le Nulzec, co-présidente de l’association Altercarto. Ces escales renouvelleront les liens, catalyseront les solutions et donneront voix à celles et ceux qui n’en ont pas.

Une odyssée pour faire entendre la voix des communautés affectées

Les participants(es) de l’odyssée des alternatives Ibn Battouta, souhaitent faire des mobilisations de la société civile des deux rives de la Méditerranée en vue de la COP22, des temps forts de partage pour la justice sociale et climatique. Pour les participants à l’odyssée des alternatives, les solutions et aspirations alternatives existent, résistent et se développent. Elles concernent l’énergie, l’habitat, le transport, les nouvelles technologies, l’agriculture, la pêche, l’artisanat, l’énergie, la santé, la culture, l’industrie, le tourisme, la préservation de la biodiversité et des ressources naturelles.
Elles inventent de nouvelles formes de solidarité et de coopération dans les communautés locales, et avec les migrants et réfugiés. Elles appellent à de nouvelles manières de partager les terres et les ressources. L’odyssée des alternatives Ibn Battouta reste un projet de long terme. Son objectif est de contribuer à relever le défi du changement climatique en mettant en commun les initiatives et les solutions alternatives.
L’édition 2016 de «l’odyssée des alternatives Ibn Battouta» est la première étape, centrée sur la Méditerranée de l’Ouest avec des répercussions et mobilisations organisées en Afrique de l’Ouest, au Sahel, au Maghreb et en Europe occidentale. Au-delà de la COP22, la coalition d’acteurs que compose l’odyssée se prépare à d’autres rendez-vous. Le premier sera celui du Forum Social Migrants en décembre 2016 à Tanger. Ensuite, l’odyssée participera à la MedCOP en juin 2017 en Sicile où elle envisage de mettre en place un «Camp Climat Méditerranéen». Ce sera un temps de partage et de formation pour 300 participants. L’odyssée des alternatives fera sa dernière escale à Tanger en vue de la participation à la COP22 à Marrakech.

La Méditerranée et le Sahel en première ligne

La Méditerranée et le Sahel sont les «points clés» des grands bouleversements climatiques en cours. La Méditerranée et le Sahel représentent les communautés situées en «première ligne» des conséquences des dérèglements climatiques. Des centaines de milliers de personnes les traversent chaque année afin de fuir la guerre, la misère, et les premiers effets du changement climatique. Si les principaux émetteurs de carbone n’infléchissent pas drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre, d’ici 35 ans seulement, 290 millions de Méditerranéens devraient subir une pénurie d’eau douce. Les eaux de surface se réchaufferont de 2 à 4 degrés d’ici à la fin du siècle, entraînant l’effondrement de pans entiers de nos activités et de gigantesques pertes de biodiversité.

 

 

 

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