Entreprises

ADM prépare sa transition climatique

Par Amine ATER | Edition N°:4860 Le 21/09/2016 | Partager
L’érosion et les dangers d’inondation, les chantiers d’adaptation
La cartographie des zones à risque, le recyclage ou encore l’économie en eau, principales mesures
adm_060.jpg

 La construction d’ouvrages d’art nécessite énormément de ressources, notamment hydriques. Pour éviter les déperditions en eau, ADM a opté pour le compostage à sec. Une mesure qui a permis d’économiser 4 milliards de litres d’eau (Ph. Bziouat)

A quelques semaines de la COP22, les autorités publiques peaufinent les mécanismes d’adaptation aux changements climatiques. «Là où la COP21 était un événement diplomatique, la COP22 se veut comme un sommet de mise en action de l’accord de Paris. A ce jour, 28 pays ont ratifié cet accord, soit 40% des émetteurs de gaz à effet de serre. Le Maroc pour sa part déposera dès aujourd’hui ses instruments de ratification», précise Abdelouahed Fikrat, SG du ministère délégué à l’Environnement. L’adaptation à ce nouveau contexte climatique reste liée à une mise à niveau des différents acteurs de la mobilité. Particulièrement polluant, le secteur des transports contribue aux émissions, notamment de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. S’y ajoutent les dangers d’érosion et d’inondation dans les zones côtières. Des effets secondaires qui touchent particulièrement les pays en voie de développement et ceux sous-développés qui restent les moins préparés. «Depuis quelques années, nous avons connu une pluviométrie qui met à rude épreuve notre infrastructure qui était conçue pour un pays aride», explique Eric Wendmanegda Bougouma, ministre des Infrastructures du Burkina Faso.   
Les impacts du changement climatique se répercutent également sur le réseau autoroutier, qui capte à ce jour 20% du trafic national. Autoroutes du Maroc (ADM) a identifié 380 km de réseau, identifiés comme «très exposés» et 3 bassins versants considérés comme «inondables». Ce qui a nécessité la mise en place de projets de protection et de prévention pour pallier ces risques éventuels. «La planification des mesures palliatives nécessite de disposer d’un haut niveau de données à traiter. Le challenge lié aux changements climatiques ne pourra être dépassé qu’avec de nouvelles méthodes d’adaptation», soutient  Susanna Zammataro, executive director à l’International Road Federation (IRF). Pour la Fédération marocaine du conseil et de l’ingénierie, la conception des autoroutes doit dorénavant intégrer une analyse de cycle de vie (life cycle analysis) pour prendre en compte les effets du changement climatique. Une mise à niveau qui nécessite la mobilisation d’équipes de travail multi-disciplinaires (ingénieurs, géologues, agronomes, sociologues…). «Il est aujourd’hui nécessaire d’adapter les cahiers de charges des BTP pour y intégrer les mécanismes luttant contre le changement climatique», explique Moncef Ziani, président de la Fédération du conseil et de l’ingénierie. Les efforts d’adaptation passent également par le développement des compétences en termes de financements climatiques. Sur le terrain, ADM s’est engagée, grâce à un partenariat avec l’INRA, dans une lutte contre l’érosion, via des projets de stabilisation des sols soutenus par des outils de génie biologique en vue de développer des semences et techniques propres. Basée sur la multiplication des semences sauvages par les agriculteurs riverains des autoroutes, cette initiative devrait faire fortifier jusqu’à 10.000 hectares de terrains. «Pour répondre au déficit de données géologiques fiables, nous avons développé une carte d’érosion qui a été réalisée par des essais in-situ de simulateur de pluies sur différents types de sols», explique Abdelkrim Derradji, directeur de l’Académie des autoroutes du Maroc. Sur le registre de la gestion hydrique, ADM est confrontée à une irrégularité spatio-temporelle de la pluviométrie, conséquence directe du changement climatique. Ce qui soumet le réseau routier à différents aléas, notamment les inondations ou la sécheresse. «Les techniques classiques des travaux routiers sont gourmandes en eau, à hauteur de 160 litres par mètre cube de remblai en matériaux secs», précise Derradji. Pour remédier à cette situation, ADM a opté pour le compostage à sec. Une technique qui a permis une économie de 4 milliards de litres d’eau. Le compostage a été utilisé lors de la construction de l’axe Marrakech-Agadir. Ce qui représente un gain estimé entre 13 et 15% du budget initial. ADM a également développé la collecte des 3.000 tonnes de déchets jetées chaque année le long du réseau. Des déchets qui sont réutilisés dans l’exploitation des autoroutes (cônes, balises, amortisseurs de chocs, murs de clôtures…).

L'Unicef, partenaire sur la route...

Autoroutes du Maroc et l’Unicef viennent de conclure un partenariat visant à initier une action de communication afin d’associer les usagers du réseau ADM aux efforts de promotion des droits de l’enfant et de son environnement. L’objectif des deux partenaires est de sensibiliser les usagers à l’importance de réduire l’impact du changement climatique sur les enfants qui pourrait provoquer 250.000 décès supplémentaires/an dans le monde d’ici l'an 2100.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc