Société

Affaire du Haras el Doum
Un plan de sauvetage pour les survivants

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:4877 Le 17/10/2016 | Partager
La Sorec à la rescousse
Beaucoup de chevaux sont morts dans des circonstances inexpliquées à Bir Jdid
affaire_haras_el_doum_077.jpg

Avant de ressembler à un triste charnier pour chevaux, le Haras el Doum abritait plus de 50 équidés de grande lignée porteurs d’un patrimoine génétique rare et performant en endurance

L’affaire des chevaux du Haras el Doum de Bir Jdid continue de faire parler d’elle. Dans ce lieu qui abritait autrefois des chevaux de grande lignée,  plusieurs équidés ont été retrouvés morts jonchant le sol,  quand d’autres cadavres étaient à peine enterrés. Seuls quelques-uns, retrouvés affamés, assoiffés, dans un état squelettique, ont pu survivre. Ces derniers auraient été délaissés depuis plusieurs mois, et certains d’entre eux seraient morts depuis quelques semaines déjà, vu leur état de décomposition avancée.
Sur l’origine des responsabilités, les regards se tournent vers le propriétaire, Omar Hamdi. Contacté par L’Economiste, ce dernier rejette les accusations et ne cesse de répéter qu’il est «sous le choc», qu’il «ne comprend pas ce qui est arrivé à ses chevaux. Suite à la mort de Mme Monnin (ndlr: ancienne propriétaire des chevaux), j’ai reloué les lieux pour un contrat d’une année et acheté ses chevaux car j’attendais de mener des travaux pour ensuite les accueillir chez moi. Les chevaux étaient dans un état catastrophique quand je les ai achetés», explique le propriétaire qui affirme avoir tenté de les sauver.
L’Union marocaine pour la protection des animaux (UMPA) a pris position dans cette affaire. «J’y suis allée vendredi dernier pour voir ce qui se passe. J’ai trouvé 5 équidés mourant de faim, à l’abandon. C’est un charnier de chevaux et je pense qu’il y a une vingtaine de morts sur place. J’ai proposé de les prendre pour les soigner au refuge et de les lui rendre. Omar Hamdi a d’abord accepté puis fini par refuser», explique Elise Baron, membre de l’UMPA. Une action en justice par les associations de protection des animaux pourrait être menée contre Hamdi pour maltraitance.
Depuis quelques jours, ce dernier a déplacé ce qui reste de l’élevage dans une autre de ses propriétés et précise qu’ils sont sous surveillance de la Sorec. «Une commission constituée d’experts de la Sorec et de l’Onssa (Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires) a été dépêchée sur les lieux le 7 octobre 2016. Son enquête a d’ores et déjà conclu à l’absence totale de risque sanitaire. Les chevaux en vie ont été pris en charge», a publié hier la Sorec qui a fait livrer un stock d’aliments, avec un «protocole d’alimentation».

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc