COP22

Climat: Des solutions pour financer autrement

Par Safall FALL | Edition N°:4878 Le 18/10/2016 | Partager
Des concepts de rupture attendus à Marrakech
Le Maroc insiste sur une part belle à l’adaptation pour les pays du Sud
Transfert de savoir-faire, l’un des gros enjeux
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Depuis 2003, les Entretiens de Royaumont rassemblent plusieurs personnalités et décideurs du monde politique, économique et culturel. Abdelâadim Lhafi, le commissaire général de la COP22, y a bien vendu le rendez-vous de l’action en novembre à Marrakech (Ph. AZ)

Les financements innovants seront au cœur de la COP22. Le mot d’ordre a été donné, hier lundi 17 octobre, aux Entretiens de Rabat. L’événement est co-organisé par la Chambre française de commerce et d’industrie (CFCIM) et les Entretiens de Royaumont, autour de la thématique très actuelle du Green en tant que levier de croissance au Maroc. La problématique du financement du climat est en effet largement revenue dans les échanges. Tout ne sera finalement qu’une question d’audace décisionnelle, tant au niveau des entreprises que des institutions. Tout se jouera, aussi, dans la capacité des différents acteurs à «prendre en compte la réalité d’aujourd’hui et d’anticiper demain», résume François Fillon, ancien Premier ministre du gouvernement Sarkozy. Pour le responsable politique, le paradigme climat n’est pas en négation avec la compétitivité des entreprises et la croissance des économies. D’où l’urgence, pour une réussite partagée de la mise en œuvre de l’accord de Paris, de trouver des solutions de rupture de mobilisation des flux financiers. Pour Abdelâadim Lhafi, commissaire général de la COP22, ce sera justement l’un des impératifs qu’il faudra adresser lors du sommet de Marrakech. «Les 100 milliards d’euros/an promis sont, en fait, une projection sur les flux financiers mobilisables à partir de 2020. La crainte est qu’une bonne partie de ces fonds aille vers des projets à haute rentabilité, laissant en rade d’autres initiatives dans les pays qui en ont le plus besoin».
La dégradation des sols, par exemple, est une de ces problématiques à financer dans les pays du Sud. Là, le débat est tranché: une importance capitale sera donc accordée au financement de l’adaptation.
Si le financement reste le nerf de la guerre, il n’en sera pas uniquement question à Marrakech en novembre prochain. Le renforcement et la formation des capacités humaines et institutionnelles et le transfert des savoir-faire seront aussi parmi les gros enjeux de la rencontre de Marrakech. Ce sera essentiel à la réalisation des INDC, en termes de traductions opérationnelles, et pour la mise en place des politiques domestiques applicables. «Il faudra disposer de compétences nécessaires pour concevoir et présenter des projets éligibles», explique Lhafi. Il est essentiel de lier l’accord de Paris aux objectifs de développement durable. L’idée est de disposer d’une approche globale, avec des déclinaisons territoriales et sectorielles. A quelques jours de Marrakech, la barre fatidique des 55 Etats représentant 55% des émissions a été récemment franchie avec la ratification de l’UE. Ce qui permet une entrée en vigueur anticipée de l’accord de Paris. «Il faut continuer à stimuler les ratifications et à consolider cet engagement de Paris pour ne laisser personne en dehors du système», insiste le commissaire général. Mais «il ne faut pas oublier que tout reste à faire», nuance Nicolas Hulot, président de la fondation éponyme. Pour le militant du climat, la communauté internationale devra être «très exigeante» à Marrakech pour que les engagements climatiques poussent à revisiter en profondeur certains fondamentaux.

 

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