Enquête

L’héritage de la Nayda

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:4834 Le 12/08/2016 | Partager
Le mouvement s’ouvre à d’autres disciplines
Une réappropriation de la culture par la société civile
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Martine Aubry en compagnie de Mohamed Merhari et Hicham Bahou, les cofondateurs du festival L’Boulvard, en visite au Boultek: le centre des musiques actuelles à Casablanca (Ph. L’Boulvard)

L’année 2007, si elle a constitué le faîte et le déclin de la Nayda, n’a pas signé son arrêt de mort pour autant. D’autres disciplines artistiques vont rejoindre le mouvement, confortées par l’arrivée d’un certain nombre d’artistes de la diaspora séduite par cette nouvelle dynamique. D’abord, le cinéma avec une génération de réalisateurs tels que Nabil Ayouch, Nourredine Lakhmari ou Narjis Nejjar ensuite l’art contemporain avec des artistes comme Hassan Darsi, Mohammed El Baz, ou encore Amina Agueznay. Sous la houlette du festival L’Boulvard, les arts urbains et  les arts vivants se structurent.
En 2009, à l’initiative de Casamémoire, l’association pour la protection du patrimoine architectural, eut lieu le  premier festival d’arts urbains dans le monde arabe, aux anciens abattoirs de Casablanca, transformés depuis en fabrique culturelle. Plus qu’un festival, un véritable manifeste qui a réuni pour la première fois plusieurs disciplines: Installations d’art contemporain, expositions photographiques, démonstrations de break dance, spectacles de marionnettes, ateliers 3D, défilé de mode, fanfare et concerts de rock, projections de documentaires et d’art vidéo… Les Transculturelles des Abattoirs portaient bien leur nom. Inaugurant la reconversion du lieu en espace d’art urbain, l’évènement a rassemblé quelque 200 artistes et plus de 15 000 visiteurs.
Aujourd’hui la scène musicale reste très active et certains groupes issus de cette mouvance continuent une belle carrière. C’est le cas des Hoba Hoba spirit, capable encore aujourd’hui de réunir quelque 160 000 spectateurs en un concert et qui ont fait une trentaine de dates aux Etats-Unis en 2014. Don Bigg reste aussi l’un des rappeurs les plus écoutés.
D’autres artistes de la scène actuelle peuvent être considérés comme les héritiers de la Nayda: les chanteuses Oum et Hindi Zahra qui entament toutes les deux une carrière internationale, le chanteur de rock Yahya Zitane.
L’autre acquis de la Nayda est la réappropriation de la culture par la société civile. Le centre de musiques actuelles Boultek, installé dans les locaux du Technoparc à Casablanca a été l’un des premiers centres indépendants. Encadrement des artistes, formations aux techniques de la scène, studio d’enregistrement, le Boultek a été créé par l’association l’EAC/L’Boulvard, celle qui a créé le premier festival  de musique urbaine, d’autres centres ont suivi ; Les étoiles de Sidi moumen, créé par le réalisateur Nabil Ayouch et l’artiste Mahi Binebine, la fondation Hiba, à Rabat,  créée à l’initiative du Roi Mohammed VI, ou encore l’Uzine de la fondation Touria et Abdelaziz Tazi. Des espaces d’expérimentation et de création dans l’art contemporain ont également vu le jour, comme la source du lion de l’artiste Hassan Darsi ou encore  le Cube Independent art room toujours dans la capitale.

 

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