Economie

Ce qu’apporte l’UE à la COP22

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4874 Le 12/10/2016 | Partager
85 millions de DH via différents instruments
50 millions de DH vont au budget de l’Etat
Convention pour la construction d’une agora pour les ONG et le privé
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 Pour Rupert Joy, ambassadeur de l’UE, «le développement durable est une priorité  pour le Maroc et l’UE. Depuis de nombreuses années, nous collaborons étroitement à travers une vaste gamme de programmes dans les secteurs de l’énergie, l’eau,…» (Ph. Bziouat)

Les fonds continuent d’affluer dans les caisses de la COP22. L’Union européenne vient d’accorder une nouvelle subvention de 21,5 millions de DH pour apporter un soutien logistique au comité de pilotage de la COP22. Avec une convention de don signée hier, l’UE aura mobilisé, via différents instruments, 85 millions de DH pour la réussite de cette manifestation. Dans ce montant total, près de 50 millions de DH sont allés dans les caisses du budget de l’Etat pour que la COP22 soit un succès, a souligné Rupert Joy, ambassadeur de l’UE, en marge de la signature d’une convention avec Abdelâdim Lhafi, commissaire général de cette grande manifestation internationale. Cette dotation servira à financer  la construction d’une agora ayant pour objectif de réunir la société civile et le secteur privé  dans la zone verte du site de la conférence à la COP22.  Au menu également, un soutien de 10 millions de DH est accordé aux acteurs non-étatiques, notamment le CNDH, la CGEM et le CESE. Ce montant servira à la mobilisation de ces acteurs et l’organisation d’évènements comme le sommet des consciences à Fès le 3 novembre, les conférences des jeunes entre le 3 et 5 novembre, la publication d’un lexique trilingue sur le changement climatique. Les droits de l’homme ont également leur lot.
Cette mobilisation en moyens financiers est accompagnée d’un «forcing de Miguel Anas Caneté, commissaire de l’action climatique et de l’énergie qui a joué un rôle de déclencheur», a souligné Rupert Joy. L’ambassadeur de France à Rabat, Jean-François Girault, fournit les derniers chiffres. En effet, ce sont 79 Etats qui ont signé l’accord de Paris, soit 59% des émissions de gaz à effet de serre. Sans le Maroc et l’UE, ce seuil ne serait jamais atteint, dira-t-il avec des motifs de fierté. Lhafi s’est félicité que la communauté internationale ait réussi à ratifier l’accord de Paris, avant les délais impartis. Cela témoigne de la mobilisation de tout le monde. Le commissaire général a attiré l’attention sur la nécessité que le train de l’accord de Paris ne laisse personne sur les quais. Cela devra se traduire par la solidarité sociale et spatiale. «Il faut agir vite. Nous sommes la dernière génération à être en mesure de lutter contre les changements climatiques», a noté Lhafi.
Grâce à la ratification de l’UE, le seuil requis pour déclencher l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris est atteint. «Cependant, nous ne devons pas nous contenter des 74 parties ayant déjà déposé leur instrument de ratification et couvrant 58,82% des émissions mondiales. Nous voulons que tous les signataires de l’accord le ratifient, afin de garantir cet objectif ambitieux de maintenir le réchauffement climatique à moins de 2°C», ajoute l’ambassadeur de l’UE. Pour lui, le développement durable est une priorité  pour le Maroc et l’UE. «Depuis de nombreuses années, nous collaborons étroitement à travers une vaste gamme de programmes dans les secteurs de l’énergie, l’eau, l’agriculture et les forêts. Avec un financement de plus de 50 milliards de DH dans ces secteurs, l’UE est le principal partenaire du Maroc dans la lutte contre le changement climatique». Selon lui, le projet phare dans le domaine des énergies renouvelables est l’appui conjoint européen au développement du complexe solaire de Ouarzazate, dont deux tiers du financement proviennent de sources européennes. Il cite également la coopération avec le Haut commissariat aux eaux et aux forêts, qui a bénéficié d’un financement de 500 millions de DH pour mette en œuvre plusieurs projets dans différentes régions du Maroc.

Montage financier

Le soutien de l’UE aux énergies renouvelables, sous forme de dons, s’élève à 140 millions d’euros, soit 1,4 milliard de DH. Sans parler de prêts à long terme qui se chiffrent en milliards  en provenance de différents acteurs européens. «Depuis le début du projet Noor à Ouarzazate, nous avons décidé d’accompagner le Maroc. C’est le FIVE, la facilité d’investissement pour le voisinage, qui a été activé», a expliqué Rupert Joy. Ce mécanisme permet aux bailleurs de fonds d’investir dans les projets. En pratique, l’UE accorde des dons qui vont permettre aux bailleurs de fonds, comme la BEI, l’AFD et la KFW d’investir dans des projets. «C’est ce qui s’est passé. Nous avons travaillé avec Masen depuis le début pour le financement du complexe solaire à Ouarzazate dans les trois tranches de Noor. Nous sommes en train d’étudier le projet du complexe à Midelt, nous sommes également impliqués dans le programme éolien du Maroc, encore des dons», note-t-il. L’UE appuie l’Institut marocain chargé de la formation dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Il s’agit de mettre en place trois centres de formation dans ces domaines, destinés à former les jeunes. «Nous sommes également très impliqués dans le domaine de l’eau, l’agriculture, des forêts. Nous avons au Maroc  le premier programme d’appui budgétaire à la politique forestière au monde», dit-il.

 

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