Analyse

Renouvellement des élites: Les stars, les «fils de» et les recalés

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4875 Le 13/10/2016 | Partager
Le PAM, en tête des formations ayant engagé un mouvement
Des descendants de figures politiques élus via la liste nationale
Des valeurs sûres ont échoué

Les résultats des élections du 7 octobre ont livré une série de surprises. Des valeurs sûres n’ont pas réussi à préserver leurs sièges parlementaires face à la montée en puissance de jeunes pousses qui veulent se frayer un chemin parmi les vieux routiers de la politique. Mais il faut préciser que la plupart d’entre eux ont été élus au niveau de la liste nationale.
A l’exception du PAM qui a cru en deux jeunes femmes dans les vingtaines. Celles-ci ont réussi à relever le défi en décrochant des sièges au niveau des circonscriptions locales de Ouezzane et de Larache. Les résultats de ce scrutin ont aussi confirmé la force des liens familiaux dans l’évolution politique. Plusieurs «fils de» ont pu assurer leur entrée au Parlement grâce à la liste nationale. Parallèlement, plusieurs jeunes élus via ce système lors des élections de 2011 n’ont pas pu rempiler.
Certains ont préféré s’abstenir, à l’image de Adil Benhamza de l’Istiqlal ou de Hassan Tarik de l’USFP. D’autres ont tenté leur chance, mais n’ont pas réussi à s’imposer face à des ténors, à l’instar de Mehdi Mezouari, député sortant du parti de la rose, qui s’est présenté à Mohammedia, dont les sièges ont été remportés par Tahar Bimezagh du PAM et Saad Dine El Otmani, président du conseil national du PJD.

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La prochaine législature dont l’ouverture officielle sera donnée par le Souverain ce vendredi sera marquée par l’entrée de certaines stars. En tête, Nawal Moutawakil, ex-ministre de la Jeunesse et des Sports et vice-présidente du Comité olympique international. Elle a été élue dans le cadre de la liste nationale du RNI.
D’autres figures connues ont réussi à rempiler, comme Fatima Zahra Mansouri et Asmae Chaâbi. Parallèlement, de nouvelles élues seront très suivies durant ce mandat. C’est le cas notamment de l’Usfpéiste Hanane Rihab, représentante des jeunes au sein du bureau politique de l’USFP et membre remuante au sein du syndicat national de la presse. Idem pour Amina Faouzi Zizi, la jeune élue du PJD.
La présence de cette membre du cabinet du ministre sortant, Najib Boulif, sera très remarquée, vu que cette lauréate de l’Université Al Akhawayn sera la seule députée non voilée du groupe parlementaire du parti de la lampe.

 

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La nouvelle composition de la première Chambre sera marquée par la présence de beaucoup de jeunes «fils de…». A l’image de leurs ascendants, ils ont choisi de faire une carrière parlementaire.
Seuls quatre d’entre eux ont été élus au niveau local. Il s’agit de Hassan Laensar, fils du patron du MP, qui a décroché un siège dans son fief à Boulemane. La plus jeune députée, Ouiam El Mharchi, élue à Ouezzane, est la fille du leader pamiste Larbi El Mharchi. A ceux-là s’ajoute Abdessamad Archane, fils de Mahmoud Archane, fondateur du MDS. Il a été élu à la circonscription de Tiflet. De son côté, Yassine Radi, fils du conseiller UC Driss Radi, élu en 2011 dans le cadre de la liste nationale, a décroché cette fois son siège dans la circonscription d’El Gharb, face au plus ancien parlementaire du Maroc, Abdelouahed Radi. Les autres ont été élus dans le cadre de la liste des jeunes. C’est le cas notamment de Naoufal Chabat, fils du patron de l’Istiqlal, ainsi que Abdelmajid El Fassi, fils de Abbas El Fassi. S’y ajoute Karim Belassal, fils de Chaoui Belassal, chef du groupe parlementaire de l’UC.

 

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En dépit de leur grande popularité, plusieurs profils féminins ont été déboutés. En tête, l’ex-ministre de la Santé Yasmina Baddou, qui a perdu son siège dans son fief casablancais.
Très appréciée par la population de sa circonscription durant ses mandats précédents, Baddou a eu un cinglant revers lors du dernier scrutin, face à des figures comme le Pamiste Saïd Naciri, président du WAC ou encore le Pjdiste Abdessamad Haikar. Autre grande perdante, la secrétaire générale du PSU, Nabila Mounib, pourtant très choyée sur les réseaux sociaux. Après sa défaite lors des élections communales dans la circonscription locale, Mounib n’a pas pu faire mieux, malgré sa candidature tête de liste nationale, jugée plus facile pour accéder au Parlement. D’autres candidates, généralement ex-députées, ont également perdu leurs sièges, même si elles étaient données favoris. C’est le cas de Fatna Khiel parlementaire sortante du MP, qui n’a pas pu préserver son siège. Idem pour Naima Farah, véritable cheville ouvrière du groupe parlementaire du RNI, qui a été recalée à la circonscription de Ain Chock à Casablanca. Une autre députée sortante, Fouzia Labiad de l’UC, n’a pas non plus réussi à obtenir un siège dans la même circonscription.

                                                                       

Enseignants, fonctionnaires, professions libérales...

Selon les résultats définitifs communiqués par le ministère de l’Intérieur, 64% des membres de la Chambre des représentants sont élus pour la première fois. C’est le PAM qui arrive en tête. 72% de son groupe parlementaire est constitué par de nouveaux députés contre 63% pour l’Istiqlal et 62% pour le PJD.
Au niveau du statut socio-professionnel, près d’un quart des élus sont des commerçants, au moment où les enseignants et les fonctionnaires représentent 15 et 14%. Les députés exerçant des professions libérales représentent également 14% des membres de la première Chambre, suivis des salariés du secteur privé avec 8% et des agriculteurs avec 6%. Les élus de la liste nationale sont essentiellement des fonctionnaires. Ils représentent 29% de cette liste. Les enseignants arrivent en 2e position avec 18%, soit la même part des députés exerçant une profession libérale.
La nouvelle composition de la Chambre des représentants a également connu une amélioration du taux de la représentativité féminine. Le nombre des femmes élues est passé à 81 députées contre 67 en 2011, 34 en 2007 et 35 en 2002. L’essentiel d’entre elles sont issues de la liste nationale. Seules 10 femmes ont pu décrocher un siège dans les circonscriptions locales. Il s’agit de 5 élues du PAM, 4 du PJD et une seule du RNI. Ce chiffre est en progression par rapport à 2011, où 7 femmes avaient remporté des sièges au niveau local.
La prochaine législature connaîtra également l’implication d’un plus grand nombre de jeunes. Les deux tiers des élus sont âgés de moins de 55 ans (262 députés). Les moins de 35 ans représentent 9% au niveau global et 26% au niveau des listes nationales. Dans les circonscriptions locales, seuls 4% des élus ont moins de 35 ans.

 

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