Economie

COP22: L’Afrique défend son agriculture

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4869 Le 05/10/2016 | Partager
Très vulnérable, le secteur capte très peu de fonds climatiques
Financement, solutions et projets, les propositions de l’initiative marocaine, le triple A

C’est une des principales propositions du Maroc à la COP22. Il s’agit de l’Initiative pour l’adaptation de l’agriculture africaine aux changements climatiques  «AAA» ou «Triple A», lancée par le Maroc, qui constituera l’un des axes phares de l’Agenda de l’action de la conférence climatique prévue en novembre prochain à Marrakech. Cette initiative vise à relever trois défis auxquels doit faire face le continent africain -le financement, l’augmentation de la productivité agricole et l’augmentation du pouvoir de séquestration du carbone dans les sols africains. En effet, le Maroc souhaite conférer une place particulière à l’agriculture lors de la COP22, avec une focalisation sur le continent africain, explique Salaheddine Mezouar, ministre des affaires étrangères et président de la COP22. Cet appel a été lancé à l’occasion de la rencontre ministérielle organisée récemment à Marrakech pour acter la stratégie des pays africains pour placer l’agriculture à l’ordre du jour des négociations et présenter également l’engagement financier. Historiquement, l’agriculture n'a pas été assez priorisée dans la mobilisation internationale autour des changements climatiques, souffrant d’un manque de financement considérable. Pourtant, le continent est particulièrement vulnérable aux changements climatiques et que les conséquences de ces derniers peuvent être désastreuses aussi bien pour la sécurité alimentaire que la sécurité politique. En effet, six des dix pays les plus touchés au monde sont africains et plus de 65% de la population africaine est déjà affectée par les effets du changement climatique, insiste de son côté Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime.
Autres indicateurs tout aussi alarmants: les deux tiers des terres arables africaines pourraient être perdus d’ici 2025 à cause des changements climatiques et les experts estiment que la baisse des rendements agricoles pourrait atteindre 20% en 2050. En se faisant le porte-voix de l’agriculture africaine auprès de la sphère climat, l’Initiative triple A vise aussi l’accélération du financement des projets d’adaptation de l’agriculture africaine, notamment grâce au fonds climat. Outre le financement, l’initiative s’appuie sur des projets concrets. «La différence devra être ressentie sur le terrain notamment à travers l’accélération des financements de projets qui fonctionnent», recommande Akhannouch.

L’expertise de l’OCP

L’initiative Triple A apporte aussi des solutions. Parmi elles, l’agriculture intelligente qui peut non seulement avoir un impact pour la protection des pays vulnérables face aux changements climatiques mais aussi pour la sécurité alimentaire. «Une utilisation de manière raisonnée des fertilisants et des technologies peut réduire la déforestation. En utilisant des engrais plus intelligents on arrivera à limiter l’empreinte carbone de l’agriculture», souligne Mostafa Terrab, président du groupe OCP.
L’autre aspect à garder à l’esprit est l’enrichissement des sols avec les nutriments qui contribuera à augmenter l’aspect de séquestration de CO2 dans le sol. L’OCP a déjà lancé un ambitieux projet qui concerne la carte de fertilisation des sols en Afrique pour disposer d’un système d’aide à la décision pour la fertilisation avec des produits innovants sur mesure. Le groupe phosphatier a développé les capacités de production dédiées à l’Afrique et travaille avec plusieurs pays pour renforcer leur capacité de production. «Le continent dispose des ressources naturelles nécessaires pour la production de ces engrais et peut donc les produire sur place», insiste Terrab.

 

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