Economie

Climat: Les enjeux de la transition énergétique

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4855 Le 14/09/2016 | Partager
Remédier à l'épuisement des énergies non renouvelables
Diminuer les émissions de gaz à effet de serre
Et une opportunité d’affaire pour les pays du Sud
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Une partie des énergies renouvelables dont la demande est importante en Afrique mais aussi dans les pays du nord pourrait être produite sur le continent africain et exportée en Europe. Ci-dessus, la méga centrale Noor 1 à Ouarzazate et dont la capacité est de 160 MW (Ph. AFP)

Passer à l’action sera le leitmotiv de la COP22 qui se tiendra au Maroc en novembre prochain. Du moins, on l’espère. Lors de la COP21, les accords ont brièvement mentionné la tarification carbone et le rôle important des incitations à la réduction des émissions à la grande déception de ceux qui soutiennent cette tarification. En avril dernier et à la veille de la signature officielle des accords de Paris à New-York, 6 chefs d’états, le FMI et l’OCDE ont appelé à la tarification du carbone, un pas essentiel pour aider à stopper les émissions et à encourager l’innovation et les technologies propres. Le rendez-vous de Marrakech lors de la COP22 et qui se veut celui de l’action corrigera-t-il cet aspect? Pas si facile, indiquent des experts rassemblés à Marrakech, le week-end dernier lors d’un séminaire de haut niveau organisé conjointement par OCP Policy, le FMI et Columbia University School. Car, d’abord, la fiscalité reste un domaine souverain et c’est aux Etats de mettre en place des dispositifs de tarification du carbone. «Le principe d’appliquer une taxe de carbone uniforme pour tous les pays est un bon principe mais, son implémentation paraît difficile et compliquée», estime Patrick Bolton, professeur à l’Université de Columbia. L’autre sujet de débat est la transition énergétique. C’est l'un des principaux défis auxquels l'humanité sera confrontée tout au long du XXIe siècle. Elle répond à un double impératif: trouver des sources alternatives d'énergie permettant de remédier à l'épuisement des énergies non renouvelables et limiter le recours aux énergies carbonées afin de diminuer les émissions de gaz à effet de serre. C'est un processus long, très complexe mais dont l'avenir de l'humanité est tributaire. «C’est cette transition énergétique qui nous permettra de poursuivre la croissance et alléger donc la pauvreté tout en offrant les réductions des émissions des gaz à effet de serre de manière consistante», souligne Philippe Benoit, chef de la division efficacité énergétique et environnement à l’Agence internationale de l'énergie (AIE). Mais comment concrétiser cette transition et avec quels moyens? Les accords de Paris ont acté la mobilisation de 100 milliards de dollars par an par les pays développés, de source publique et privée, à partir de 2020. Une manière d’adresser aux acteurs économiques et financiers les signaux nécessaires à la réorientation de leurs investissements, afin d’engager la transition vers des économies bas carbone. «La transition énergétique est une formidable opportunité pour la croissance en Afrique», estime de son côté le directeur général de l'OCP Policy Center, Karim El Aynaoui. Une partie des énergies renouvelables dont la demande est importante en Afrique mais aussi dans les pays du nord pourrait être produite sur le continent africain et exportée en Europe. Les débats, inclusifs, ont donc permis de souligner l’engagement, aussi bien des pays du Nord que du Sud, pour une transition énergétique rationnelle, pragmatique, à la hauteur des objectifs de l’Accord de Paris. De quoi s’approcher un peu plus du septième objectif de développement durable: l’énergie propre à un coût abordable.

 

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