Economie

Des banques se préparent aux obligations vertes

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4869 Le 05/10/2016 | Partager
Des lignes de crédit vertes sont également dans le pipe
La SFI veut dupliquer l’expérience des banques en Afrique à l’agro-industrie
Le Maroc bien positionné pour conduire l’initiative «triple A»

Sans le crier sur tous les toits et en marge de la COP22, des banques marocaines s’apprêtent à mettre sur la table des produits de financement de climat. En effet, la Société financière internationale (SFI), filiale du groupe Banque mondiale, travaille sur ce dossier avec certaines institutions financières. L’objectif est de développer et de proposer des lignes de crédit vertes et des émissions d’obligations vertes. Les banques concernées et le calendrier ne sont pas rendus publics. Mais une chose est sûre: «ce serait les premières institutions sur le plan africain à proposer ces produits innovants», souligne Joumana Cobein, patronne de la SFI pour le Maghreb. Pour elle, l’un des objectifs de son institution est de «renforcer davantage nos projets et nos financements octroyés dans le secteur du renouvelable, l’éolien et le solaire».  Sur l’initiative du «triple A» (adaptation, agriculture et Afrique), Joumana Cobein ne fait pas dans l’approximation: «le Maroc a une ambition et un vrai positionnement dans l’agriculture. L’expérience développée par les secteurs public et privé ces dernières années le met dans une position pour accompagner plusieurs pays subsahariens dans le développement de leurs plans agricoles, contribuant ainsi à l’émergence d’une agriculture beaucoup plus productive et créatrice d’emplois». Je pense que le Maroc est un des pays en Afrique du Nord le mieux positionné pour avoir cet accompagnement tripartite au niveau de la région. Le secteur privé peut contribuer à cette initiative. Aujourd’hui, il y a plusieurs opérateurs de grande taille, qui ont les moyens et le savoir-faire pour aller sur ces marchés. Joumana Cobein ne dissimule pas sa prédisposition à dupliquer l’expérience des institutions financières marocaines en Afrique subsaharienne à d’autres secteurs notamment l’agro-industrie. «Le Maroc a un très fort potentiel dans ce secteur agricole et agro-industrie et nous cherchons à identifier et à accompagner des agriculteurs dans leur implantation en Afrique», dit-elle. L’eau et l’irrigation sont des secteurs importants pour la SFI qui avait accompagné il y a une dizaine d’années, le ministère de l’Agriculture dans la mise en place d’un «projet innovant». C’était le premier partenariat public-privé (PPP) dans le secteur de l’irrigation dans la zone Chtouka. C’était un projet où le rôle du secteur privé était mis en valeur pour montrer la possibilité de faire du PPP dans l’irrigation. Le but est de lutter contre le gaspillage de l’eau dans l’agriculture. «Aujourd’hui, pour nous, il s’agit de voir comment accompagner le secteur agro-industriel et agricole dans la coopération sud-sud et étendre les opportunités en Afrique subsaharienne», note-t-elle.

Financement technologique

La SFI cherche à fournir de l’assistance technique et renforcer les capacités du Centre marocain qui est spécialisé dans l’innovation technologique pour le climat. Il s’agit d’un accompagnement démarré il y a quelques mois et qui vise à atteindre plusieurs entrepreneurs marocains ayant des solutions à développer. Ce projet a été lancé avec le soutien de la Banque mondiale. Aujourd’hui, la SFI a pris le relais pour accompagner plusieurs entrepreneurs marocains en matière de financement technologique dans la matière.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc