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Véhicules électriques : Renault: Le pari d’une COP à zéro émission

Par Safall FALLJean Modeste KOUAME | Edition N°:4871 Le 07/10/2016 | Partager
La COP22 pour un avant-goût du marché sur le segment
Fiscalité incitative: les propositions dans la loi de finances 2017
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À la COP21 à Paris, l’Alliance Renault-Nissan avait déployé une flotte de 200 véhicules entièrement électriques (Ph. AFP)

Modeste. C’est le terme employé par Marc Nassif, le directeur général de Renault Maroc, pour décrire les petites performances commerciales de la marque au losange sur l’électrique au Maroc. Normal: les subventions, qui ont prouvé leur efficacité dans d’autres cieux, et les infrastructures nécessaires aux usages, sont encore quasi inexistantes pour que le segment soit réellement pris au sérieux. Mais rien ne vaut, pour le moment, un projet démonstrateur en grandeur nature, pour essayer de mettre le marché au goût de l’électrique. La tenue prochaine de la 22e Conférence des Parties sur le climat (COP22), à Marrakech, est évidemment l’opportunité rêvée. Elle a justement été saisie par l’Alliance Renault-Nissan en qualité de transporteur officiel du sommet. A Marrakech, l’Alliance déploiera en effet pour l’occasion une flotte de 50 véhicules 100% électriques et installera une vingtaine de bornes de recharge rapide Schneider-Electric (0 à 80% de charge en moins d’une heure) sur plusieurs sites stratégiques de la ville. La flotte sera composée de la citadine Renault Zoe, de la berline compacte Nissan Leaf et de la Nissan e-NV200 à 7 places. Elle servira au transport des délégués accrédités, tout au long du sommet. Ces véhicules viendront en appoint d’une offre de transport urbain 100% électrique déjà constituée de bus électriques et d’un service «Uber green», développé pour l’occasion par Uber Maroc en partenariat avec le groupe Derichebourg, déjà délégataire de services au niveau local.
Mais au-delà de la portée marketing de cette opération, les deux constructeurs veulent surtout «prouver la viabilité économique du segment», comme l’explique Isao Sekiguchi, président de la Région Afrique du Nord et Egypte du groupe Nissan. Le constructeur japonais a justement aussi des visées sur ce segment pour le marché marocain et se trouve en phase d’approche. Avec Renault, l’Alliance espère surtout pousser l’Etat à aller plus vite dans la mise en place des pré requis et autres incitations de marché censées aider le segment à démarrer. Là, des promesses sont réitérées: «Nous réfléchissons à une fiscalité positive pour soutenir ce segment. Nous avons proposé, pour la prochaine loi de finances, que les segments hybride et électrique puissent bénéficier de mesures fiscales incitatives», explique Saïd Mouline, directeur général de l’Agence de développement de l’efficacité énergétique (ADEE). Ces mesures pourraient porter sur les droits de douane, la TVA, la vignette,…
L’Agence est d’ailleurs déjà partie prenante institutionnelle d’un consortium sur la mobilité électrique montée, en avril dernier, avec Renault-Nissan. L’objectif est de créer un écosystème pour des synergies des expertises technologiques et industrielles.
A l’international, Renault-Nissan est un des leaders du segment électrique. L’Alliance propose actuellement six modèles et en a déjà commercialisé 360.000 unités, soit 1 véhicule électrique sur 2 vendus dans le monde. Parmi les best-sellers du segment, figurent la Nissan Leaf et Renault Zoe.

 

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