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Régions

Fès: Déjà un siècle pour la Ville Nouvelle

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4878 Le 18/10/2016 | Partager
Les Français de Fès venus célébrer l’événement
Des retrouvailles avec les lieux, dans l’émotion
Une initiative de l’AdaFès, CRT, et Fès-Saïss
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La place du commerce, la renaissance, le bijou… sont autant de bâtiments qui survivent encore, quoique délabrés. On peut découvrir ses édifices à leur naissance, il y a un siècle, à travers l’exposition d’une centaine de photos organisée au siège de l’Association Fès-Saiss (Ph. YSA)

C’est parti. La célébration du premier centenaire de la Ville Nouvelle de Fès a démarré vendredi dernier. L’événement réunit une centaine de Français, originaires de Fès, des «fassis», mais aussi les amoureux de la capitale spirituelle et de son histoire contemporaine.
Initiée par l’Amicale des anciens des lycées et établissements scolaires de Fès, des anciens de Fès et sa région (AdaFès), le CRT, l’Association Fès-Saïss et d’autres partenaires, la manifestation commémore «le 70e anniversaire de l’AdaFès et le centenaire de la Ville Nouvelle de Fès», du 13 au 20 octobre.
Pour Jean-Pierre Bourdais, président de l’AdaFès, «la partie architecturale prend une place importante compte tenu de l’événement du centenaire». «L’esprit de Fès» souffle sur ces évènements avec le dialogue interculturel car c’est bien cela qui restera après ce court moment d’histoire… Il faut maintenant transformer ces célébrations en succès», explique-t-il. D’ailleurs, le programme de l’événement comprend des expositions, conférences et débats… mais surtout des retrouvailles avec les êtres et les lieux, parfois dans l’émotion. Le but est de montrer que les bâtiments de la Ville Nouvelle de Fès ont aussi une vie. Ils ont résisté à l’usure du temps, depuis un siècle,  et constituent un véritable patrimoine à célébrer. Pour découvrir ces édifices à leur naissance, il suffit de se rendre au siège de l’Association Fès-Saïss, au quartier Batha. Ici, un voyage dans le temps est offert en images, grâce à une exposition de plus d’une centaine de photos de Fès, d’il y a 100 ans.
Rappelons que la Ville Nouvelle de Fès a été fondée en septembre 1916. Connue également sous le nom de «Dar Dbibagh», du nom de la qasba constituant la première construction sur le site, elle émane de la volonté du résident général Hubert Lyautey qui chargea l’urbaniste Henri Prost d’en dessiner le plan. Lyautey donnera toutefois des instructions précises comme celle du tracé de l’actuelle avenue Hassan II. Se transportant avec Prost sur l’intersection de cette future avenue et de l’actuelle avenue des FAR, il indiquera le minaret de la mosquée Lalla Ghriba à Fès-Jdid comme orientation de l’axe urbain qui structurera la ville nouvelle et qui deviendra d’abord l’avenue de France puis plus tard l’avenue Hassan II.
En cohabitant avec la Médina, le développement de la Ville Nouvelle a créé une bipolarisation urbaine avec des identités bien distinctes. De par son urbanisme conçu pour un mode de vie caractérisé par un mode de déplacement nouveau (l’automobile, le train…), et par son architecture mélangeant le style européen et le style traditionnel marocain, la Ville Nouvelle se forgera une image originale. Appropriée par les Marocains à partir des années 1950, elle se développera considérablement. De nombreux bâtiments datant de l’époque du Protectorat ont survécu à cette évolution et témoignent aujourd’hui du foisonnement de la créativité architecturale de l’époque. «Certains bâtiments tels que la Cour d’Appel, la Banque du Maroc, la Poste, l’église, les immeubles de l’Urbaine, de la Vigie et beaucoup d’autres édifices représentent aujourd’hui un patrimoine dont une grande partie est menacée de disparition en raison de la mutation urbaine et de la spéculation foncière», estime Rachid Haloui, ancien architecte en chef de Fès. Installé dans la plus ancienne agence d’architecte de Fès encore en activité, ce dernier détient les archives de son prédécesseur, Marcel Colin, successeur lui-même de l’architecte et homme d’affaires Émile Toulon, archives qui remontent à 1926. «Ces archives sont constituées de plans de bâtiments connus ou anonymes dessinés au crayon, à l’encre, au lavis et à la gouache. Certains d’entre eux sont d’une grande qualité, mais tous nous renseignent sur l’état d’esprit dans lequel ont été conçus et construits les premiers bâtiments de Fès et sur l’état de la ville à cette époque et son évolution au cours des dix décennies qu’elle a traversées», conclut Haloui.

Exposition à ne pas rater

Rachid Haloui présentera ce mercredi des plans d’architecte (originaux et scans), des documents inédits (courriers, divers…), des photos et des cartes postales anciennes accompagnées de photos actuelles, des livres, des revues, divers documents ainsi que des objets d’architecte. Un montage fait à partir de films single 8 des années 1930/40 sera également projeté. Enfin cette exposition sera étayée par une conférence-débat sur l’évolution de la Ville Nouvelle et sur son devenir. Ceci, en présence d’anciens fassis venus de l’étranger.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

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